Pourquoi Bernie Sanders séduit plus les jeunes électrices qu'Hillary Clinton

Le démocrate Bernie Sanders, plus féministe qu'Hillary Clinton ?
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Bernie Sanders a largement battu Hillary Clinton lors de la primaire dans le New Hampshire, notamment grâce aux voix des femmes de moins de trente ans. Des résultats qui ne laissent pas d'étonner et qui poussent les médias à s'interroger sur le manque de popularité de la candidate auprès des jeunes électrices. Eclairage.
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"Le problème d'Hillary avec les femmes", c'est le titre qu'on pouvait lire à la une du très sérieux site politique américain Politico il y a quelques jours, juste après la défaite de la candidate démocrate face à son collègue Bernie Sanders dans le New Hampshire. Les résultats de cette primaire sont en effet frappants : le "socialiste" a en effet récolté 53% du vote féminin. Surtout, les chiffres témoignent de l'impressionnant soutien dont il bénéficie auprès des jeunes électrices : 82% des femmes de moins de trente ans ont voté pour le sénateur du Vermont.

De là à évoquer un problème, il n'y a qu'un pas, que les médias américains ont éllègrement franchi, rivalisant d'analyses et de témoignages pour comprendre comment l'ex-Première dame s'est aliénée le vote des jeunes Américaines, qui serallient en masse à Bernie Sanders, quand leurs aînées soutiennent généralement la candidate démocrate.

Un conflit générationnel illustré récemment par les sorties respectives de grandes dames américaines : Madeleine Albright et Gloria Steinem. Lors d'un rassemblement dans le New Hampshire en l'honneur d'Hillary Clinton, l'ancienne ministre des Affaires étrangères de Bill Clinton a en effet houspillé les jeunes femmes qui soutiennent Bernie Sanders. "Il y a un enfer spécial pour les femmes qui ne se serrent pas les coudes", a-t-elle lancé, provoquant le rire de la candidate démocrate présente à ses côtés. Peu après, Gloria Steinem, figure historique du féminisme américain, s'en prenait à son tour aux supportrices du candidat socialiste lors d'une interview télévisée, arguant qu'elles feraient mieux de rallier la campagne d'Hillary, eule femme ayant une réelle chance d'être élue lors de cette élection et donc d'entrer dans l'Histoire.

Ces attaques répétées témoignent de l'inquiétude croissante dans le camp d'Hillary Clinton face à la popularité de Bernie Sanders, qui suscite l'engouement auprès d'une électorat jeune et féminin. Si Hillary Clinton bénéficie du soutien de nombreuses personnalités, au premier rang desquelles Lena Dunham, qui s'est imposée au cours des dernières années comme une ardente féministe, elle ne fait pas l'unanimité auprès des électrices de gauche, plus séduites par le programme radical du sénateur du Vermont.

Les sondages réalisés au cours des derniers mois témoignent d'ailleurs du fossé générationnel entre les supportrices des deux candidats. Et montrent la fracture qui existe désormais entre les féministes traditionnelles et les nouvelles féministes. Pour les féministes de la vieille école, il paraît évident de soutenir la candidate féminine afin de faire entrer pour la première fois une femme à la Maison Blanche. Mais les féministes plus jeunes ne voient pas du tout la situation sous cet angle : adeptes du féminisme intersectionnel, elles estiment que les questions de race, de genre et de classe sociale sont véritablement entremêlées et ne voient pas pourquoi elles devraient voter pour Hillary Clinton plutôt que pour Bernie Sanders au motif que la première est une femme.

D'autant qu'à la différence de Bernie Sanders, la candidate démocrate ne prône pas de réel changement politique dans son programme, plus libéral et conservateur. "Nous ne sommes pas la France", a-t-elle répondu à son adversaire, qui prone une sécurité sociale universelle lors du dernier débat démocrate : un sujet qui illustre peut-être mieux que tout autre les divergences importantes entre les deux candidats.

En outre, alors que beaucoup de jeunes électeurs voient en Bernie Sanders un souffle d'air frais dans la campagne démocrate, Hillary Clinton représente à leurs yeux l'establishment ; elle doit en effet assumer l'héritage de son mari qui fut président des Etats-Unis pendant deux mandats et sa propre participation à la vie politique du pays sous la présidence de Barack Obama. Son rival se pose de son côté comme un candidat hors système, un "outsider" par rapport à la favorite. Et c'est sans nul doute ce qui fait son attrait aux yeux des jeunes féministes militantes lassées de la politique politicienne et en quête de nouveaux combats.

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