L’histoire de la mode contemporaine : années 70 & 80
Rétrospectivement vôtre
© Luc Boegly
Si la mode m’était contée, ce serait par le défilé. Aux Arts décoratifs, la présentation des collections se fait pourtant de manière statique. Des images qui défilent sur des écrans côtoient les pièces uniques des collections les plus emblématiques des grands noms de la haute couture parmi lesquels Madame Grès, Chantal Thomass, Yves Saint-Laurent, Kenzo, Balenciaga… De saison en saison et au fil des créations, si l’on remarque les changements stylistiques et la « patte » audacieuse de chacun des couturiers, on se surprend aussi à rêver. Rêver de pouvoir revêtir chacune de ses pièces (il y en 150) des plus élégantes aux plus originales. Deux étages nous précipitent dans l’univers fascinant des défilés et des créations version « haute couture » des années 70 et 80.
Années 70 : simples et élégantes
© Luc Boegly
L’exposition commence par tordre le cou aux a priori en matière de mode. Vous pensiez trouver « pattes d’éph » et imprimés psychédéliques hauts en couleur à l’étage dédié aux années 70 ? Que nenni ! Place à l’élégance et aux silhouettes ultrasophistiquées à l’image de la collection d’Yves Saint-Laurent, créée en 1971, qui sera déterminante pour l’avenir de la mode et l’avènement du prêt-à-porter. La part belle est faite à la modernité, à la simplification des styles, aux lignes douces et épurées. On retiendra de ces années charnières, la volée en éclat des principes de la haute couture traditionnelle et l’apparition de « créateurs-industriels » qui incarneront le style et les tendances de l’époque.
Années 80 : la mode est dans la rue
© Luc Boegly
La première pièce, un pourpoint de velours blanc assorti d’un tutu parsemé de strass signé Thierry Mugler donne le ton. « Le dernier chant du signe ou cygne ?». C’est ainsi que Popy Moreni, créatrice de mode italienne, qualifiera cette période faste et riche en créativité. Car à l’époque, tous les acteurs du monde de la mode savaient que cela ne durerait pas. Le commissaire de la rétrospective, Olivier Saillard, s’arrête pour nous quelques instants sur la décennie 80, l’époque où s’affirme toute une palette d’individualités artistiques. « Sous l’impulsion de japonais comme Yohji Yamamoto ou Issey Miyake, qui vont remettre en cause la garde-robe occidentale, la mode ne continuera plus à créer de la même manière. La créativité est à son paroxysme car les maisons de haute couture ne sont pas encore dépendantes des grands groupes de luxe. L’ambition démocratique des créateurs remporte alors un très large succès », explique Olivier Saillard. Et quand le stylisme rencontre la rue, la mode revêt une toute nouvelle fonction, celle d’appartenance à un groupe. La silhouette emblématique de cette décennie ? « La power woman portant une taille marquée et des épaulettes. Elle est l’icône de la femme de l’époque qui joue des coudes pour pouvoir s’affirmer ».
20 ans de collections sont ainsi passés au crible. Il faudra attendre le 25 novembre pour plonger dans le volume 2 qui consacre les années 90 et 2000. Les amoureux de la mode pourront en attendant retrouver cette « histoire idéale » dans le livre d’Olivier Saillard paru à l’automne dernier.
INFOS PRATIQUES :
L'exposition: volume1 années 70 & 80 jusqu’au 10 octobre
au Musée des arts décoratifs,
107, rue de Rivoli, Paris,
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h, le jeudi jusqu’à 21h
Le livre d'Olivier Saillard
Histoire idéale de la mode contemporaine, les plus beaux défilés de 1970 à nos jours, Olivier Saillard, coédition Textuel/Les Arts Décoratifs, 42,75 €

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Ca ne doit pas être mal à voir ceci , ça m'intéresserait de regarder la mode au travers des époques .
Vraiment j'accroche pas avec cette époque de la mode mais bon chacun ces goûts !