"Marie-Francine" : c'est beau l'amour, même après 50 ans

"Marie-Francine" : critique du film et rencontre avec Valérie Lemercier
"Marie-Francine" : critique du film et rencontre avec Valérie Lemercier
Sur les écrans ce mercredi 31 mai, "Marie-Francine", le nouveau film de Valérie Lemercier conte les déboires d'une quinquagénaire obligée de retourner vivre chez ses parents. Une comédie de moeurs avec un joli twist romantique.
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C'est bien connu, le cinéma est amateur de chair fraîche. Les vieux, très peu pour le grand écran. Le scénario de Marie-Francine pourrait donc presque paraître saugrenu. Car dans le nouveau film de Valérie Lemercier, les protagonistes sont âgés de 50 ans. Délaissée par son mari victime du démon de midi, virée de son boulot, Marie-Francine est forcée de retourner vivre chez ses parents. Là, dans le très chic 16e arrondissement parisien, elle fait la rencontre de Miguel (Patrick Timsit), chef cuisinier plein de bienveillance, lui aussi de retour chez maman et papa suite à la défection de sa femme. De cette intrigue à la Tanguy, Valérie Lemercier tisse une comédie douce-amère autour de quinquagénaires dépossédés de leur vie. De quoi donner lieu à bien de situations cocasses.

Issue d'une famille bourgeoise, Marie-Francine doit composer avec des parents aussi guindés que fantasques qui lui abandonnent à contrecoeur le canapé lit du salon. Elle a perdu son job de chercheuse en biologie ? Tant pis, ses géniteurs la poussent à ouvrir une boutique d'e-cigarettes. C'est là-bas, où elle enchaîne les vraies clopes, qu'elle rencontre Miguel. Aussi doux et optimiste qu'elle est gauche et dépressive, le cuisinier se mue alors en sympathique séducteur.

Et c'est ainsi que la comédie de moeurs glisse vers la comédie romantique. Une comédie romantique dans laquelle les contraires s'attirent et les quinquagénaires tombent amoureux. Un délice. Pendant que l'héroïne squatte le salon de chez ses parents, Miguel, lui, est accueilli à bras ouverts chez les siens, un couple de concierges portugais pas riches mais dont la porte est toujours ouverte. Pas le même milieu socioculturel donc, et même pas les physiques qui s'accordent. Il n'a pas la carrure du tombeur habituel, elle est bien plus grande que lui. Bref, on est bien de la dynamique habituelle où des acteurs au physique de mannequins sont chargés de nous vendre une histoire d'amour défiant le monde entier. Mais c'est pourtant toutes ces différences qui font de ces deux quinquas un couple rafraîchissant et touchant.

Film joyeux, burlesque, cynique parfois, Marie-Francine signe le retour gagnant de Valérie Lemercier. Bien sûr, le scénario est jalonné de quelques petits défauts, mais ils se font vite oubliés. Patrick Timsit n'a jamais été aussi beau, les apparitions de Denis Podalydès sont un délice de bouffonnerie, mais c'est assurément Hélène Vincent et Philippe Laudenbauch –les parents de l'héroïne – qui ont récolté les plus beaux rôles. Bourgeois mais jamais avares de dialogues rentre-dedans, les comédiens ont trouvé en Valérie Lemercier une fille spirituelle.

Marie-Francine, de et avec Valérie Lemercier, Patrick Timsit, Hélène Vincent et Philippe Laudenbauch... 1h35, en salles le 31 mai 2017

Découvrez notre interview de Valérie Lemercier et Patrick Timsit

Marie-Francine, interview