Par
Marine Deffrennes
- Publié le 10 novembre 2009
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Après l’envoi de son CV à un recruteur, un maghrébin reçoit trois fois moins de réponses positives qu’un candidat lambda. La loi sur l’égalité des chances n’a pas porté ses fruits. Les très controversées politiques de quotas ou de statistiques ethniques finiront-elles par s’imposer en France ?
La méthode forte de l’oncle Sam
Il n’y a pourtant pas que les Etats-Unis qui aient osé les quotas. L’Afrique du Sud y a eu recours dans une logique de réparation après les années d’Apartheid. Mais en Occident, l’Amérique et la Grande Bretagne sont les seules à avoir développé il y a plus de quarante ans des politiques d’Affirmative Action, avec des résultats mitigés.
En 1991 un indicateur statistique est mis en place Outre-manche : la proportion de Noirs, de Blancs ou d’Asiatiques est directement mesurée lors de chaque recensement. La Commission pour l’Egalité Raciale (CRE) espérait ainsi évaluer avec précision l’intégration des minorités, et mettre en place un « pointage ethnique » dans la plupart des grandes entreprises du pays. La légitimité de ces statistiques est très vite remise en cause par les Britanniques eux-mêmes qui ne voient pas de répercussions dans le taux de chômage des Noirs par exemple. Les informations collectées n’ont apparemment pas servi à mettre en place les instruments d’une politique d’intégration sociale.
L’Amérique, sous l’impulsion du président Johnson puis de Richard Nixon, n’a pas hésité à faire suivre son recensement ethnique de mesures radicales : les statistiques ont servi de base pour lancer l’Affirmative Action (ancêtre de notre « discrimination positive ») dans les années 70. Les universités et entreprises de travaux publics sont encouragées à préférer le candidat Noir afin de représenter au mieux la variété de la population globale. Le « plan de Philadelphie » impose même des objectifs. Il n’y a pas de quotas, mais des indicateurs à respecter, pour un résultat identique. Pour Jean-François Amadieu cette politique a démontré ses failles en « profitant surtout aux milieux favorisés de la communauté noire, aggravant de fait les inégalités sociales pour les noirs comme pour les blancs défavorisés. » Le combat pour l’égalité ethnique aurait plombé celui pour l’égalité sociale. Fortement critiquée depuis les années 90, la discrimination positive a été interdite par la Cour Suprême dans les écoles et les universités. Dans les entreprises, elle est toujours autorisée mais associée à des facteurs socio-économiques et géographiques. Yazid Sabeg, commissaire à la diversité, considère que les Américains ont pu faire émerger une classe moyenne noire grâce à de telles mesures. Il admet néanmoins que l’exemple ne peut se traduire littéralement en France : « L’Affirmative action repose sur une conception particulière de la nation, comprise aux Etats-Unis comme un rassemblement de « many people », soit la diversité. Tandis que la France est « une et indivisible » »*.
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Cybèle - le 12 novembre 2009 à 14h02 - Recommandé par 0 lecteur
laylay - le 12 novembre 2009 à 11h45 - Recommandé par 0 lecteur