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Par   -  Publié le 2 novembre 2009
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Quand les femmes font bouger les religions

Les femmes et les religions ont une histoire d’amour compliquée. Elles représentent souvent la majorité des pratiquants, mais quand il s’agit de diriger les choses, elles sont quasi-inexistantes. Nous avons rencontré trois femmes qui, en devenant prêtre, rabbin, ou imam, officiellement ou non, font bouger les mœurs religieuses.

Les Françaises et la religion

Les  Françaises et la religion © Pascal Deloche/ Godong/ Photononstop

Selon un sondage CSA de décembre 2004, 73% des Français déclarent avoir une religion, et parmi eux, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à se déclarer croyantes (76,2% contre 69,4%).

L’appartenance religieuse augmente avec l’âge (84,5% pour les personnes âgées de 65 ans et plus 60,4% pour les 18-24 ans), elle diminue également avec le niveau de diplôme (78,8% pour les personnes non diplômées et 62,3% pour les diplômés de l’enseignement supérieur).


D’après les dernières études de l’Ifop menées en 2009, 55% des catholiques sont des femmes, 61% quand il s’agit de comptabiliser les catholiques pratiquants. Deux tiers des Français se déclarent catholiques en 2009.

Selon les statistiques de l’Eglise catholique, on compte aujourd’hui  33 600 religieuses apostoliques et 4 334 moniales. Les femmes représenteraient 15% du personnel du Vatican.

Une femme prêtre contre le plafond de vitrail

Une femme prêtre contre le plafond de vitrail

Dans la religion catholique, les femmes ne sont pas acceptées au rang de prêtre ou même de diacre. En 1994, le Pape Jean Paul II soulignait clairement que l’Eglise catholique « ne se considère pas autorisée à admettre les femmes à l’ordination sacerdotale. » L’année suivante, le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, apposait le sceau de l’infaillibilité papale sur cette décision contestée.

Mais c’était sans compter la détermination de quelques femmes, allemandes, autrichiennes ou françaises, membres de la Women Ordination Worldwide, qui, sans renier leur attachement et leur croyance profonde en l’Eglise, ont décidé de braver l’autorité du Saint-Siège pour affirmer leur droit de devenir prêtre, ou même évêque par la suite.
En juillet 2005, sur les berges de Lyon, Geneviève Beney, 60 ans aujourd’hui, diplômée de théologie et mariée à un protestant, a ainsi été « ordonnée » prêtre par trois femmes évêques, elles-mêmes excommuniées après avoir franchi le « plafond de vitrail » de l’Eglise quelques années plus tôt.

La condamnation cléricale n’a pas manqué de tomber sur les épaules de la première « femme prêtre »  de France, mais Geneviève Beney ne regrette rien. « J’ai connu peu de réactions négatives dans l’ensemble, pour le reste il est normal que ce soit difficile de faire évoluer les choses » dit-elle la voix sûre.
Son ministère non officiel est, comme elle le dit, « peu occupé », elle a officié au cours de baptêmes ou de communions… « mais globalement j’ai du temps » reconnaît-elle avec une certaine frustration.
Elle a pensé longtemps la prêtrise hors d’atteinte, n’osant même pas y réfléchir alors qu’elle étudiait la théologie dans des classes peuplées d’hommes à destination du séminaire. « Et pourtant je ressentais cet appel indicible, ce vœu informulé qui me donnait envie d’aller plus loin, de m’investir, de partager  mon expérience ».

C’est bien plus tard, à partir de 2002, au sein de l’association le Parvis que l’idée a fait son chemin. « J’avais souvent réfléchi à l’inégalité des hommes et des femmes face au responsabilités dans l’Eglise, et c’est en couplant ma foi à une forme de féminisme que je me suis décidée ».
Mais il ne s’agit pas de rentrer en conflit avec l’Eglise ou les hommes… de foi. Pour Geneviève Beney, il s’agit d’une « lutte » pour la démocratisation de l’Eglise, qui est « en retard sur tellement de sujets : les femmes, le préservatif, le célibat des prêtres, la place des laïcs… ». «  Il faut voir ce qui se passe autour de nous, c’est ça l’humanité », assure-t-elle.

Elle, qui s’est remise à l’anglais pour assurer les liens avec son réseau international, annonce les chiffres. « Dans notre groupe RCWP Roman Catholic Womenpriests ou Femmes prêtres dans l'Eglise catholique romaine, nous sommes aujourd’hui 90 femmes ordonnées, diacres et prêtres confondues, et une trentaine sont en formation. »
Des troupes minoritaires qui grandissent mais, pour l’instant, pas de schisme en vue au sein de la grande maison catholique.

« J’aime l’Eglise, je ne m’en irai pas, » conclut Geneviève Beney.

