Dois-je accepter mon boss sur Facebook ?

Dois-je accepter mon boss sur Facebook ?
Dois-je accepter mon boss sur Facebook ?
Votre supérieur.e hiérarchique vous a demandé en ami sur Facebook et vous ne savez pas si vous devez répondre favorablement à sa requête ? Voici quelques conseils pour gérer la situation.
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À l'ère du numérique, la plupart d'entre nous sait qu'il est préférable de conserver un équilibre entre sa vie privée et sa vie pro, y compris sur les réseaux sociaux. Mais parfois, les frontières sont floues. Dans une grande entreprise, peu de chance que le big boss vous envoie une requête sur Facebook. En revanche, votre manager (et donc votre supérieur direct) sera davantage susceptible de vous demander en ami. Idem si vous travaillez dans une petite entreprise et que vous vous entendez tous comme larrons en foire.

Alors, que faire si c'est votre chef.ffe qui fait la démarche de vous ajouter "en ami" ? Refuser au risque de le vexer ? Même si vous avez tout à fait le droit de décliner son invitation, celui-ci risque en effet de voir votre refus d'un mauvais oeil, a fortiori si vos autres collègues, eux, ont accepté.

Pourtant, chacun s'est probablement entendu dire un jour que devenir ami sur Facebook avec son boss était une très mauvaise idée. D'après un sondage Qapa réalisé en mars 2017, 64% des salariés n'accepteraient d'ailleurs pas l'invitation de leur supérieur et 76% ne veulent pas demander à leur chef d'être leur ami sur Facebook.

Licenciés à cause de leurs publications sur Facebook

Ouvrir votre univers social sur la toile à vos supérieur.es hiérarchiques leur donne un pouvoir de contrôle et une visibilité qui peuvent nuire à votre vie professionnelle. Plusieurs employés ont d'ailleurs été licenciés après avoir publié des insultes ou des commentaires insultants à l'encontre de leur entreprise sur leur "mur" Facebook.

En 2013, un salarié d'une entreprise de jardinage avait également été congédié après avoir parlé de ses vacances sur le réseau social alors qu'il était censé être en arrêt maladie. Tous ces cas de licenciements, confirmés par la justice, ont eu lieu en France.


On comprend donc les réticences des salariés. Pourtant, être ami sur Facebook avec votre supérieur.e ne comporte pas que des inconvénients. Cette nouvelle "connexion" pourra par exemple créer un lien de proximité entre vous, et/ou s'avérer utile pour partage ou liker des contenus relatifs aux activités de votre entreprise.

Comment trouver le juste équilibre ?

D'après Éric Rocheblave, avocat spécialisé en droit du travail cité par le site Cadremploi, "la tendance claire, au niveau de la Cour d'appel, est de dire que Facebook est un espace public où l'on renonce à une certaine discrétion."

En d'autres termes, si vous choisissez de valider la demande d'ami de votre chef.fe sur Facebook ou un autre réseau social, pesez vos mots et réfléchissez bien avant de poster une image de vous en soirée, apparemment innocente, mais qui pourrait s'avérer néfaste à votre carrière. Ces conseils valent également pour les collègues ou toute relation en lien avec votre travail.

Est-ce que je peux protéger mes données ?

Une autre solution consiste à restreindre l'accès à certaines informations. En effet, lorsque vous acceptez quelqu'un sur Facebook, une modalité du réseau social permet de réduire l'accès à vos publications pour cette personne. Donc si votre supérieur.re vous demande et que vous acceptez, vous pouvez l'ajouter dans la "liste des utilisateurs restreints", ce qui ne lui donnera accès uniquement à vos publications lorsque vous les partagez publiquement ou lorsque vous l'identifiez dans une publication.

Toutefois, Eric Rocheblave insiste sur l'ambiguïté de cette prétendue protection : "Contrairement à une idée reçue, il ne suffit pas de paramétrer la confidentialité de son compte pour être protégé. Ce qu'on poste sur Facebook est un motif potentiel de grief mais aussi une preuve que l'on peut présenter dans un tribunal grâce à une simple capture d'écran que l'on peut verser au dossier. Il faut savoir que la preuve est libre en matière prudhommale : si elle a été obtenue de façon déloyale, c'est au salarié de le prouver...", explique l'avocat à Cadremploi.

Enfin, s'il est pour vous totalement inenvisageable d'accepter votre boss sur Facebook, parce que cela vous met mal à l'aise ou simplement parce que cela fait partie de vos principes, n'hésitez pas à lui en parler en lui expliquant poliment et clairement les raisons de vos réticences. Mieux vaut une discussion franche et honnête à ce sujet plutôt que d'accepter sans rien dire, tout en sachant que cela pourrait se retourner contre vous un jour ou l'autre.

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