Par
Marine Deffrennes
- Publié le 30 novembre 2010
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Marrakech : Terre promise des jeunes talents du cinéma
Marrakech : Terre promise des jeunes talents du cinéma
22 filles et 22 garçons pour la promotion 2009/2010 : on n’a jamais vu parité plus exemplaire. Ca se passe à Marrakech, à l’Ecole supérieure des arts visuels (ESAV). Née en 2005 de la passion d’un Français – Vincent Melilli- et de la générosité de mécènes suisses – la Fondation Dar Bellarj-, l’école a vu sa première promotion s’envoler vers les plateaux de tournage, cinéma ou télévision, tous ont trouvé du travail. Déléguée générale de l’association Cinéma pour tous, forte d’une longue carrière dans les arcanes du cinéma, et attachée à l’idée que le 7ème art fait tomber les cloisons culturelles les plus étanches, Brigitte Aknin n’a pas hésité à rejoindre l’aventure ESAV Marrakech.
Une école de la diversité en Afrique
Chargée d’organiser les concours, avec une logistique à faire pâlir les correcteurs du Bac, Brigitte Aknin incarne à elle seule l’ambition multiculturelle de l’école : « Notre but est de créer un réseau international, nous avons commencé par ouvrir le concours à d’autres pays du Maghreb et à l’Afrique Sub-saharienne. » Les épreuves ont lieu à Marrakech et en simultané au Liban, à Madagascar, Alger, Bamako, Dakar, Lomé, Tananarive, Conakry… L’examen oral, impossible à centraliser, se fait par Skype, « notre mission est de repérer les désirs et les talents, où qu’ils se trouvent et quelle que soit leur situation. »
Avec 57 % de boursiers l’école montre en effet sa bonne volonté, l’examen ouvert à tous ne prend en compte que les critères artistiques. La deuxième mission de Brigitte Aknin consiste ainsi à financer ces bourses : elle fait le tour du monde à la recherche de donateurs. Particuliers, fondations d’entreprises, institutions, la combine fonctionne depuis 5 ans, mais le défi est permanent. « Les élèves de notre école viennent de milieux très divers, de la classe moyenne marocaine à des familles très pauvres du Cameroun. Certains n’ont pas de quoi acheter un sandwich, je dois parfois leur trouver des bourses de vie », raconte Brigitte Aknin.
Les Marocaines s’attaquent aux territoires masculins
La mixité culturelle, valeur fondatrice de l’ESAV trouve toute sa complexité et sa richesse dans la parité, effective depuis la première année : « Les candidats d’Afrique Sub-saharienne restent majoritairement masculins, parce que le déménagement est plus difficile à concevoir pour les filles de ces pays. En revanche nous avons été surpris par la parité de la demande au Maroc. Les Marocaines sont très demandeuses de ce type de formation, et s’orientent vers les métiers les plus techniques, territoires apriori masculins, comme si elles voulaient prendre une revanche. » Ces jeunes filles n’obtiennent pas toujours l’aval de leurs parents, elles s’en passent, bien décidées à produire, elles aussi, des images de leur pays, si possible débarrassées des clichés sexistes. Point de revendications féministes pourtant chez ces apprentis « caméra-women », monteuses ou réalisatrices : « le côté « regard de femmes » ne les inspire pas vraiment, être dans l’action leur suffit pour se faire respecter », explique Brigitte Aknin. Les débats fréquents sur les rapports hommes/femmes, qui s’imposent naturellement dans les exercices, ne devraient pas perdre en vigueur avec l’arrivée d’étudiants du Nord de la Méditerranée.
Quand le Nord viendra se former dans le Sud
Une école d’excellence au Maghreb, reconnue par les grands établissements internationaux - Londres, Genève, Bruxelles, Toulouse-, ne pouvait manquer l’occasion d’inverser la tendance qui veut que les étudiants du Sud viennent se former au Nord : « Nous accueillons des professeurs du monde entier, il faut que la diversité prenne de tous les côtés. » Depuis juin 2010, l’école ouvre ses portes aux candidats français et belges. Largement soutenue par l’état marocain, l’ESAV a frappé fort, avec ses équipements high-tech et son architecture prestigieuse, pour combattre les préjugés qui touchent les formations du Sud. Parce qu’en filigrane c’est bien une volonté politique qui appelle de ses vœux l’émergence d’une industrie audiovisuelle locale. L’ouverture, en 2005, des studios CLA de Ouarzazate, à la carrure hollywoodienne, en sont la preuve vivante. « L’ESAV permet de former du personnel Marocain qualifié pour des postes de chefs, une main d’œuvre qui manquait cruellement sur le territoire, » note Brigitte Aknin. Depuis toujours terre d’accueil de prestigieuses productions, de « Lawrence d’Arabie » à « Astérix et Obélix » ou « Gladiator », le Maroc n’a pas fini de faire son cinéma…
Le site de l’ESAV
Pour rejoindre le cercle de donateurs de l’ESAV :
Contacter Brigitte Aknin, briigitte.aknin@esavmarrakech.com
Pour être candidat au concours de l’ESAV : contact@esavmarrakech.com
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Quel beau pays , il est temps que certaines mentalités changent et qu'ils s'ouvrent sur le monde .
J'espère que maintenant tous ces jeunes talents pourront davantage réaliser des productions et avoir plus de droits, certains films sont sublimes.