Photo : Ordination de Geneviève Beney

Femme rabbin et fière de l'être

Femme rabbin et fière de l'être © Pascal Deloche/ Godong/ Photononstop

A entendre Delphine Horvilleur, être femme et rabbin n’a rien de très surprenant. « La féminisation du rabbinat est une réalité depuis 40 ans, chez les Juifs libéraux, mais dans l’ensemble aussi. C’est devenu une normalité aux Etats-Unis, même si c’est encore jugé subversif en France. »

La première femme juive libérale a été ordonnée en 1935, à Berlin. Il a ensuite fallu attendre 1972, aux Etats-Unis, pour en voir une deuxième. Aujourd'hui, elles seraient 800 à travers le monde, dont 500 dans le mouvement libéral. La première en France fut Pauline Bebe, qui officie au centre communautaire Maayan, à Paris depuis 1990.

Le mouvement libéral est apparu en Allemagne vers 1846, suite à des réflexions sur l'adaptation des traditions juives dans le monde moderne. En France, il se concrétise par la création en 1907 de la première synagogue libérale, rue Copernic. Deux tendances caractérisent ce mouvement : libérale et massoreti - traditionaliste - plus proche des orthodoxes. Il prédomine aux Etats-Unis, en Angleterre et dans tous pays européens, sauf en France et en Israël où le judaïsme orthodoxe est majoritaire. Cette minorité libérale est motrice sur la question des femmes, leur donnant accès aux études et à la synagogue notamment. On peut aussi citer l’exemple de la bat-mitzvah, cérémonie pour l'officialisation de la majorité religieuse des filles, créée dès 1846 à Breslau (Pologne) par les rabbins pour affirmer la modernité, et faire pendant à la bar-mitzvah du garçon, existant depuis le XIe siècle.

Delphine Horvilleur n’est ainsi que la troisième femme à avoir obtenu son ordination de rabbin dans l’hexagone en décembre 2008. Titulaire d'une double maîtrise, en éducation juive et en littérature hébraïque, elle décide, il y a quelques années et alors qu’elle travaille comme journaliste pour France 2, de se consacrer à sa religion. Durant les études qui la préparent à cette nouvelle vocation, elle se marie et donne naissance à un enfant. « Mais en France la voie était semée d’embûches, des cours m’étaient refusés, j’ai dû partir aux Etats-Unis pour suivre une formation à la hauteur ».

Elle officie aujourd’hui  à Paris, au MJLF (Mouvement Juif Libéral de France), qui rassemble quelques 13 000 familles cotisantes. Elle revendique en partie sa spécificité : « je ne porte pas la kippa, mon châle de prière est féminin, je ne cherche pas à copier le rabbinat masculin et je crois que c’est important ».  En retour, une certaine harmonie s’installe entre elle et ses fidèles : « les gens retrouvent dans la synagogue ce qu’ils expérimentent tous les jours, à savoir la parité. »

Ce n’est pas toujours simple : « Certains me regardent plus qu’ils ne m’écoutent, cela leur paraît trop énorme ! D’autres veulent un rabbin barbu pour leur mariage, pour ne pas choquer, pour rester dans la norme… »
Selon Delphine Horvilleur, il faut questionner les codes, les apparences, les idoles, surtout religieuses. « C’est peut-être dû à mon passé de journaliste » dit-elle en souriant mais « je me conçois autant dans la fidélité aux textes sacrés, que dans la nécessité de travailler et d’interpréter ces textes, d’en faire surgir les multiples vérités »… L’essentiel étant d’éviter « les regards figés ».

Elle ne prétend pas que le rabbinat féminin doive être accepté par tous : « cela ne me dérange pas si les orthodoxes n’en veulent pas, la religion n’a pas la même fonction pour tous. Pour certains, c’est la perpétuation d’un monde et des ses traditions, pour d’autres c’est un miroir des hommes et de la société qui change ».
Elle complète avec clarté : « l’accès des femmes au rabbinat n’est pas le fruit d’une mode ou du féminisme, mais la réalisation d’un idéal prophétique d’égalité présent dans les textes. »
La place des femmes n’est peut-être qu’une question d’interprétation, au final.

Photo : Delphine Horvilleur

Femme imam… de troisième rang.

Femme imam… de troisième rang.

En octobre 2008, le conseil d’administration d’une mosquée belge a décidé de nommer une femme au statut d’imam. Houarria Fettah, 35 ans, mère de trois enfants, titulaire d'une licence en sciences sociales et théologie, se trouve désormais instituée à la tête de la communauté des croyants de Verviers en Belgique en tant qu’imam de troisième rang. Elle ne mènera pas la prière mais prêchera bel et bien.

