"Angel shot", le nom de code lancé par un restaurant pour éviter les agressions

"Angel shot" : le nom de code d'un restaurant pour aider ses clientes
"Angel shot" : le nom de code d'un restaurant pour aider ses clientes
Un rendez-vous Tinder qui tourne mal ? Un soupirant un peu trop entreprenant ? Pour aider ses clientes à se sortir de situations compliquées – voire potentiellement dangereuses – un restaurant américain a eu une bonne idée : mettre en place un nom de code seulement connu de son personnel et de la clientèle féminine.
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Si les bars et restaurants sont des lieux de rencontre, d'échange et de convivialité, les fréquenter quand on est une femme seule n'est pas toujours chose aisée. Entre les dragueurs qui mettent un peu trop d'ardeur à la tâche, les rendez-vous galants qui prennent des allures de catastrophes et les potentiels dangers (violence verbale et/ou physique, drogue du violeur, agression sexuelle), ces lieux de fête ne sont pas toujours sûrs pour les femmes, de surcroît lorsqu'elles ne sont pas entourées d'un groupe de proches. Alors, pour permettre à ses clientes de se sentir en sécurité dans ses murs, un restaurant américain a eu une chouette idée : mettre en place un nom de code connu uniquement du personnel et de la clientèle féminine que cette dernière peut utiliser en cas de situation inconfortable.

Situé en Floride, l'Iberian Rooster a tout simplement affiché un écriteau dans les toilettes pour dame expliquant qu'en cas du moindre souci, les clientes n'avaient qu'à demander un "Angel shot" au serveur. Si elles commandent un shot pur, un serveur se chargera de les raccompagner à leur voiture. Un Angel shot avec glaçon ? Le serveur appellera alors un taxi ou un Uber. Mais si la jeune femme commande la boisson accompagnée d'une tranche de citron, c'est la police qui sera appelée sur le champ.

"Angel shot"
"Angel shot"

Interrogé par le Tampa Bay Times, le propriétaire de l'Iberian Rooster, Russell Andrade, a expliqué prendre la sécurité de ses clientes très au sérieux : "Le but est de faire de ce restaurant un endroit où les gens se sentent en lieu sûr, où ils ont envie d'aller pour un dîner romantique. Nous ne voulons pas que certaines personnes posent problème". Toutefois, l'homme espère que le buzz autour de l'Angel shot retombera bientôt. Comme il le dit lui-même, le but de la manoeuvre est d'être discrète : "Nous n'avons pas affiché cet écriteau pour attirer l'attention. Cela va même à l'encontre de notre objectif".

Une idée qui a fait son chemin

L'idée de l'Angel shot n'a pas germé toute seule dans la tête de Russell Andrade. L'homme s'est ainsi inspiré de la campagne #NoMore lancée en octobre dernier par le comté du Lincolnshire en Grande-Bretagne. Pour permettre aux clientes de bars, pubs et restaurants de se sentir en sécurité, le comté a mis en place des posters, eux aussi placés dans les toilettes pour femmes des établissements. Mais ici, pas d'Angel shot, mais une simple question à poser aux serveurs : "Bonjour, pourrais-je parler à Angela ?" On peut ainsi lire sur l'écriteau :

"Si vous allez au bar et demandez Angela, le personnel saura que vous avez besoin d'aide pour vous sortir d'une situation et appellera un taxi, ou vous aidera discrètement sans causer trop d'agitation".

"Ask for Angela"
"Ask for Angela"

Les posters "Angela" ont été affichés dans de très nombreux établissements du Lincolnshire, au grand soulagement d'Hayley Child, la coordinatrice du projet. Dans un entretien accordé à The Independent à l'automne dernier, elle déclarait : "Avec cette campagne, nous espérons changer la culture qui entoure les violences sexuelles. Nous voulons montrer aux victimes potentielles qu'il est possible pour elles de reporter rapidement les incidents. Les violences sexuelles sont un problème national et les mairies ont leur part de responsabilité lorsqu'il s'agit de sensibilisation et d'aide aux victimes".

Angel shot, Angela, mais aussi Safe Bars. Ce nom est celui d'un programme, lancé à Washington l'année dernière, et qui propose de former le personnel des bars, restaurants et discothèques à évaluer les situations à risque et à les désamorcer. "Nous nous concentrons sur les lieux qui servent de l'alcool, car si l'alcool n'est pas à l'origine des agressions sexuelles, les agresseurs s'en servent comme arme ou comme excuse dans 50% des cas", a expliqué Jessica Raven, la directrice exécutive de Safe Bars. On rêve maintenant de voir ces belles initiatives se frayer un chemin jusqu'en France.