Trois clés pour être plus anticonformiste (et cartonner) au travail

Etre anticonformiste est un atout dans le cadre professionnel
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Parfois, on se conforme à des choses qui ne nous correspondent pas du tout par peur du rejet des autres, pour s'intégrer à un groupe. Et c'est bien dommage, car c'est en conservant votre originalité et votre authenticité que vous pourrez réussir. Petit guide de l'anticonformisme au travail.
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L'anticonformisme effraye. Bien qu'en surface, les injonctions sociétales valorisent la différence en incitant à être soi-même, à être original, il est paradoxalement de plus en plus difficile d'oser sortir du rang. A une époque où l'avenir est aussi incertain que l'emploi, notre incitation première est en réalité de se fondre dans la masse et de baisser la tête pour éviter de se faire remarquer. Notre société s'enlise dans un paradoxe complexe : notre volonté d'innover est freinée par notre besoin de nous intégrer. Il faut cultiver son originalité sans jamais tomber dans la marginalité, respecter les codes sociaux tout en les enfreignant... Il y a de quoi perdre pied.

Sans pour autant se changer en Che Guevarra de l'open-space, il est très bon de développer notre anticonformisme. Francesca Gino, professeur à la Business School d'Harvard, va même plus loin en expliquant qu'il est nécessaire d'être rebelle pour réussir. Car c'est lorsqu'on dépasse les limites établies qu'on découvre de nouvelles possibilités, lorsqu'on sort du périmètre autorisé que l'on élargit ses horizons et que l'on apprend à innover. Voici donc 3 petits conseils pour vous aider en douceur à remettre de l'authenticité au coeur de votre vie professionnelle –et de votre succès.

Etre soi-même au travail pour être plus productif

Etre anticonformiste : et si c'était le secret de la réussite ?
Etre anticonformiste : et si c'était le secret de la réussite ?

L'homme est un véritable caméléon : il tente en permanence de se camoufler, de se fondre dans son milieu afin de survivre. "L'union fait la force", paraît-il, et c'est ainsi que survit l'homme depuis des milliards d'années : en se regroupant. Ce besoin naturel de s'intégrer à un cercle est ce qui le modèle. En effet, à cause de ce besoin d'être accepté, le regard de l'autre pèse continuellement sur nous, nous poussant à ajuster nos comportements, notre langage, notre émotivité, notre code vestimentaire... Pour être au diapason, on cherche à être similaire : le mimétisme est une arme massive d'intégration (ou de séduction, d'ailleurs).

Une étude menée sur la pression des pairs, ce phénomène de conformité par le groupe, menée par le psychologue Solomon Asch en 1950 montre que 75% des gens choisiront une réponse qu'ils savent être la mauvaise pour s'intégrer. Cela montre bien l'effet nocif que peut avoir la volonté de se conformer, même lorsque ce n'est que pour être poli ou discret : au sein d'une entreprise, cela nous poussera plus vers le bas que vers le haut.

Une étude conduite par Francesca Gino sur plus de 1000 employés dans des secteurs différents a d'ailleurs mis en évidence un triste constat : moins de 10% des employés étaient incités à aller à l'encontre des règles à faire changer les choses. C'est loin d'être anodin : "Les travailleurs et leurs sociétés en payent tous les deux le prix, par la domination de l'engagement des employés, de leur motivation et de leur productivité", explique la chercheuse dans la Harvard Business Review. Cela pousse les employés à penser que pour faire bien leur job, ils ne doivent surtout pas se démarquer. Ils se forcent donc à rester dans les rangs, à se conformer aux autres, et ont vite la sensation de ne pas être authentiques, et perdent toute motivation. Et se forcer à suivre le troupeau, c'est faire le choix de rester dans la moyenne, de rester médiocre : c'est loin d'être suffisant pour réussir.

