La situation de la femme dans l’économie haïtienne
Le milieu rural haïtien est négligé par les autorités, pourtant il est à la base de l’économie du pays. Les femmes y ont une place importante, même si le secteur agricol tend à se déféminiser. Elles sont autant présentes au niveau de la production que de la commercialisation.
On les appelle les "Madame Sara", du nom d’un oiseau migrateur qui picore au fil de ses déplacements. Elles transportent, des campagnes vers les villes, les fruits des récoltes sur les marchés. Ce travail physique, difficile et contraignant, n’est souvent pas valorisé comme il le devrait.
Il faut savoir que le travail de ces femmes est sous valorisé et sous évalué, et donc, de ce fait, compromis. A travail égal, le salaire d’une haïtienne correspond à la moitié de celui d’un homme. Ce facteur renforce les inégalités et la pauvreté féminine. De plus, souvent seule pour travailler et pour éduquer les enfants (les femmes représentant 43% des chefs de familles monoparentales) elles doivent mener une double vie très chargée.
Ainsi, elles ne peuvent garantir à leurs enfants un niveau de vie correct, une éducation complète et des moyens concrets pour avancer et permettre ainsi au pays un développement. Sans compter qu’avec autant de responsabilités, elles ne peuvent s’émanciper en tant que femmes…
Victimes de la crise économique et des difficultés que rencontre le milieu agricole, les Haïtiennes se tournent de plus en plus vers le secteur informel qui est souvent précaire et qui ne leur offrent aucune garantie. C’est pour cela que Tcheïta Vital rend hommage à ces femmes de courage sans qui l’économie haïtienne s’effondrerait complètement.
S.P
ALLER PLUS LOIN :
Pour en savoir plus sur la situation des femmes haitiennes dans leur pays :
Débout, femmes haitiennes !
L'émancipation économique des femmes Haitiennes.
L'image des Haitiennes dévalorisée par la Pub.
Tcheïta Vital
Tcheïta Vital est une jeune femme - mère de famille aussi - qui a dû tout abandonner pour s’installer en France. C’était il y a 4 ans. Cette journaliste d’aujourd’hui 35 ans reste soulagée d’avoir réussi à sauver sa peau. Même si l’exil est dur. Même si elle rêve de retrouver son pays Haïti, et d’y créer une radio. Llibre.
L’économie haïtienne est essentiellement agricole pourtant le milieu rural haïtien a toujours été négligé par les autorités. « Dans les milieux ruraux, les femmes travaillent dans les jardins et ce sont elles qui transportent au marché les produits des récoltes. Elles sont appelées "Madame Sara", du nom d’un oiseau qui picore au gré de son vol.
Les femmes occupent une place importante dans l'économie haïtienne. Le secteur primaire demeure axé principalement sur la production agricole qui demeure le secteur occupant plus que 50% des populations. Malgré une déféminisation de l’agriculture, les femmes sont présentes tant au niveau du processus de production qu’au niveau de la transformation et de la commercialisation. Aussi, la présence des femmes dans ce secteur est sous évaluée, sous valorisée, et de ce fait, est de plus en plus compromise.
Elles ont une rémunération inégale à celle des hommes pour un travail équivalent. En général, le revenu moyen des femmes est la moitié de celui des hommes. La féminisation de la pauvreté commence par cette inégalité et se renforce par l'inégalité d'opportunités dans les différents champs.
43% de foyers monoparentaux ont une femme à leur tête au niveau national. Au coeur des activités de commerce la femme haïtienne pallie les carences du père en s'occupant, souvent seule, de l'éducation des enfants. Ce taux est encore plus élevé en milieu urbain
Et quand le secteur agricole ne répond plus ces femmes de courage se tournent vers le secteur informel. Une économie précaire mais qui donne l’illusion de travailler et de gagner quelques gourdes (monnaie haïtienne 1 gourde équivaut à environ 0,02 centimes d’euros) dans la journée
Aujourd’hui, l’apport extérieur est la bouffée d’oxygène d’une économie bien mal en point. On pense bien sûr aux prêts consentis par les banques internationales, aux aides multiples mais surtout aux transferts d’argent de la diaspora qui permet à des milliers de familles de survivre et là encore on retrouve la femme haïtienne qui essaie de gérer au mieux l’argent envoyé par un parent en provenance des États-Unis ou du canada en l’investissant pour qu’il rapporte des bénéfices et faire face aux imprévus de la vie.
Ce sujet est plus qu'intéressant.. il est nécessaire et ne doit pas s'arrêter aux femmes hitiennes. L'Afrique se trouve dans la même situation.. et l'Asie?... La France sort tout juste d'une prise de conscience dans ce domaine. Je serais très contente de pouvoir échanger avec ces femmes , soit par courrier, soit par internet ( enfançais ou en anglais)
Je pense qu'avec ce qui s'y passe , elle auront besoin d'encore plus de courage .
Encore un pays où la parité n'a pas sa place!
oh comme dans beaucoup de pays.. la femme bosse beaucoup entre les champs et la maison : cuisine, enfants.. pour pas de reconnaissance.. grrr