Par
Muriel Beyer
- Publié le 2 juillet 2010
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Le diable dévot, de Libar Fofana
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Le diable dévot
Dans l'incapacité pécuniaire d'effectuer un pèlerinage à La Mecque, l'imam Galouwa craint d'être remplacé par un jeune hadji qui convoite sa place et ses privilèges.
Un octogénaire lui propose le prix d'un billet d'avion en échange de sa fille Hèra, âgée de treize ans. Vendre la chair de sa chair au diable pour conserver sa religieuse fonction ? Ce marché horrible ne plonge pas du tout Galouwa dans les affres d'un choix impossible. Un imam doit-il tout accepter pour mériter d'Allah ? Que vaut une fille pour son père quand la passion et l'ambition religieuses s'en mêlent ? Et l'amour ne peut-il être alors qu'un rêve sur de la chair meurtrie ? Peut-il toucher à une diabolique rédemption ? Le diable dévot est un roman d'une rare et cruelle lucidité, une tranche de vie vraie coupée dans la peau d'une jeune fille pour la plus grande gloire de Dieu, diraient d'autres religieux dans une autre religion. Un déchirant sacrifice, une passion portée par une écriture cristalline à en émouvoir jusqu'à la pierre carrée de La Mecque.
L’auteur : Libar M. Fofana
Né en 1959 à Conakry, Libar M. Fofana s'enfuit à dix-sept ans de Guinée où son père, accusé de complot, croupit dans la célèbre prison du Camp Boira. Pour échapper à la haine portée aux Peuls, considérés comme étant des ennemis de la révolution marxiste, Libar Fofana gagne le Mali à pied, puis la Côte d'Ivoire. Après trois ans de petits boulots, il s'embarque pour la Suisse et suit une formation en génie électrique à l'Ecole d'Ingénieurs de Genève. En 1984, il arrive en France. Diplômé d'informatique à Aix-en-Provence, il travaille dix ans à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Marseille. La douleur, c’est elle aussi qui conduit Libar Fofana à l’écriture. C’est en effet en 1993, quand il perd une grande partie de son audition lors d’un concert, que commence son aventure littéraire. Il se consacre dès 2004 à l’écriture, date à laquelle il publie son premier roman, Le fils de l’arbre, suivit de N’Körö en 2005 et Le cri des feuilles qui meurent en 2007. Le diable dévot est son dernier roman.
Extrait :
« Il se mouilla deux doigts de salive et frotta la pointe de sa babouche. Ainsi courbé, il chercha à nouveau un moyen de sortir du dilemme dans lequel il se trouvait enfermé depuis trois semaines. Il se redressa lentement, puis reprit sa marche, voûté et pensif, les mains dans le dos. Il se demanda quelles avaient été les pensées d’Abraham, père d’Ismaël et d’Isaac, sans craindre de se comparer au patriarche biblique. Certes, lui-même passait pour un homme pieux, sage et érudit. Mais on prend souvent pour de la piété une simple habileté à égrener un chapelet, et pour de la sagesse ce qui n’est que postures et cheveux blancs. Or, vous le savez, sous les postures se cache parfois l’imposture. Quant à l’érudition, chacun la trouve chez qui il veut, de sorte qu’elle semble fort répandue. »
VOIR AUSSI :
Flaubert, Baudelaire : deux génies face à la justice

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- Il y a 2 min 




pourquoi pas! l'auteur parait intéréssant
Le parcours difficile de Libar Fofana et le sujet même de son livre me donne l'envie de découvrir tous ses écrits
une faute à corriger, désolée :" me donnent..."
J'ai vraiment envie de le lire
je ne sait pas si je le lirais !
ça m'interesse ... ça a l'air passionnant tout ça .