C'est pour cela que Francesca Gino fait l'éloge de l'originalité au travail : un non-conformisme constructif permet de libérer les employés en les poussant à redoubler de créativité et de réflexion. C'est un cercle vertueux dont les bénéfices rejaillissent sur l'entreprise comme sur ceux qu'elle emploie. Bien sûr, on ne vous dit pas de jouer les loups solitaires, de rejeter toutes les conventions, ou d'arriver au boulot en sous-vêtements et avec une bouteille de rhum parce que "ça vous libère". Il y a une limite entre être fantasque, farfelu, et être anticonformisme : il suffit de trouver le juste milieu. Et c'est en l'atteignant que vous parviendrez non seulement à booster votre carrière, en devenant un atout précieux (et irremplaçable...)

Trois clés pour être plus anticonformiste au travail (sans tomber dans l'excès)

1. Changez votre manière de penser

Changez votre manière de réfléchir pour être plus authentique au travail
Changez votre manière de réfléchir pour être plus authentique au travail

Pour être un peu plus soi-même (et donc un peu plus original) au travail, il faut d'abord s'attaquer à sa manière de penser pour se libérer des réflexes de conformisme. Si en réunion, vous vous taisez pour ne pas vous opposer à vos collègues alors que vous avez une vision différente des sujets abordés, si vous n'osez pas remettre en question la manière dont certaines choses se déroulent de peur de passer pour un fauteur de troubles, il est temps de se débarrasser de ce complexe de la bonne élève. Exprimer votre désapprobation, questionner une méthode ou proposer un angle nouveau sur un sujet sont de très bonnes choses pour votre équipe : c'est en échangeant et en croisant différents points de vue que l'innovation est possible. Cela ne contribuera qu'à enrichir vos projets et à rendre votre travail plus intéressante.

Ne vous mettez pas dans une situation de conflit, mais questionnez le statu quo de manière polie, calme et argumentée. Cela ouvrira une discussion constructive qui prouvera votre valeur et la pertinence de votre réflexion sans entraîner un rejet de vos collègues. Plutôt que de dire systématiquement oui, entraînez-vous donc à vous questionner : "Pourquoi fait-on cela ? Pourquoi cela ne me plaît-il pas ? Comment pourrait-on le faire autrement ? Est-ce que cela serait plus intéressant ?".

2. Prenez du recul

Attention à prendre du recul et à rester constructif
Attention à prendre du recul et à rester constructif

On ne peut pas se réveiller un matin et débarquer au boulot en décidant de tout changer. Etre anticonformiste, ce n'est pas être anarchiste : le but n'est pas de poser des mines partout et de faire tout sauter, mais de réfléchir différemment.

Faites toujours attention de ne pas prôner le changement pour le changement : l'anticonformisme n'est constructif que s'il s'appuie sur une analyse fouillée de la situation. Et c'est la connaissance du passé qui permet l'innovation. Reprenez donc les choses depuis leur commencement, en réfléchissant au cours de leur évolution et à la manière dont vous pouvez influer sur cette trajectoire afin de la rendre plus performante.

3. Avancez doucement

Posez des questions, faites des suggestions... C'est comme ça que l'on trouve comment innover
Posez des questions, faites des suggestions... C'est comme ça que l'on trouve comment innover

L'important, pour que l'anticonformisme n'entraîne pas de rejet ou de rancoeur, est la manière dont vous l'exprimez. Ricaner en expliquant à tous vos collègues que ce sont des abrutis de moutons incapables d'originalité, par exemple, n'est pas la meilleure des options.

Apprenez à ouvrir des discussions, à lancer un débat en insufflant une nouvelle dynamique au groupe. Pour cela, faites des suggestions pour proposer de nouvelles alternatives, et défendez votre point de vue en restant confiant et serein. Ce n'est pas une bataille d'ego, mais un travail collectif : on peut être anticonformiste sans semer le chaos et briser toutes les règles. Vous devez apprendre au contraire à jouer avec les codes, à demeurer flexible et agile pour pouvoir jongler entre les traditions en place et les innovations qui les dépoussiéreraient. C'est en réussissant à atteindre cet objectif que vous sortirez véritablement du lot...