Par
Muriel Beyer
- Publié le 8 septembre 2009
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L’Inde en Héritage, d'Abha Dawesar
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Résumé
C’est sous les yeux d’un jeune observateur qu’Abha Dawesar choisit de nous plonger dans la société indienne.
De l’univers clos de l’unique pièce qu’il habite avec ses parents médecins à l’observation plus complète de New Delhi, ce petit garçon nous fait partager progressivement l’Inde qu’il découvre lui aussi.
Discret et assidu, il perçoit de mieux en mieux ce pays où la démocratie se délite, et à tous les niveaux. Les complots familiaux pour des questions d’héritage, le trafic d’organe, la malhonnêteté des politiques, la misère et la violence quotidienne l’entourent, sans oublier la télévision qui célèbre les puissants, occultant encore un peu plus la triste réalité.
La société dépeinte est une société rongée et atteinte si profondément que l’auteur choisit de raconter l’histoire à travers une voix extérieure, sans donner de véritables prénoms à ses personnages, comme pour montrer leur incapacité à faire face à la situation désastreuse.
Toutefois, l’auteur insiste sur le poids de la famille au moins autant que sur celui de la société, comme l’indique le titre original « Family values », conférant au roman toute sa puissance de best-seller.
traduit de l’anglais (Inde) par Laurence Videloup
320 pages | 20 €
Abha Dawesar
Née à New-Delhi en 1974, Abha Dawesar part très tôt étudier à New-York. Après des études de philosophie à Harvard, elle travaille dans une banque. Mais elle manque de fantaisie dans sa nouvelle vie et décide, pour s’évader, de se tourner vers l’écriture. Son premier roman Miniplanner, paru en 2004, est emprunt de la vie new-yorkaise et connait vite un grand succès. Ses romans suivants s’attachent à son pays d’origine, l’Inde, mais conserve une même orientation commune. Comme dans Babyi, les personnes sont souvent en quête sentimentale.
Parlant le français, Abha Dawesar a conquit le public français, notamment au salon du livre de 2007 mais aussi le public international. Reconnue comme l’égérie de la jeune génération indienne, son dernier roman, l’Inde en héritage, marque la rentrée littéraire, en dressant le portrait noir mais éblouissant de l’Inde.
Extrait
« La rencontre avec la future épouse doit se faire chez Grand-Père. Pour diverses raisons, la première, et non la moindre, étant que cela minimisera le rôle de Potiche, plus sur le devant de la scène chez elle. Noyée dans la troupe des frères et sœurs présents pour l’occasion, la femme de Paget paraîtra réservée et réfléchie plutôt qu’en dehors du coup et retardée.
L’autre raison, c’est que la maison de Grand-Père, malgré son allure étriquée, est bien située en ville, sur une parcelle en propriété libre par-dessus le marché. Si quelqu’un indique vaguement l’étage et dit qu’il est loué, la famille du mari s’imaginera que cette partie est bien plus grande qu’elle n’est en réalité et cela l’impressionnera. Même s’ils prétendent ne pas vouloir d’argent en échange de la main de la future et sont conscients que celle-ci n’aura aucun droit sur la fortune du vieil homme, nul doute qu’ils se laisseront aller à rêver au scénario improbable de la petite fille restée seule héritière des biens. Et se verront alors en futurs propriétaires fonciers libres, dans une maison valant un sacré paquet. L’atmosphère plaisante créée par cette rêverie inoffensive augmentera les chances d’accord matrimonial. »
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interéssant pour comprendre certainement le monde et la civilisation en Inde!
Rassurez moi, lorsque vous dites littérature balbutiante c'est à dire qu'elle est peu connu en France !?