La bifle : pratique potache ou expérience érotique ?

Bob l'éponge fan de la bifle
Bob l'éponge fan de la bifle
Le mot prête souvent à sourire, mais les études le démontrent : la bifle, contraction de "bite" et "gifle", a bel et bien des adeptes. Alors, simple pratique potache ou expérience érotique à tester ? La sexologue Sophie Bramly analyse le phénomène.
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D'un côté, certains se plaignent de monotonie dans leurs rapports sexuels, de l'autre, de nouvelles pratiques sont médiatisées, sans toutefois faire l'unanimité. C'est le cas de la bifle - dont le terme en France remonterait aux années 90 mais dont la notoriété est récente - qui consiste pour les hommes à gifler ou tapoter leur partenaire avec leur pénis.

Les origines de cette pratique remontent aux années 70 aux Etats-Unis, (on parlait alors de "Cock Slapery" devenu depuis le "dick slap"). Tout aurait commencé dans les boîtes disco, où certains hommes portaient des pantalons sans entre-jambe et des chaussures à semelles compensées. Le sexe à l'air, ils donnaient des coups ici et là, comme pour dire "Hey, comment ça va ?". On était plus proche d'un exhibitionnisme gentil que d'une pratique sexuelle. Dans les années 80, avec la deuxième vague féministe, la pratique a perduré et certains ont trouvé qu'il s'agissait d'une représentation immature de la masculinité, d'autres continuaient et continuent de dire que ce n'est rien d'autre qu'une marque affectueuse faisant rire sur les femmes.

La bifle étant plus souvent vécue comme potache qu'érotique, le porno est à la traîne, mais certains sites X américains ont fini par s'y mettre et proposer des compilations des meilleures bifles. En France, un sondage de l'Ifop publié en 2013 avançait que 36 % des jeunes de 15 à 24 ans auraient déjà biflé leur partenaire.

Quel plaisir pour l'homme et pour la femme ?

Mais où est le plaisir à se dandiner en dirigeant son sexe vers une quelconque partie du corps de l'autre et à le tapoter ? Pour les hommes, il est multiple. Le pénis est, la plus grande partie du temps, au repos et donc flaccide. Mais lorsqu'il s'engorge petit à petit de sang, il devient plus lourd et la sensation dans le creux de la main est agréable. L'effet décuple lorsque l'érection se fait en souffletant le visage d'une femme, ses fesses, son sexe ou n'importe quelle autre zone jugée érogène, les coups augmentant la circulation du sang dans la verge et, avec, la qualité de l'érection. Pour certains, les mouvements sont plus brusques avec l'envie d'un peu de violence ou d'insultes sexuelles, pour avoir la sensation de dominer la partenaire.

La bifle peut-elle également donner du plaisir aux femmes ? Les avis sont partagés. Mais il faut d'abord savoir de quelle bifle il s'agit, pratiquée avec quelle intention, avec un sexe de quelle taille, frappant avec quelle force, sur quelle partie du corps ? Il est évident que celui qui tapote son gland sur les lèvres, les seins, le sexe ou les fesses de sa partenaire, avec l'intention d'exciter la partenaire tout autant que lui-même, n'est pas en train d'administer la même bifle que celui qui prend son sexe pour une matraque et se défoule en accompagnant son geste d'une flopée de noms peu élogieux pour la personne du sexe opposé. Il y a aussi la circonstance. Une femme en train de faire une fellation avec délectation aimera sans doute la douceur du gland tapotant son visage, voire, elle prendra elle-même l'initiative dans une excitation mutuelle. Les plus audacieuses font la même chose à leur partenaire avec un godemiché en portant un harnais. Dans l'ensemble, le but n'est pas l'orgasme, mais la volupté, le délice.


Finalement, la bifle, c'est un peu comme l'ensemble des pratiques sexuelles : tout dépend de l'intention et du consentement. Ce sont des agressions lorsqu'elles ne sont pas désirées et des enchantements lorsqu'elles sont perçues avec concupiscence ... Avec une petite touche de modernité en plus.

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