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Par   -  Publié le 20 octobre 2010
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Andrea Sitter, la danse qui rit

Débarquée d’Allemagne il y a 30 ans, Andrea Sitter squatte les planches de la scène contemporaine parisienne. Formée à Munich, la danseuse chorégraphe puise dans l’expressionnisme allemand et l’héritage de Pina Bausch la folie nécessaire pour imposer son humour et ses textes. Portrait.

Andrea Sitter, la danse qui rit

Andrea Sitter, la danse qui rit © Christian Rausch

« La danse, c’est le mouvement du corps heureux » disait Nietzsche. Andrea Sitter semble lui donner raison. Ce sont pourtant des torsions, des cris et des râles qu’on entend aussi sur scène dans La cinquième position, le solo autobiographique d’Andrea Sitter. Douleur et légèreté, travail et dérision, la carrière de cette franco-allemande réconcilie les contraires. « J’ai commencé la danse à cinq ans, j’ai demandé à mes parents de m’inscrire après avoir vu un spectacle qui m’avait touchée», raconte-t-elle. Jusqu’à ses 22 ans, elle danse et savoure sans sourciller ; les sacrifices et la discipline de l’Académie de Munich font partie du jeu. Andrea, blonde élancée aux yeux bleus, sérieuse et romantique, se sent faite pour cet univers.

(crédit photo : Christian Rausch)

De la ballerine à l’artiste performeuse

De la ballerine à l’artiste performeuse

Tout bascule en 1980. Partie pour un an à Paris, elle rencontre Joseph Russillo et sa compagnie néo-classique, c’est le coup de foudre. La jeune Allemande découvre le potentiel de la danse contemporaine, la légèreté d’un saut pieds nus après la douleur des pointes. «En classique, si une pirouette est ratée, on le voit au centimètre près. En contemporain, malgré une technique rigoureuse, on a droit à l’imperfection, on peut chuter, et on s’exprime ! » Elle ne reprendra jamais le train, la France et les sommités de la création contemporaine lui ouvrent les bras : Carolyn Carlson, Anne-Marie Reynaud, Jean-François Duroure, Dominique Mercy, François Verret… Andrea Sitter mène sa carrière librement, et butine au gré des chorégraphes et des commandes. En 2005, elle monte sa compagnie « Die Donau », puis crée les soli qui la feront remarquer, déroutants jusque dans leurs titres : La Reine s’ennuie ; U.I.A.R, Une Intense Action Restructurante ; Qu’un acte... « Une main danse, une main parle, et au milieu c’est moi qui dirige », l’artiste cultive le mélange des genres : sur scène elle concilie geste et parole, français et allemand, dans des créations intenses et décalées, entre noirceur et jubilation.  

Danser sa vie

Danser sa vie

Quand on lui demande de créer un solo qui évoque sa carrière, elle a peur de se prendre au sérieux et choisit l’humour pour danser sa vie, « je ne veux pas tomber dans l’overdose de moi-même, La cinquième position doit se lire comme un hommage aux chorégraphes qui m’ont faite avancer. » La voilà donc en train de roucouler sur scène avec de l’eau dans la bouche, de jouer à l’oiseau sur sa branche sur des pépiements enregistrés ou de moquer gentiment la danse classique avec une couronne de fleurs sur la tête et une chanson de son adolescence – Without you de Harry Nilson.

Mais par cette énergie un peu folle qu’elle dégage, c’est surtout à Pina Bausch qu’elle souhaite rendre hommage, à un peu plus d’un an de sa disparition, et alors que le film hommage Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch sort dans les salles. Pionnière d’une danse qui emprunte beaucoup au théâtre, la célèbre compatriote lui communique son « regard sur l’humain », « Lorsqu’elle regardait un danseur, Pina ne se demandait pas « comment » il dansait », mais qu’est-ce qu’il dansait », se souvient Andrea.

Tout en continuant à jouer son répertoire en France et en Pologne –Paris, Calvi, Nîmes, Orléans, Varsovie, Poznan, sont au programme-, Andrea Sitter montera Etcetera au Théâtre Chaillot au mois de mars avec le Ballet de Lorraine, juste après Rock’n roll suicide à découvrir au Centre Chorégraphique National d’Orléans en décembre. Une tragédie librement inspirée de la pièce de Cocteau, La Voix humaine, où l’on ne manquera pas de trouver des ressorts comiques, la signature d’Andrea Sitter.

 

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6 commentaires

lorenzo070604 - 23/10/10 18:39
c'est beau la danse !!!
country33 - 13/12/10 08:28
Dire que ma grande soeur a fait de la danse , c'est superbe ..
omaha - 31/01/11 09:21
Cela ne m’étonne pas que l’on fasse le rapprochement entre danse et « joie de vivre ». Danser, se mouvoir, se fait par plaisir et non par obligation
omaha - 31/01/11 09:22
bientot sort un film avec nathalie portman et vincent cassel sur le monde du ballet
jonaude - 31/01/11 09:25
La danse est une dorme d’expression. Mais je n'aime pas toutes les danses.
linelu7 - Il y a 1 mois
j'aimerais bien voir comment une danse rit. ce doit être libérateur pour tout le monde . . . .. . . ... . .. . .. . . . . .. .

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