Les femmes dirigeantes sont-elles perçues différemment des hommes ?

Les femmes dirigeantes sont-elles perçues différemment des hommes ?
Les femmes dirigeantes sont-elles perçues différemment des hommes ?
Les femmes qui occupent des postes de direction au sein des entreprises sont-elles considérées comme des dirigeants comme les autres ? Une étude menée par Weber Shandwick avec KRC Research s'est penchée sur la question. Les résultats qu'elle met en lumière sont plutôt encourageants.
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Les femmes dirigeantes ont beau rester minoritaires au sein des entreprises, leur présence est indéniablement positive dans les structures qu'elles dirigent. C'est ce qui ressort d'une récente étude menée par Weber Shandwick et KRC Research.


Intitulée "The CEO Reputation Prenium : Gaining Advantage in the Engagement Era ", l'étude s'appuie sur les résultats d'un sondage en ligne mené auprès de 1 750 cadres supérieurs dans 19 pays en Amérique du Nord, en Europe et en Asie-Pacifique. Elle s'est particulièrement intéressée à la place occupée par les femmes PDG, à leur expérience aux postes direction et à la façon dont leur manière de manager différait de celle des hommes.


"Notre recherche indique que lorsque les femmes travaillent pour des femmes PDG, elles ont plus d'ambition à devenir un jour à leur tour chef d'entreprise, affirme Gail Heimann, Présidente de Weber Shandwick. Ces résultats conduisent à la conclusion indéniable que si nous souhaitons une réelle égalité des sexes au sommet de l'entreprise, nous devons promouvoir plus de femmes à des postes de direction et nous engager à le faire dès aujourd'hui".

La réputation des dirigeants n'a rien à voir avec leur sexe

Première conclusion faite par Weber Shandwick et KRC Research : la réputation dont jouissent les dirigeants au sein de leur entreprise n'est pas bâtie sur leur sexe. Ainsi, parmi les sondés qui estiment que la réputation de leur entreprise est "très solide", 35% d'entre eux ont un PDG homme et 33% un PDG femme. En outre, 36% des répondants ayant déclaré que leur PDG a une réputation "très forte" sont sous la direction d'une femme et 38% sous la direction d'un homme.


Une bonne nouvelle pour les femmes dirigeantes, qui continuent malgré tout de manquer de confiance en elles et de ressentir d'avantage le stress et la pression que leurs homologues masculins.

Les femmes sont moins confiantes en leur capacité de leader

C'est d'ailleurs l'une des conclusions de l'étude : malgré leur très bonne réputation auprès de leurs salariés, les femmes dirigeantes doutent de leurs capacités à diriger une entreprise. Seules 23% des femmes interrogées affirment ainsi avoir toujours aspiré à obtenir un poste de direction un jour, contre 32% des hommes.


La différence de réponse est encore plus flagrante si l'on se penche sur les données géographiques. À la question "Voudriez-vous devenir PDG d'une grande entreprise ?", seules 9% des femmes cadres d'Amérique du Nord ont répondu "oui", contre 22% des hommes. Les femmes cadres d'Asie Pacifique sont, elle, 27% (contre 37% des hommes) à affirmer vouloir devenir PDG. En Europe, en revanche, les résultats entre femmes et hommes sont beaucoup moins contrastés : 22% des femmes cadres affirment vouloir devenir un jour PDG, tout comme 25% des hommes.

Les femmes voulant devenir dirigeantes sont souvent de la génération Y

Autre constat de l'étude : les femmes briguant aujourd'hui les postes de direction sont plus susceptibles d'être issues de la génération Y. Selon Weber Shandwick, "cela s'explique peut-être parce que les femmes de la génération Y sont moins susceptibles que les autres d'avoir été freinées par le plafond de verre ou d'avoir expérimenté la discrimination entre les sexes." Autre hypothèse émise : "la brièveté de leur expérience sur le marché du travail".

Les dirigeantes sont considérées comme des modèles par les autres femmes

Surtout, l'étude menée par Weber Shandwick avec KRC Research met en lumière l'influence positive qu'ont les femmes dirigeantes sur les autres salariées en termes de satisfaction au travail : 64% des femmes interrogées ont ainsi déclaré qu'elles étaient plus disposées à rester dans leur entreprise si celle-ci est dirigée par une femme.

Décrites comme "ouvertes et accessibles", "prenant soin des autres", "à l'aise avec les médias", elles se posent comme véritables modèles et en ouvrant la voie aux femmes aspirant elles aussi à occuper un poste de direction.


Pour autant, si leurs capacités de leardership et de management sont saluées par leurs équipes, les femmes dirigeantes restent encore et toujours minoritaires au sein des entreprises. Selon une étude du cabinet KPMG parue en juin, elles n'étaient que 14% à diriger une entreprise en 2013. Elles sont aussi moins bien rémunérées : d'après les chiffres de l'Insee rendus publics mardi 28 juillet, les femmes indépendantes ou dirigeantes salariées d'entreprises gagnent 31 % de moins que leurs homologues masculins , avec un revenu d'activité mensuel s'établissant en 2012 à 2 020 euros (contre 2 915 euros pour les hommes).

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