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La rédaction
- Publié le 20 juillet 2010
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Festival d'Avignon : Les femmes crient leurs souffrances
Femmes à l’honneur sur les planches
Est-ce un hasard ou une véritable volonté de rebondir sur les faits d'actualité, toujours est-il que cette année, le thème de la situation de la femme dans le monde a trouvé une place prépondérante dans le Festival Off d'Avignon. Les salles sont combles, le public et les critiques applaudissent à tout rompre.
Un succès plutôt attendu pour Les Monologues voilés d'Adelheid Roosen, qui après Amsterdam, Berlin, New York, Ankara et Boston, remportent un nouveau triomphe dès la création du spectacle en langue française au Théâtre de Poche de Bruxelles, en janvier 2008. Depuis, Les Monologues voilés ont été joués plus de 180 fois, à guichets fermés en Belgique, ainsi qu'à Paris. Et après le Festival d'Avignon, ce texte drôle et poétique pourrait bien faire, à nouveau, un petit tour dans la capitale française.
Femmes passées sous silence est une création. Pour ceux qui ne parlent pas le théâtreux, une création, c'est une pièce présentée pour la première fois à un public. Le risque était donc grand pour le metteur en scène François Bourcier. Mais, là encore, le succès est au rendez-vous, malgré quelques réticences sur la violence de certaines scènes. Prenons, par exemple, le tableau sur l'excision. Une jeune femme, recouverte d'une bâche en plastique blanc, se fait exciser devant nos yeux. Après une heure et demi de spectacle, le public n'est plus le même, c'est certain. Après la cité des papes, Femmes passées sous silence s'installera à Paris, à la rentrée.
Photo: Les comédiennes des Monologues voilés
crédit photo: Jessica Dorkel
Femmes passées sous silence
« Aujourd'hui, les propos de la pièce font sens. Nous utilisons le théâtre comme moyen de réflexion », explique Caroline Filipek, comédienne. Enfermées depuis des années dans un mutisme forcé, les femmes prennent enfin la parole. Et parce que ces cris sont face à nous, sans l'intermédiaire d'une caméra, d'un écran, ils s'imposent à nous, nous touchent, nous rendent coupables. Coupables de ne pas y penser, coupables de pouvoir se dire « mais ça existe ! ».
Car Femmes passées sous silence, c'est un recueil de témoignages écrit par un collectif d'auteurs, à l'initiative du metteur en scène, François Bourcier, et interprété par Flavie Avargues, Vanessa Bettane et Caroline Filipek. Certains textes sont basés sur des faits réels provenant de rapports officiels de l'ONG (Organisation non gouvernementale) Amnesty International. Le résultat est poignant. Mais attention, il ne s'agit pas de souffrir avec ces femmes. « Nous n'avons pas le droit de les penser victimes. On n’est pas là pour pleurer. Notre travail est de montrer au public que ces drames existent », lance Flavie Avargues.
Malgré tout, l'authenticité de ces témoignages, ne peut laisser de glace : « Même si nous essayons de mettre une distance, il y a forcément des moments où on craque, car ce qu'on vit sur scène, on finit par le ressentir », continue Vanessa Bettane. Une phrase a retenu notre attention : « Une femme libre, ça fait peur.» La femme libre fait peur, mais pourquoi ? Une femme qui assume d'être une femme, est-elle dangereuse pour l'homme, pour la société ? « Mais qu'est-ce que la liberté pour une femme, pour une mère ? Et, est-ce que la liberté sous-entend la révolte ? La femme doit-elle être armée ou désarmée ? » s'interroge Flavie Avargues.
Photo: Les comédiennes de Femmes passées sous silence
Crédit photo: Jessica Dorkel
Les Monologues voilés
Autre sujet d'actualité, autre pièce, Les Monologues voilés. Douze monologues d'une rare intensité lors desquels Hassiba Halabi, Jamila Drissi, Morgiane El Boubsi et Hoonaz Ghojallu, les quatre comédiennes arabo-belges, nous racontent avec humour et émotion, les rituels, les joies, les désirs, les chagrins, les orgasmes, les pressions familiales, culturelles, vécues par ces femmes musulmanes aux prises avec leur culture d'origine et la confrontation avec l'Occident.
« Le titre est une fausse piste, la pièce ne parle pas que de la femme voilée », explique Morgiane El Boubsi, « en fait, Adelheid Roosen – l'auteure et metteuse en scène – a voulu enlever son voile sur le sujet de la femme musulmane », raconte Jamila Drissi. Et si la pièce a un message à faire passer, c'est bien celui de lever les tabous en France. Car, là encore, le texte parfois crû mais jamais vulgaire, est basé sur des témoignages réels recueillis par l'auteure auprès d'une centaine de femmes marocaines, turques, égyptiennes ou somaliennes, âgées de 17 à 85 ans. « Nous vous menons à la rencontre des femmes musulmanes car, c'est un fait, les Français ont un problème de méconnaissance en ce qui concerne l'islam », lance Hoonaz Ghojallu. A découvrir.
crédit photo: Jessica Dorkel
Femmes passées sous silence de François Bourcier, avec Flavie Avargues, Vanessa Bettane et Caroline Filipek, jusqu'au 30 juillet, à 13h30, au théâtre du Chêne noir – 8 bis, rue Sainte Catherine – 84 000 Avignon, réservation au 04 90 82 40 57.
Les Monologues Voilés d'Adelheid Roosen, avec Hassiba Halabi, Jamila Drissi, Morgiane El Boubsi et Hoonaz Ghojallu, jusqu'au 31 juillet, à 18h15, à la Chapelle du verbe incarné – 21G rue des Lices – 84 000 Avignon, réservation au 04 90 14 07 49.
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C'est un très bel exemple pour les femmes, il faut avoir le courage de sortir de sa situation et de crier haut et fort ce qui ne va pas. Bravo Mesdames.
J'ai déjà entendu parler des "monologues voilés". J'espère que ces pièces vont tourner en province pour que nous ayons la chance de les découvrir. Bravo aux femmes qui luttent, il faut les soutenir
je ne connaissais pas c'est vriament bien
supers articles de ces femmes qui ont le courage de lutter...Merci Terra :)
Je ne connaissais pas non plus, je trouve cela super.
Continuez Mesdames ,c'est parfaitement bien .