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Par   -  Publié le 26 mai 2010
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Le témoignage de Camille, éducatrice à Hong Kong

Trois ans de vie à Hong Kong, un mariage et la création de sa boîte : Camille adore sa vie d’expatriée. Dans cette cité cosmopolite, elle a trouvé ses repères et une clientèle âgée de 2 à 4 ans : ils raffolent de ses Playgroups en français.

Partie pour six mois

Partie pour six mois

« On ne peut jamais se sentir chez soi dans une ville comme Hong Kong. C’est l’avantage : il n’y a pas de routine. » Voilà trois ans que Camille a quitté Paris, et c’est peut-être aujourd’hui qu’elle apprécie le plus sa vie d’expatriée. S’éloigner de ses proches, renoncer au confort de son pays et à la « baguette fraîche » n’a pas été une partie de plaisir. Mais le bonheur du couple a précédé la réussite professionnelle, et de 25 m2 à 50, le déménagement récent ressemble à une belle victoire.

Nantaise d’origine, Camille est éducatrice à Boulogne dans un jardin d’enfants. La vie parisienne est remise en question quand son homme lui demande de le suivre à Hong Kong. Un stage de six mois l’attend dans cette ville de 7 millions d’habitants, la plus riche et la plus internationale de la Chine. « Je maîtrisais mal l’anglais, et il fallait que je trouve un boulot là-bas car le salaire de Tristan ne suffirait pas. Pourtant je n’ai pas vraiment hésité. » Immersion dans les forums de profs de Français à l’étranger : «éducatrice française cherche poste pour cours de français à HK. » Presque trop facile, un centre de langues pour les 2-7ans lui propose une place, et lui assure son VISA pour un an.

Le 10 août 2007 ils débarquent dans leur nouveau chez eux, le 15 août Camille fait connaissance avec ses élèves : « Grâce à ce travail je n’ai pas eu le temps d’avoir le mal du pays, contrairement à beaucoup de femmes d’expatriées que j’ai rencontrées. J’ai tout de suite aimé Hong Kong. » Pour Camille, soit on déteste cette fourmilière humide à 90% et ses typhons, soit on tombe amoureux des lumières, du bruit et de la foule multilingue. La recherche d’un appart, les papiers et formalités sont réglés en un tour de main, « tout est facile et rapide ici, les transports comme l’administration. » Paris semble déjà très loin…

Entrepreneuse Hongkongaise à 27 ans

Entrepreneuse Hongkongaise à 27 ans

Au bout d’un an, Camille a la bougeotte, et postule pour intégrer l’école maternelle française : « je ne suis pas enseignante, donc j’ai obtenu un poste d’assistante. Mais j’ai fini par démissionner, il fallait que je me mette à mon compte.» C’est son mariage qui lui a permis de tout lâcher pour créer sa boîte : plus besoin du Visa délivré par une entreprise, elle peut figurer sur celui de Tristan.

Dans un pays où les enfants ne vont pas en crèche mais ont tous une nounou anglophone à domicile 24h/24, et où la culture du mérite et la course aux diplômes commencent dès les bacs à sable, Camille voit tout de suite l’opportunité de créer un espace de socialisation et de respiration pour les enfants en français. « Les Playgroup, ou « French class » comme disent les enfants, ont beaucoup de succès ici, ce sont en majorité des couples mixtes qui veulent que leurs enfants parlent aussi bien français qu’anglais, explique-t-elle » L’idée est bonne, et le réseau existe. C’est à Hong Kong qu’on trouve la première communauté française dans une ville d’Asie avec plus de 10.000 Français. Elle est aussi très dynamique grâce à un important tissu associatif. Camille relance toutes les familles rencontrées pendant ses deux premières années, et celles-ci, enthousiastes, lui emboîtent le pas et lui trouvent des locaux. Le bouche-à-oreille fera le reste.

Résultat, en octobre dernier, « Ribambelle » reçoit ses premiers « élèves », en séances d’une heure trente : jeux, chants, écoute, tout cela en français pour se « faire l’oreille » et se socialiser. Camille insiste : « moi je ne suis pas là pour mettre la pression sur les enfants. Certains ont un agenda de ministre et suivent des cours de langue depuis qu’ils ont six mois, je trouve cela excessif. Les enfants apprennent des choses avec moi, mais c’est avant tout un moment de détente. » Quatre jours par semaine, 23 enfants, Camille gagne assez pour s’offrir une vie « sans frustration »: « Je suis mon propre boss et j’en profite. Je suis investie à 100% et j’y pense jour et nuit, mais je fais mes horaires, déjeune en ville avec mes copines le midi, et pars en week-end en amoureux quand je veux. » Et les week-ends, là-bas, ce n’est pas la Normandie ou le Cotentin, mais plutôt Phuket, Taïwan ou les Philippines…

24h avec Camille

24h avec Camille

Réveil : A 7h30, réveillée par la sonnerie de téléphone de mon mari. Je lui dis bonjour puis j’ouvre les rideaux et la fenêtre avant un café. C’est mon moment préféré de la journée.

Petit-déj : Café, fruits, yaourt ou pain maison.

Mon job : A 9h je pars pour un cours privé à domicile ou pour un « playgroup » en transports en commun (minibus, bus, métro) ou taxi. Mes journées ne sont pas routinières puisqu’elles varient en fonction des lieux et des enfants que je vois. Je garde souvent deux heures en fin d’après-midi pour préparer les cours. Mon projet tient une grande place dans ma vie et je m’investis à 100%, c’est une grand source de satisfaction.   

Déjeuner : La plupart du temps je déjeune en ville avec mes amies, une pause très agréable.

Ma soirée : Mes horaires sont variables. Quand je sors de mon travail je prends un moment pour moi : je fais du sport ou bien je regarde les blogs de mes copains partis en vadrouille. Vers 20h je suis de retour. Nous aimons recevoir ou aller au resto, mais je ne suis pas une habituée de la tournée des bars !

Site Internet : en ce moment « l’inconnu du métro » !

Mes adresses fétiches : Pour déjeuner Le Real Bread dans le quartier de SoHo ou le Phoenix. J’aime boire un thé à l’Atelier de Joël Robuchon ou au Café lavande. A ne pas manquer : le buffet dessert du Grand Hyatt.

Mon conseil à quelqu’un qui souhaite s’expatrier : Vivez l’aventure, ouvrez vos yeux et lâchez vos barrières, profitez, rencontrez, témoignez, échangez … Mais ayez conscience que ce choix nécessite des absences, des renoncements, des vides, et que ce n’est pas facile !


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Le témoignage de Sarah, architecte française à Lima

Rencontre avec Elisabeth Daldoul, éditrice en Tunisie

Quand les expats investissent les capitales

Voir aussi :  chine    parole de femme    expatriation   
 

6 commentaires

singierlulu - 26/05/10 14:21
un bel article un belle aventure merci de nous la faire partager bizzz lulu
Mary - 28/05/10 16:17
ça donne vraiment envie de tout lâcher ! Merci de nous faire partager cette aventure à Hong-kong !
isa169 - 05/07/10 07:44
hong kong! une expérience certainement inoubliable!!!!
country33 - 14/11/10 11:56
Aller au bout du monde , mon rêve .
angelabeille - 05/07/11 08:15
hoo 7h30 ! mon reve ! je me leve a 6h tous les matins et je n'ai pas une vie aussi cool !
franmic64 - 24/01/12 20:44
Cette femme vit une aventure vraiment exceptionnelle et nous donne envie d'en faire autant!

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