Pour Michael Pivot, islamologue et membre du conseil d’administration de la mosquée Assahaba où travaillera Houarria dès sa prise de fonction qui se fait encore attendre, « c’est une première européenne non usurpée ».
Parmi les critères de sélection mis en avant pour ce poste, on pouvait trouver  la "promotion d’un islam réformiste en phase avec son contexte européen", la "volonté de s’engager avec la société belge et européenne dans son ensemble, sans tabou et toujours à la recherche de solutions proactives et inclusives", ou encore la maîtrise aussi bien du français que de l'arabe.
Mais les paradoxes sont nombreux dans le discours d’une femme qui à la fois prône « l’égalité entre hommes et femmes », mais aussi le voile obligatoire ou l’interdiction pour les filles de se baigner à la piscine. Elle souhaite renforcer l'éducation des femmes et mettre en valeur leur rôle social capital. Mais dans un pays qui interdit le port du foulard sur les lieux de travail et oblige les filles à pratiquer la natation au collège, elle affirme pourtant que la pratique religieuse n’est pas un frein à l’intégration des filles de l’Islam.

Etre une femme ne signifie pas autant céder aux valeurs contemporaines de la modernité. Mais il faudrait encore voir ce que Mme Fettah fera une fois en place. Bien que  sélectionnée officiellement, sa candidature est en suspens entre l’Exécutif des musulmans de Belgique et le Ministère, qui essayent de trouver un compromis sur la procédure à suivre pour son introduction officielle.

Il n'y a pas de verset dans le Coran interdisant à une femme d'être imam et de diriger la prière, pourtant les exemples sont encore durs à trouver.
C’est aux Etats-Unis et seulement en 2005 qu’une femme, Amina Wadud, professeur d’études islamiques à l’Université de Virginie, a dirigé pour la première fois la prière du vendredi. Afro-Américaine convertie dans les années 70,  figure majeure du féminisme musulman, Mme Wadud  fit sensation grâce à sa relecture féministe du Coran et son appel à un « jihad antisexiste parce que le temps est venu pour les musulmanes de revendiquer leurs droits. » 

En Italie Naïma Gohani, une femme d’origine marocaine, dirige une prière mixte dans la mosquée de Colle Val d’Elsa, près de Sienne, en Toscane. Au Maroc 50 femmes ont été nommées imams en avril 2006, mais elles n'ont pas le droit de diriger la prière.

Photo : Houarria Fettah

Les femmes à la conquête des religions?

Les femmes à la conquête des religions? © Pascal Deloche/ Godong/ Photononstop

Selon Florence Rochefort (1), historienne, spécialiste d'histoire des féminismes et des religions, « les exemples de femmes qui s’affirment à la tête des hiérarchies religieuses sont encore un témoignage exceptionnel », même si dans le cadre de pays développés comme la France, « les religions sont aussi nécessairement traversées par le mouvement d’émancipation des femmes. »

Mais selon Mme Rochefort, nous sommes loin d’assister à un phénomène nouveau. Depuis les temps les plus reculés, l’interrogation sur la place des femmes a perduré, avec des conséquences très importantes notamment au niveau du protestantisme qui s’est ouvert aux femmes au XIXème siècle tout en exerçant une grande influence sur les sociétés anglo-saxonnes.

Un certain constat de défaite semble affleurer. Dans les religions comme le catholicisme, l’islam ou le judaïsme, le rôle des femmes bien qu’essentiel reste globalement « informel ». Florence Rochefort ne peut s’empêcher de noter que « nous ne sommes pas dans un moment favorable aux mouvements progressistes », le climat est plutôt à la régression vers des formes de fondamentalismes, qui peuvent d’ailleurs être entretenues par des hommes comme par des femmes.

La sociologue définit au final la religion, en dehors de tout jugement de valeur, comme un « réservoir des formes élémentaires de la domination masculine », ce que, considérant les faits, on ne peut pas vraiment mettre en doute…

Joëlle Allouche-Benayoun, psychosociologue, et chercheuse à l’Université Parix XII, exprimait en février 2009 les paradoxes de la place des femmes dans la religion juive orthodoxe, à la fois glorifiée er reléguée à la sphère familiale, soumise depuis des siècles à un travail d’amenuisement de sa position. « Une pratique relativement récente de séparation totale des femmes de la vue des hommes dans le lieu de prière, la synagogue, traduit le durcissement religieux dont les femmes sont victimes. »

Talisma Nasreen, écrivaine bangladaise, figure du combat contre l’intégrisme religieux réfugiée en France déclarait en avril 2009 dans l’Humanité : « aucune religion ne prône l’égalité entre hommes et femmes… Ce sont bien les religions qui encouragent l’oppression des femmes, qui les empêchent de jouir des mêmes droits que les hommes. Elles pérennisent le système patriarcal, incompatible avec la liberté des femmes ».
Le climat est morose quand il s’agit de considérer la relation entre les femmes et la religion, d’autant plus que ce rapport est au cœur des questions sur la démocratisation possible des structures religieuses. 

