Miss Île-de-France 2016 dézingue les clichés sur les reines de beauté

Meggy Pyaneeandee, miss Île-de-France 2016
Meggy Pyaneeandee, miss Île-de-France 2016
Dans une interview accordée à la page Facebook "Fraîches", Meggy Pyaneeandee, sacrée Miss Île-de-France 2016, revient sur sa participation au concours de beauté et dégomme avec beaucoup d'intelligence tous les clichés qu'on peut avoir sur Miss France et les participantes au concours.
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Un concours "sexiste", où défilent en maillot de bain des filles forcément minces et pas très futées. C'est, en substance, ce que nombre de téléspectateurs reprochent chaque année au concours de Miss France. Accusé (souvent à raison) d'objectifier le corps des femmes, de perpétuer les stéréotypes sexistes et les normes de beauté, le concours n'en est pas moins, pour certaines jeunes femmes qui y participent, un formidable tremplin pour faire passer un message fort et intelligent.

C'est le cas de Meggy Pyaneeandee. Sacrée Miss Île-de-France 2016, la jeune femme de 23 ans, par ailleurs étudiante en Master de marketing a Sciences Po, avait participé l'an dernier au concours de beauté chapeauté par Sylvie Tellier.

Dans une vidéo publiée sur la page Facebook Fraîches de Minutebuzz, elle revient sur sa participation au concours Miss Île-de-France et explique les raisons pour lesquelles elle s'y est inscrite. Fraîchement arrivée à Sciences Po, Meggy Pyaneeandee raconte que sa participation s'est jouée à une rencontre. "Pour moi c'était un peu une blague", commence-t-elle, avant de souligner que participer à un tel événement lui permettait de prendre sa revanche sur ses origines sociales, elle qui est d'origine mauricienne et a fait toute sa scolarité en Seine-Saint-Denis. "En rentrant chez moi et en racontant à mes parents qu'on m'avait proposé de participer, pour eux il y avait effectivement le symbole de se dire on a émigré en France, on est noirs et notre fille, elle peut être élue, en France, dans une région de métropole, comme un symbole de beauté. C'était vraiment symbolique."

Meggy Pyaneeandee entend les critiques émises contre Miss Île-de-France et Miss France. Il n'empêche qu'elle assume totalement sa participation aux deux concours de beauté, pour la simple raison qu'ils ont rendu sa voix audible. "En étant élue, je vais peut-être pouvoir avoir une voix, je vais pouvoir partager mon histoire, je vais pouvoir parler du 93, de l'inégalité qu'il peut y avoir, mais que justement on peut s'en sortir, peu importe son chemin."

La jeune femme explique ensuite s'être heurtée à l'incompréhension de certaines de ses connaissances quand elle a annoncé qu'elle participait à Miss France, pointant du doigt que ce type de concours participait à perpétuer le cliché de la femme-objet. "Oui, peut-être", concède Meggy Pyaneeandee, qui s'explique : "À la fin, c'est pourquoi tu le fais. Oui, je vais me mettre en maillot de bain devant les gens, oui on va s'intéresser à moi pour mon physique. Mais regardez, aujourd'hui je suis là et je parle d'autre chose ! Et vous ne vous seriez pas intéressés à moi si je n'avais pas participé au concours Miss Île-de-France."

"Qu'est-ce qu'elle fout là la pakpak ?"

Pas vraiment branchée concours de beauté, Meggy Pyaneeandee revient ensuite sur les commentaires racistes qu'elle a dû essuyer lors de sa participation à Miss France. "Qu'est-ce qu'elle fout là la pakpak ? Miss Île-de-France, c'est la fille d'un vendeur de marrons chauds..." "Et ce qui m'a le plus choqué, c'est que c'était même pas les Français fachos qui votent Marine Le Pen, c'est que c'était aussi des gens de mon quartier, c'était aussi des gens de couleur."

Estimant qu'elle aurait été "mieux reçue en tant que Miss Réunion", Meggy Pyaneeandee souligne "le malaise" que révèlent de tels commentaires. "Je suis Francilienne, j'ai grandi à Paris et j'en suis fière. Pour moi, ça fait aussi partie de mon identité."

"J'avais envie de défendre le 93, de défendre le fait qu'on n'était pas stupide, que nous aussi on pouvait réussir [...] Moi j'ai fait tout ça pour soutenir les gens, pour donner de l'espoir", poursuit la jeune femme qui admet avoir souffert de cette situation. "J'avais envie de crier sur tous les toits : 'Vous vous rendez compte de ce qui s'est passé ? Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, en 2017, ça arrive ? Une fille est élue en Île-de-France, la région de la diversité, et malgré tout elle est critiquée pour ses origines ?'", conclut Meggy Pyaneeandee.

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