Recrutement en ligne : l'interview de Pierre Cannet, chasseur de têtes

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Publié le 15 février 2012

Pour sa première vague en 2012, et alors que le chômage est au cœur des préoccupations des Français à quelques mois de l'élection présidentielle, l'Observatoire Orange-Terrafemina fait le point sur le marché numérique du recrutement. Pierre Cannet, dirigeant du cabinet RH Blue-search Conseil, répond à nos questions.


Pierre CANNET
a créé Blue-search Conseil, cabinet RH dédié au monde du e-commerce, des nouveaux médias et des nouvelles technologies. Il recrute avec son équipe pour les pure players et accompagne les grands groupes internationaux dans la digitalisation de leurs organisations et de leurs équipes. Il est cofondateur et délégué général du Club des DRH du Net.

Terrafemina : Plus de 2 Français sur 3 utilisent Internet pour gérer leur carrière, selon le sondage réalisé par l’institut CSA pour l’Observatoire Orange-Terrafemina sur les révolutions numériques. Que pensez-vous de ce résultat ?

Pierre Cannet : Ce chiffre paraît logique pour l’ensemble de la population française. Sur la population des cadres, je pense qu’on avoisine plutôt les trois quarts. Internet est devenu le passage obligé de tous les cadres ou quasiment. Aujourd’hui, on a le réflexe d’aller chercher un emploi sur Internet plutôt que de lire les petites annonces dans le journal !

Tf : 1 Français sur 2 estime qu’Internet facilite la recherche d’emploi. C’est un chiffre encore faible selon vous ?

P.C. : Oui, je me serais attendu à un peu plus. L’une des explications est qu’Internet ouvre tant le champ des possibilités de contacts que cela complique le travail des candidats et des entreprises. Faut-il être présent sur toutes les candidathèques, sur tous les réseaux sociaux, se référencer partout ? Notre mission en tant que recruteur professionnel est de conseiller les entreprises et aussi parfois les cadres dans leurs démarches et leurs projets. Cela dit, Internet a permis des gains de transparence et de réactivité. Pour les chasseurs de tête, le web permet des points de contact beaucoup plus nombreux. Avant, il y avait seulement 2 possibilités : la « pêche à la ligne » (les petites annonces) ou la pêche sous-marine (la chasse de tête). Grâce à Internet il y a désormais la possibilité d’action intermédiaire en accédant à des profils en ligne de salariés.

Tf : Premier outil utilisé par les internautes, le site de Pôle emploi, où 73% des Français ont déjà consulté une offre. En deuxième position viennent les sites d’emploi spécialisés. En revanche, seule 1 personne sur 10 déclare être inscrite sur un réseau social professionnel. Qu’en pensez-vous ?

P.C. : Cela correspond aux différentes générations de sites : Pôle emploi est arrivé en premier, ainsi que les grands jobboards. Les réseaux sociaux sont puissants mais ils ne sont pas encore entrés dans les mœurs pour trouver un emploi. Il convient cependant de nuancer en fonction des catégories de population. Par exemple, dans mon cabinet qui a un positionnement digital, 40% des cadres ont un compte sur un réseau social professionnel.

Tf : L’utilisation de Twitter reste anecdotique. Quid de Facebook et Google + ?

P.C. : Facebook est à équidistance entre les sphères professionnelle et personnelle. Il m’est déjà arrivé de faire passer des messages sur Facebook avec des codes différents que sur Viadeo ou Linkedin, c’était plutôt du second degré. Twitter de son côté n’est pas un mode de contact mais un outil pour faire passer des infos ou des annonces. Quant à Google +, je ne l’ai pas encore testé.

Tf : En tant que chasseur de têtes, quels outils utilisez-vous ?

P.C. : Auparavant lorsqu’il n’y avait ni ligne directe ni portable, c’était à la fois plus simple et plus compliqué, on se posait moins de questions. Aujourd’hui, nous utilisons un maximum d’outils sans se disperser, et nous pondérons en fonction des missions qui nous sont confiées. Entre le culte du modernisme, et le conservatisme indécrottable, je privilégie  le « test and learn » et je vois ce qui fonctionne le mieux de façon pragmatique.

Tf : Comment évolue le marché du recrutement en ligne ?

P.C. : Il y a une vraie concentration autour de gros groupes qui se structurent. Entre Monster, Cadremploi, l’APEC, l’environnement est plus simple qu’il y a 5 ans. Le marché se caractérise plutôt par un « combat » entre toutes les nouvelles solutions, les plus grands réseaux sociaux et les jobboards. Cela donne plusieurs possibilités aux entreprises comme aux salariés, mais ne remplacera pas les cabinets de recrutement. Certes, notre rôle d’apporteur de CV est moins important qu’avant mais notre rôle de conseil tout au long de la filière de recrutement reste majeur.

 

Les résultats de l’Observatoire Orange Terrafemina sur le recrutement en ligne :
Les résultats complets de l'Observatoire Orange-Terrafemina
L’étude qualitative par l’Institut Treize articles WebLab

 

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1 commentaire

country33 - 19/06/12 07:35
De plus en plus de grosses entreprises font appel pour leur recrutement à ce genre de personnes car maintenant ils recherchent et ciblent des ouvriers précis.

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