130, c’est le nombre de meurtres commis en 2008 selon le Conseil citoyen pour la sécurité publique (CCSP) de Mexico. Parmi ces victimes, des femmes qui ont été assassinées selon un rituel très précis : enlèvement, torture, sévices sexuels, mutilations et strangulation.
Qui sont ces femmes ? Des étudiantes, des employées de maquiladoras, âgées de 13 à 25 ans. Elles avaient toutes un point commun : le jour de leur mort, elles marchaient toutes seules dans la rue. Depuis 17 ans, la peur règne à Ciudad Juarez.
Il semblerait que l’Etat mexicain ne mette pas tout en œuvre pour arrêter la série meurtrière. La population accuse la police de corruption. Les trafiquants de drogue qui errent dans la ville seraient en collaboration étroite avec les policiers et les politiques du pays.
Les proches des victimes tentent de se faire entendre, malgré les dangers de représailles, grâce à l’association NHRC (« Nuestras Hijas de Regreso a Casa », « Nos filles doivent rentrer à la maison »). L’objection de cette association est de rompre le silence sur la mort de ces femmes à Ciudad Juarez et de pousser le gouvernement à trouver les responsables des meurtres.
En savoir plus : Viols au Congo : la guerre silencieuse
Olivia Cattan, présidente de Paroles de Femmes
Liens utiles : Site internet d’Amnesty Internationale – Les femmes assassinées à Ciudad Juarez
Site internet d’Amnesty Internationale - Marisela Ortiz Rivera, menacée pour avoir dénoncé l’intolérable
Paola Orozco-Souël
Paola Orozco-Souël est une journaliste franco-colombienne collaboratrice au Monde Diplomatique. Spécialiste de l'Amérique latine, elle a travaillé pour la défense et la promotion des droits de l'homme dans la région. Actuellement, elle prépare un ouvrage sur le rôle et la place des femmes au sein du conflit colombien après une enquête réalisée dans le pays et publiée en février 2009. Elle oeuvre également pour la promotion et le développement des énergies renouvelables en France.
Partie de chasse entre amis à Ciudad Juarez
Ciudad Juarez est l’un des plus grands pôles humains de la frontière du Mexique et des Etats-Unis, le carrefour de l’économie mondialisée où l’industrie de sous-traitance transnationale exploite une main d’œuvre féminine bon marché. A l’heure de la mondialisation, les maquilas - usines qui fabriquent les vêtements pour les consommateurs d'Amérique du Nord - sont le deuxième symbole de Ciudad Juarez, ville identifiée d’abord pour détenir le record de criminalité de tout le pays. Classée en 2009 comme la ville la plus dangereuse du monde, elle l'est surtout pour les femmes qui, depuis 1993, sont assassinées selon le même scénario : enlèvement, torture, sévices sexuels, mutilations et strangulation. Près de 500 femmes âgées de 13 à 25 ans ont connu le même sort et plus de 600 autres sont toujours portées disparues (à mesure que les enquêtes s’intensifient, les corps retrouvés sont rares ). Un tel nombre de victimes, un tel acharnement, un tel sadisme, ne peut pas être l’œuvre d’un seul tueur en série. Il s'agirait aussi de sacrifices humains pour le tournage de films, d'assassins qui tuent pour s’amuser, d'un vaste trafic d’organes ou bien d’orgies perverses des narcotrafiquants. Une chose est évidente : le sang, la domination et le pouvoir marquent chacun des corps. Le racisme, la discrimination sociale et la haine contre les femmes, inciteraient chaque jour les criminels qui, issus d’une culture machiste et catholique, voient la femme comme une proie facile, comme une pécheresse qui doit être punie ou protégée... par un homme. Si les jeunes filles et les femmes travaillant dans les maquiladoras étaient leur cible, des étudiantes viennent désormais grossir les chiffres ainsi que toute femme se trouvant, seule, dans la rue.
Ni l’Etat mexicain ni les différents gouvernements n’ont arrêté la machine à exterminer les femmes. Ces féminicides, qu’ils soient des meurtres en série ou isolés, commis par un ou plusieurs individus, des gangs urbains ou des trafiquants de drogue, demeurent impunis en raison des liens existants entre le crime organisé, la politique et la police. En effet, intégrés politiquement, les narcotrafiquants sont protégés institutionnellement, récupérés économiquement et légitimés socialement. Un réseau de complicités se trouve ainsi au cœur de la question : les policiers protègent alors les assassins, accusent les innocents, menacent et éliminent les enquêteurs. Cette impunité, qui normalise la barbarie, sert d’aphrodisiaque aux assassins et contribue à l'émulation misogyne. Omerta et entraves institutionnelles confirment que les mafias mexicaines vivent au cœur de l’Etat. Le silence et l’indifférence qui englobent ce mystère criminel, font de Ciudad Juarez un lieu où la femme est un être qu’on peut frapper, violer et tuer à loisir.
c'est vraiment dingue comme situation on se croirait en plein film d'horreur heureusement que nous sommes en france!
je suis moi aussi scandalisée par de telles violences à l'encontre des femmes.
j'ai fait un peu de recherche aprés avoir lu cet article et c'est incroyable
triste de voir cela au 21 eme siecle!
Mais c'est horrible! Comment on peut laisser faire ça à l'heure actuelle? ce qui m'époustoufle le plus je pense c'est l'absence d'information à ce sujet! on n'en parle pas! Je suis hallucinée... et dépitée, je ne comprend pas
Il y à eu un film de réaliser sur ce sujet et de nombreux reportages, mais les choses ne changent pas. Quand la corruption prends le dessus !!!!
horrible la vie dans ces pays là mieux vaut rester chez soit
Eh oui c'est là le gros problème du Mexique, l'insécurité, inquiétante et très développée.
Cela doit etre horrible de vivre dans un pays ou l'on ne se sent pas en sécurité et en tant que femme ne même pas pouvoir se promener seul sans pré dre de risque
si tous les policiers sont de mèche avec ces ignobles tueur de femmes et de jeunes filles , pas facile de régler le problême !
Que fait le gouvernement Brésilien pour pallier à ces problèmes d'insécurité?
Dans ces pays là, la corruption sera toujours grandissante malheureusement. Ces pauvres femmes qui ont souffert avant de mourir paient la bêtise des gouvernants et les meurtriers en profitent.
la violence n est pas punie, la corruption est trop presente , et la folie des hommes est grandissante !