Par
Marine Deffrennes
- Publié le 10 novembre 2009
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Après l’envoi de son CV à un recruteur, un maghrébin reçoit trois fois moins de réponses positives qu’un candidat lambda. La loi sur l’égalité des chances n’a pas porté ses fruits. Les très controversées politiques de quotas ou de statistiques ethniques finiront-elles par s’imposer en France ?
Des entreprises « monochromes »
D’après la Halde – Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité -, bien plus que le handicap, le sexe ou les convictions religieuses, le critère de l’origine représente 26% des réclamations dans le domaine de l’emploi*. Si les années 2000 ont vu naître une prise de conscience des enjeux de la diversité dans les entreprises, les bonnes résolutions n’ont pas suffi à changer les comportements. Le patronyme africain ou maghrébin, la couleur de la peau ou le pays d’origine constituent encore des fardeaux lourds à porter en France.
Depuis 2001, écarter une personne d’une procédure de recrutement en raison de son origine, de son appartenance à une ethnie, de son apparence physique ou de son patronyme est interdit par la loi. En 2004, la Halde est créée pour traiter les plaintes pour discrimination, avec le pouvoir de saisir la justice ; son activité a été multipliée par cinq depuis ses débuts. Un nouveau pas est franchi en 2006 avec la loi sur l’égalité des chances, qui met en place la sensibilisation et la formation des recruteurs contre les discriminations à l’embauche. Malgré tout le bilan est difficile à établir, « étant donné que nous n’avons pas de mesure globale et que les derniers chiffres en matière de diversité datent de 2006, on ne peut pas encore évaluer l’efficacité des mesures enclenchées» explique Jean-François Amadieu, sociologue et directeur de l’Observatoire des discriminations. On peut néanmoins s’étonner de la non-application d’une des mesures phare de la loi : la mise en place obligatoire du CV anonyme dans les entreprises de plus de 50 salariés. Le 3 novembre dernier, le commissaire à la diversité Yazid Sabeg a lancé une expérimentation du recrutement anonyme dans 50 entreprises. La généralisation de la méthode n’interviendra qu’après bilan de l’expérience, dans six mois.
Pour Carole da Silva, présidente de l’AFIP – Association pour favoriser l’intégration professionnelle-, la diversité a beau s’être « imposée depuis 2005 au cœur du débat public, la volonté des entreprises de lutter contre les discriminations doit être accompagnée de politiques publiques courageuses, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. » C’est dans ce contexte que la « discrimination positive » s’est imposée comme un remède possible aux inégalités, avec pour ses partisans, la référence anglo-saxonne en ligne de mire.
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Cybèle - le 12 novembre 2009 à 14h02 - Recommandé par 0 lecteur
laylay - le 12 novembre 2009 à 11h45 - Recommandé par 0 lecteur