La dessinatrice Emma égratigne la répartition des tâches ménagères dans le couple

Fallait demander : la dessinatrice Emma égratigne la répartition des tâches ménagères dans le couple
Fallait demander : la dessinatrice Emma égratigne la répartition des tâches ménagères dans le couple
Dans une BD mise en ligne le 9 mai sur Facebook, la dessinatrice Emma met le doigt sur le problème insidieux que représente la répartition des tâches ménagères au sein du couple.
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"Mais... Fallait me demander ! Je t'aurais aidée". Que celle dont le conjoint flemmard n'a jamais prononcé cette phrase en vous voyant vous échiner à (au choix) faire la vaisselle/passer l'aspirateur/étendre le linge/ranger la maison/préparer le repas lève la main. La répartition des tâches ménagères au sein du couple a beau s'être équilibrée, tout n'est pas parfait.

La dernière enquête qu'a consacrée l'Insee au sujet en 2015 le prouve : si les femmes passent aujourd'hui moins de temps chaque semaine à s'occuper des enfants, de la cuisine et du ménage, elles continuent d'assurer deux tiers des tâches domestiques.

Le problème de la "charge mentale"

Comment l'expliquer ? La dessinatrice Emma a sa petite idée. Dans une BD publiée mardi 9 mai sur sa page Facebook, l'illustratrice dénonce la manière insidieuse dont les tâches ménagères se retrouvent réparties au sein du foyer : tandis que les hommes se voient toujours comme des "exécutants", ils perçoivent leur compagne comme la "cheffe de projet" du ménage, des courses et de l'éducation des enfants.

"Quand le partenaire attend de sa compagne qu'elle lui demande de faire des choses, c'est qu'il la voit comme la responsable en titre du travail domestique. Ce qui veut dire que c'est à elle de savoir ce qu'il faut faire et quand il faut le faire", écrit Emma.


En gros, les hommes ne prennent pas (ou alors très rarement) l'initiative de passer un coup de balai, éteindre le linge ou vider le lave-vaisselle : ils attendent qu'on le leur demande, comme si c'était aux femmes que revenait la lourde tâche d'organiser la gestion du foyer. "Alors quand on demande aux femmes de faire tout ce travail d'organisation, et en même temps d'en exécuter une grande partie, ça représente au final 75% du boulot", poursuit l'illustratrice dans sa BD. "Les féministes appellent ce travail la charge mentale."

Initialement théorisée pour résumer l'ensemble des sollicitations du cerveau que requiert une activité professionnelle (efforts de concentration, de compréhension, de minutie, d'attention...), la charge mentale concerne aussi les tâches ménagères. Alors que les hommes pensent avoir "fait leur devoir" en lançant une machine ou en jetant une poignée de coquillettes dans une casserole pour nourrir les enfants, les femmes, elles, sont perpétuellement sur le qui-vive pour ne pas oublier de signer le carnet de correspondance ou d'acheter des kleenex, pour se souvenir de payer la nounou à temps et de prendre rendez-vous chez le pédiatre. Tout en continuant, en parallèle, à mener leur vie professionnelle et leur vie de couple.

Une question d'éducation

Cette charge mentale qui pèse sur le quotidien des femmes est épuisante. D'autant plus que les hommes, eux, en demandant à leur partenaire de leur indiquer les tâches à faire, refusent leur part de charge mentale.


C'est pour faire bouger les choses en faisant comprendre aux hommes le fardeau pesant sur les épaules de leur compagne qu'Emma a décidé de créer sa BD. "Ce qui m'a inspirée, c'est mon histoire et surtout le fait qu'on soit nombreuses à avoir la même, à connaître le sentiment d'injustice, de se faire exploiter sans reconnaissance", explique-t-elle au HuffPost. "Et comme c'est pas une fatalité, il faut en parler !".

Pour l'illustratrice, il est indispensable "d'éduquer les garçons aussi à prendre soin des autres". Elle aimerait aussi que ces derniers s'investissent pour obtenir un plus long congé paternité – actuellement de 11 jours.

Très concernée par les questions de genre, de féminisme et de droits des femmes, la blogueuse Emma s'était déjà fait remarquer en consacrant une BD à la réalité du congé maternité. Son histoire, criante de vérité et qui parle à toutes les nouvelles mères, est à retrouver dans Un autre regard, son premier recueil publié ce 10 mai chez Massot Éditions.

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