(1) Florence Rochefort, chercheuse au CNRS, est spécialiste des études sur les femmes et le genre. Elle poursuit ses travaux sur l'histoire de l'émancipation des femmes en France et dans le monde. Elle est l'auteure chez Aubanel de l'ouvrage « Hier, les femmes », publié en 2007, et « Femmes du XXIème siècle », publié en 2009.
 

Le débat monte ?

Le débat monte ?

Des signes que le débat monte sont cependant tangibles.

Selon un sondage TNS Sofres paru le 17 juin 2006 dans le quotidien La Croix, les trois quarts des catholiques pratiquants se prononcent en faveur du mariage des prêtres, catholiques et non-catholiques se rejoignent à 80 % pour accuser le célibat comme cause principale du manque de vocations. Huit personnes sur dix sont favorables à l’ouverture de la prêtrise aux femmes. C’est deux fois plus qu’il y a vingt-cinq ans.

Christine Pedotti a fondé avec Anne Soupa le Comité de la Jupe il y a un an, à la suite de propos sexistes tenus par un archevêque.  A l’entendre, elle s’est retrouvée là presque « malgré elle » : « nous avons reçu tellement de témoignages, on ne pouvait plus reculer ! » dit-elle en riant, encore surprise de se découvrir « frondeuse » là où elle se croyait « bonne femme ordinaire », catholique centriste habituée au travail dans l’ombre des autels. Au delà de la dénonciation « du pain quotidien de la misogynie », le mouvement est destiné à lutter contre toutes les formes de discriminations au sein de l’Eglise.

« Beaucoup de chrétiens se sentent fatigués, résignés face à l’état de fait et à l’absence de discussions sur la place des femmes, des laïcs, du mariage... Mais le besoin de parler est énorme, c’est ce qui nous donne des raisons d’espérer que les choses peuvent évoluer ». Sur la question de l’ordination de femmes à la prêtrise, Christine Pedotti ne se déclare pas choquée, mais tempère : « Devenir prêtre pourquoi pas, mais commençons par donner le droit aux femmes d’apporter le matériel sacré à l’autel, ce sera déjà une étape ».
Le chemin est encore long.


Photo: Anne Soupa et Christine Pedotti

Voir aussi :  engagement    femmes    religion   
 

8 commentaires

Cybèle - 02/11/09 23:46
Dans l'idéal, la spiritualité est une affaire intime entre soi et quelque chose d'indéfinissable qu'on peut appeler l'Univers. Les religions, dogmatiques, ayant été créées par les hommes, je me demande pourquoi les femmes veulent investir ces champ-là même qu'elles devraient fuir afin de créer une autre façon de se relier à l'Univers. N'ont-elles aucun désir de fouler des chemins nouveaux ? Cette femme imam devrait jeter son voile au lieu de durcir le ton. Je ne vois pas beaucoup d'amour dans le fait de continuer un enfermement volontaire et d'en montrer l'exemple et l'obligation. Pourquoi pas une spiritualité qui tiendrait compte des Humain-es bien sûr, mais aussi des Animaux, de la Nature, de la Terre et de l'Univers... en fait, de tout ce qui existe, au lieu de tout séparer ? Pourquoi pas une spiritualité qui fêterait la Vie, l'Amour, la Joie, l'Abondance, la Fertilité ...?
jase - 06/11/09 10:09
exact:la religion catholique se transmet essentirellement de mere en fille. Cette religion comme d'autres a peut-etre ete trop rude dans ses commandements et amalgame religieux et legislatif en defaveur des femmes.INCONTESTABLE. Indissoluble egalement de l ,education et de l,instruction......Combat des ecoles normales....gare a nos filles/ excusez mon orthographe....clavier americain....gare aux fautes de conduite. conclusion;religion que ferai-je sans toi
leslie2613 - 04/02/10 14:26
il est vrai que le rôle des femmes dans la religion n'a jamais été très actif. il est de bon ton de voir des femmes s'investir ainsi dans leur conviction profonde afin de faire bouger les choses.
pussy01360 - 27/08/10 11:28
Les femmes prient beaucoup mais ne sont pas très actives ou plutôt, on ne leur laisse pas assez de place.
country33 - 24/10/11 09:02
Pourquoi les femmes ne seraient elles pas bien dans ces domaine slà, c'est nul de le penser.
franmic64 - Il y a 1 mois
Pourquoi les femmes s'investiraient elles dans un milieu où elles n'ont pas leur place?
country33 - Il y a 1 mois
Il y a autant de compétences chez les femmes , mais le souci elles ont souvent peur de s'engager car elles ont de grosses responsabilités avec les enfants c'est souvent ça qui les brident un peu.
dominique girau - Il y a 1 sem
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