Enceinte de 39 semaines, elle boxe comme une championne

Quand elles sont enceintes, certaines femmes cherchent à se reposer. Mais ce n'est pas le cas de l'ancienne championne de boxe thai, Caley Reece, qui a décidé de continuer les entraînements, alors qu'elle en est à sa 39e semaine. Et ça ne plaît pas à tout le monde...
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A 36 ans, Caley Reece a marqué l'histoire de la boxe thaï en étant quatre fois championne du monde, dans sa catégorie. Malgré ce palmarès, elle n'a jamais oublié son désir d'être mère et s'apprête à accueillir son premier enfant, dans quelques jours. Et ce n'est pas parce qu'elle affiche un beau ventre tout rond de 39 semaines que la jeune Australienne a décidé de faire une croix sur son entraînement, bien qu'elle ait pris sa retraite. C'est donc très épanouie qu'elle continue de partager régulièrement son quotidien de championne sur les réseaux sociaux.

Au programme : exercices de renforcement, soulevés de terre, escaliers, travail avec des haltères ou encore travail de cardio.

Et, dans un post Facebook publié le 19 octobre, on peut y apercevoir la boxeuse en action, avec son entraîneur et mari, Darren.

En somme, un véritable entraînement de compétition ! A une seule condition près, comme l'explique la jeune femme dans une récente interview : "J'ai énormément de respect pour le corps féminin, pas seulement parce que je sais ce qu'il peut faire, mais aussi ce qu'il ne peut pas faire. J'effectue mes exercices à 25 ou 30% de mes capacités réelles, ce qui est suffisant pour être effectué en toute sécurité. [...] Tous les exercices que je fais sont modifiés. Et si je ne me sens pas bien à un moment, je vais tout simplement m'arrêter".

"Etre enceinte, ce n'est pas être malade"

Malgré les précautions de la jeune femme, sa routine sportive n'a pas été du goût de certains de ses followers, qui ont tenu à le lui faire remarquer très fermement. "Est-ce que vous pouvez imaginer un bébé dans ce ventre ? Tu es malade, respecte ton bébé, tu devrais te reposer et avoir une grossesse calme", peut-on lire par exemple sur Facebook. Quand un autre internaute lui adresse cette recommandation : "Rentre chez toi et mange une tarte, tu as donné suffisamment de coups de pieds [en référence à sa carrière de boxeuse] ces huit dernières années".

Des commentaires qui sont pourtant loin d'avoir déstabilisé la sportive australienne. "Pour les gens qui enragent devant mes précédentes vidéos, en disant que je vais tomber, atterrir sur mon ventre, être frappée accidentellement, qu'est-ce que cela peut faire que je prenne des coups dans le visage ? Mon bébé ne grandit pas dans ma tête". Avant d'ajouter : "Pour être honnête avec vous, lorsque vous avez réussi dans quelque chose [...] il y aura toujours des gens qui vont essayer de vous tirer vers le bas. Donc [vos] commentaires ne me dérangent pas... La grossesse n'est pas une maladie. Elle n'est pas non plus une raison pour cesser de vivre".

Un déferlement de commentaires négatifs finalement révélateurs de notre société et de son incapacité à voir les femmes autrement que comme des petits êtres fragiles. Et pour cause, historiquement, la plupart des conseils donnés aux femmes enceintes en ce qui concerne leur pratique sportive sont confus, voire faux.

Faire du sport pendant la grossesse

La championne Caley Reece est loin d'être la seule à avoir voulu casser les codes, en poursuivant son entraînement malgré sa grossesse. On se rappelle par exemple aux Jeux Olympiques de Londres, en 2012, de Nur Suryani Mohamed Taibi, une sportive originaire de Malaisie enceinte de huit mois, ayant participé aux épreuves de tir à la carabine. Ou encore en 2014, lors des championnats des Etats-Unis, où la quintuple championne nationale Alysia Montano, a concouru au 800m. Et plus récemment, l'Américaine Sarah Brown qui, malgré la naissance de son enfant, a continué ses entraînements pour avoir une chance de participer aux Jeux Olympiques de Rio, l'été dernier. Autant de femmes épanouies tant sur la piste ou sur le terrain d'entraînement qu'en tant que mères et, qui n'ont pas connu de complications liées à leur grossesse. Il faut également savoir que, comme toute femme enceinte, elles ont été suivies par des médecins qui n'ont pas émis de contre-indication.

Elles sont loin d'être des cas isolés et encore moins irresponsables. Contrairement aux idées reçues, être enceinte n'oblige pas à abandonner le sport. Les professionnels de santé recommandent même de continuer à pratiquer une activité physique, au cours de la grossesse. Et une récente étude menée à Lausanne, en Suisse, à la demande du Comité International Olympique (CIO) le prouve notamment. "La pratique sportive ne nuit ni au foetus, ni à la mère", affirme le professeur Kari Bo de l'Ecole norvégienne des sciences du sport et co-auteur de l'étude.

Et, dans un article paru dans L'Obs, le gynécologue-obstétricien Bernard Hédon va dans ce même sens. Selon lui, il est bon pour une femme de "continuer à faire du sport pendant la grossesse si cela s'inscrit dans le prolongement son mode de vie. Une telle situation est préférable à celle d'une future maman qui fait du sport quotidiennement et s'interrompt brutalement". Mais le spécialiste tient toutefois à mettre en garde en expliquant par ailleurs que, commencer une nouvelle activité sportive au moment de sa grossesse est, par contre, à éviter.

Finalement, l'histoire de la boxeuse Caley Reece nous rappelle encore une fois qu'une femme peut mener sa grossesse comme elle l'entend à partir du moment où elle ne met pas en danger la vie de son enfant et que, quoi qu'il arrive, la future mère reste son meilleur juge au cours de ces neuf mois.