Réseaux professionnels : pourquoi les femmes en tissent moins que les hommes

Réseaux professionnels : pourquoi les femmes en tissent moins que les hommes
Réseaux professionnels : pourquoi les femmes en tissent moins que les hommes
Les femmes cadres auraient-elles davantage de difficultés que les hommes pour tisser et entretenir leur réseau professionnel ? Une étude réalisée par le Boston Consulting Group Paris (BCG) en partenariat avec HEC au féminin et l'Ipsos pointe du doigt l'approche différente qu'ont femmes et hommes cadres du réseautage professionnel.
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Hommes et femmes cadres n'ont pas la même pratique et vision du networking - ou réseau professionnel. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par le Boston Consulting Group Paris (BCG) en partenariat avec HEC au féminin et l'Ipsos, et dont les résultats ont été dévoilés mardi 26 mai.


Après s'être intéressés à la façon dont les femmes cadres envisagent le leadership dans leur entreprise, le BCG a décidé de mettre en lumière les pratiques de réseautage de 500 cadres français âgés de 25 à 65 ans.


Un réseau professionnel basé sur la confiance

Premier constat émis par l'étude : si sept cadres sur dix considèrent le réseautage comme indispensable pour booster sa carrière professionnelle, hommes et femmes ont une approche sensiblement différente des réseaux pros. Ainsi, si les hommes y voient un moyen d'assurer un échange de services, les femmes misent surtout sur la confiance qu'elles accordent aux personnes présentes dans leur réseau professionnel. Une vision "moins utilitariste" et plus sélective du networking, qui explique notamment pourquoi les femmes ont un réseau professionnel moins développé que celui de leurs homologues masculins. "Les femmes reprochent le côté utilitariste du réseautage. Lorsqu'elles ont recours à leur réseau, c'est davantage pour échanger, partager avec des personnes qu'elles ont rencontrées au cours de leur carrière que pour se rendre visible", explique Marie Humblot-Ferrero, directrice de projet et co-animatrice du réseau Women Initiative au BCG.


Moins inclines que les hommes à l'idée d'y intégrer leurs collaborateurs directs, fournisseurs et clients, les femmes comptent en moyenne 50 contacts dans leur réseau, contre 72 pour leurs homologues masculins. Elles ont aussi une perception plus négative de leur réseau pro : seules 39% des femmes interrogées estiment avoir un bon réseau professionnel contre 49% des hommes. Elles considèrent aussi que leur réseau leur apporte moins de bénéfices directs (conseils, visibilité, recommandations, obtention d'informations) : les femmes sont seulement 29% à réseauter pour générer des opportunités professionnelles, contre 45% des hommes.

Les femmes sont moins confiantes sur leurs capacités à réseauter

Comment expliquer que les femmes misent moins sur les réseaux professionnels que les hommes pour booster leur carrière ? Citée par La Tribune , la directrice générale d'Ipsos France Dominique Lévy-Saragossi estime que le "syndrome de la bonne élève" y est pour beaucoup. "Diverses études menées par Ipsos montrent que les qualités professionnelles valorisées par les femmes sont essentiellement celles d'organisation et techniques, alors que les hommes citent plus souvent leur capacité à développer leur carrière, affirme-t-elle. "Les entretiens qualitatifs menés montrent que les femmes donnent la priorité à la qualité de leur travail plutôt qu'à leur réseau, et que c'est éventuellement grâce à la première qu'elles développent le deuxième", ajoute Marie Humblot-Ferrero.


Les femmes sont aussi moins confiantes dans leurs capacités à faire fructifier leur réseau. Ayant le sentiment de moins bien maîtriser les "codes" du networking, elles sont 35% à considérer qu'utiliser les réseaux ne correspond pas à leur état d'esprit, contre 28% des hommes. Par ailleurs, 22% d'entre elles disent ne pas savoir comment s'y prendre, contre 16% de leurs homologues masculins.


Comment alors convaincre les femmes des avantages de développer son réseau pro ? "Tant que nourrir leur réseau leur paraîtra comme un acte égoïste, elles auront du mal à s'y consacrer", affirme Dominique Lévy-Saragossi.