Trump nomme une anti-IVG au poste d'ambassadrice pour les droits des femmes

Trump nomme une anti-IVG au poste d'ambassadrice pour les droits des femmes
Trump nomme une anti-IVG au poste d'ambassadrice pour les droits des femmes
Anti-féministe notoire, opposée de longue date à l'avortement et aux droits des homosexuels, la militante chrétienne Penny Young Nance pourrait prochainement être nommée au poste d'ambassadrice pour les droits des femmes par Donald Trump.
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Un an après son élection à la Présidence des États-Unis, Donald Trump poursuit son détricotage méticuleux des avancées pour les droits des femmes menées par ses prédécesseurs. Après avoir mis un terme aux subventions fédérales versées aux ONG offrant une information non-partisane sur l'IVG et nommé en mai dernier Teresa Manning, une conservatrice ouvertement hostile à l'avortement, à la tête du Planning Familial américain, il compte une fois encore confier un poste clé pour les droits des femmes à une militante pro-vie.

D'après le site Politico en effet, le président américain s'apprête à nommer Penny Young Nance comme ambassadrice itinérante sur les questions des droits des femmes dans le monde. Présidente de l'organisation Concerned Women for America ("Femmes inquiètes pour l'Amérique"), une organisation chrétienne farouchement opposée à l'évolution des moeurs, Penny Young Nance s'est distinguée à plusieurs reprises pour ses prises de parole contre l'avortement et contre les droits des minorités sexuelles.

Anti-avortement et anti-droits LGBTQ+

Régulièrement invitée sur FOX News, elle y a perfectionné son discours anti-féministe, conservateur et pro-vie, ce qui fait aujourd'hui d'elle l'une des principales opposantes à l'avancée des droits des femmes aux États-Unis. Son cheval de bataille ? Le droit à l'avortement, contre lequel elle milite sans relâche.

Slate rapporte ainsi qu'en 2013, Penny Nance s'était fendue d'un éditorial pour le Christian Post dans lequel elle comparait le droit des femmes de mettre un terme à une grossesse non-désirée à un "génocide".

"L'avortement est le combat des droits de l'homme fondamental de notre époque. Pour la génération de nos grands-parents, la Shoah était l'atrocité la plus terrible commise contre l'humanité. Près d'un million et demi d'enfants juifs ont été tués dans le génocide nazi. Ce qui est honteux, c'est que depuis longtemps, l'Amérique a surpassé ce nombre de petites vies perdues à cause d'un cruel génocide."

L'autre marotte de Penny Nance, c'est de s'opposer systématiquement à toutes les avancées en matière de droits des personnes LGBTQ+. Ainsi, dans une tribune publiée en 2015 sur le site de l'alt-right Breitbart News, elle affirmait que les militants pour les droits des minorités sexuelles "travaillaient infatigablement pour infiltrer les écoles et influencer les enfants de tout le pays. La plupart des parents ne veulent l'entendre, mais c'est la réalité. Les activistes gays vous contournent pour avoir vos enfants, et les écoles sont complices."

La Reine des Neiges en ligne de mire

Un avis tout en nuance digne de Christine Boutin, qui lui a donc valu d'attirer l'attention de l'administration Trump, dont elle avait évidemment soutenu la campagne l'an dernier. Mais ce n'est pas tout. Parmi les combats idéologiques que mène aussi Penny Nance se trouve... les dessins animés Disney, en particulier La Reine des Neiges qui, selon elle, envoie un message négatif sur le rôle des hommes dans la société.

"Hollywood en général a souvent envoyé le message que les hommes sont stupides, en passant, et que ils apportent quelque chose à la famille, c'est un chèque de paie", a déclaré Nance dans une interview accordée à FOX News en 2015. "La question pour nous en tant que mères, c'est quand nous amenons nos filles voir La Reine des Neiges, ou quel que soit le film, nous avons souvent nos petits garçons assis là, et ce message est-il utile ? Nous voulons qu'ils sachent qu'ils sont essentiels. Nous voulons élever des héros. Nous voulons élever de vrais hommes qui resteront dans leur famille et seront [...] de grands maris."

Les associations inquiètes

Selon Politico, la Maison Blanche n'a pas encore confirmé l'information selon laquelle Penny Nance sera bientôt ambassadrice pour les droits des femmes dans le monde. Ce qui n'empêche pas les opposants à l'administration Trump de manifester leur inquiétude.

"Son expérience et ses antécédents ne démontrent pas un engagement envers l'égalité des sexes", a déclaré Heather Higginbottom, chef de l'exploitation de CARE USA, une ONG anti-pauvreté axée principalement sur l'éducation des femmes et les filles. "Elle ne devrait pas être l'ambassadrice du gouvernement américain sur ces questions pour le monde."

Dawn Laguens, vice-présidente exécutive du Planned Parenthood Action Fund, a ajouté : "Les millions de femmes et de filles vulnérables à travers le monde méritent un ambassadeur extraordinaire pour les questions mondiales des femmes, un ambassadeur qui les soutiendra et les respectera, pas une idéologue activement impliquée et suspectée de porter atteinte à leurs droits humains."

Les groupes de défense des droits des homosexuels sont également inquiets. "Son organisation a attaqué les efforts anti-intimidation, donnant essentiellement aux intimidateurs le feu vert pour attaquer les enfants LGBTQ et autres enfants vulnérables", a déclaré JoDee Winterhof de la Campagne pour les droits de l'homme.