Sleeping beauty, un plongeon dans une prostitution étudiante
Ce film n’est en rien érotique, mais froid et lucide. Il peint des personnages à la dérive, ces hommes vieux, abimés, engagés dans une sexualité triste, ratée, usée. Cette fille, très belle, n’attache pas d’importance à son corps. Elle se débrouille soit pour draguer des hommes plus âgés qu’elle, soit se laisse embarquer dans cette prostitution glauque dont elle devient de plus en plus dépendante financièrement.
Très bien filmé, "Sleeping Beauty" est le reflet d’une partie de la société actuelle. Il décrit ce triptyque d’une prostitution banalisée : des clients cyniques tournés sur la satisfaction d’un plaisir individuel, des prostituées pour lesquelles leur corps perd de son importance, souvent par contrainte financière, qui s’installent dans cette situation, enfin les intermédiaires, organisateurs du bon déroulement de cette activité.
Les médecins et acteurs sociaux côtoyant la prostitution y retrouveront les principaux ingrédients. D’un coté, une étudiante sans argent, seule, issue d’un milieu familial fragile qui ne s'en tire pas. Des petites annonces dans la fac dans lesquelles on propose un job de serveuse qui débouche progressivement sur autre chose. Une accoutumance puis une dépendance à cette situation qui s’installe. D’un autre coté, des hommes âgés et riches qui recherchent beaucoup sans y parvenir à travers ces rapports sexuels, un désir de toucher un corps, un désir de puissance, ou un désir de jeunesse.
Le million de clients réguliers de la prostitution en France est-il si différent de ces personnages caricaturés à l’extrême par Julia Leigh ? Eloge de la beauté et violence du regard, du vocabulaire ou des gestes, argent qui manque puis qui file entre les doigts, absurdité et impasse de cette dérive, tout est dit sur la prostitution. C’est une des forces du film. Il lève aussi le rideau sur la réalité de 5 ou 10 000 étudiantes en France (1), chiffre en croissance, entrainées dans cette spirale infernale. Si le film est dur, c’est qu’il ouvre les regards sur une réalité qui l’est encore plus.
« Mon espoir est que le film permette au public d’utiliser son imagination, de projeter ses secrets.» déclare Julia Leigh. Le pari est réussi pour "Sleeping Beauty".
Source (1) : www toutnestpasavendre.blog.lemonde.fr
VOIR AUSSI
The Hobbit, la nouvelle saga de Tolkien en vidéo
Adaptation télé du film L'Agence, sorti en mars 2011
Jean Dujardin à l'affiche de "The Artist" demain en salle - Vidéo

8
-






Montrer ce phénomène, n'est-ce pas finalement un peu du voyeurisme? N'y a-t-il pas d'autres moyens moins choquants?
Je trouve ça pas très beau et cinsèrement je ne regarderais pas ça alors non merci mais pas pour moi.
Je suis choquée de lire cela, et en prime... je n'irais pas voir ce film. C'est trop ecoeurant de lire que "ces hommes vieux, abimés, engagés dans une sexualité triste, ratée, usée" et leur donner une excuse pour abusé de la jeune fille qui a besoin d'argent pour vivre. Il est vrai que sinon elle serait peut etre violée ?? soulagement de conscience car c'est payé ??? pathetique.
C'est la triste réalité de pas mal de personnes malheureusement, qui pensent que de vendre ses charmes est aussi facile. Mais de se débarasser de ces choses là ne doit pas être évident. Sujet interessant.
une façon pour ses filles de gagner de l'argent facilement si l'on peut dire car le traumatisme doit rester grand et ses hommes de se sentir ô combien tout puissant envers une femme
Et bien, personnellement je ne suis pas trop fan de ce genre de sujets, mais bon c'est vrai que ce genre de sujets est quand même intéressant !
On a entendu parler que des propriétaires usaient de ces manières là pour se faire payer les loyers pas honorés. C'est franchement dégueulasse et répugnant.
c'est dégeulasse de profiter des atouts de ces jeunes étudiantes qui se sentent coincées
ah, et bien cela m'a l'air assez déprimant comme film. ce n'est pas exactement ce que j'ai envie d'aller voir au cinéma . . . . . . ..
Je n'ai pas du tout envie de voir ce qui se colle à la réalité, quelle tristesse!
il n'y a rien de plus déprimant que des relations sexuelles sans amour et surtout sans plaisir, dans ce cas là . . . . .. . . .. . . .. .
Le ^pire dans tout çàa c'est que ça commence par un boulot de serveuse parfois même mal payé qui débouche progressivement sur autre chose et c'est ça aussi qu'il faudrait arrêter en punissant sévèrement les protagonistes...