Social TV : un tiers de Français déjà adepte de télé augmentée

Social TV : un tiers de Français déjà adepte de télé augmentée
Social TV : un tiers de Français déjà adepte de télé augmentée
La télévision est le sujet de conversation favori des Français : 80% débriefent sur les programmes qu’ils ont vus en famille ou entre amis, 58% papotent télé entre collègues à la machine à café. Des discussions enflammées qui s’exportent massivement sur Internet et les réseaux sociaux. La social TV est née et l'Observatoire Orange-Terrafemina scrute cette tendance digitale qui transforme les téléspectateurs en arbitres et les programmes en véritable agora. Résultats et analyse de notre étude exclusive.


Lequel d’entre nous ne s’est jamais senti dépassé par une discussion qui s’enflamme à propos du dernier épisode de Koh-Lanta ? Pour ne pas s’exclure du reste de la société, nous sommes tous obligés d’avoir un minimum de culture télé puisque c’est l’un des sujets les plus discutés par les Français. Selon l’enquête de l’institut CSA* pour l’Observatoire Orange-Terrafemina, une très forte majorité (80%) affirme converser volontiers sur le programme télé avec ses amis ou sa famille, avec son environnement professionnel (58%), voire avec des inconnus (28%)... Pas étonnant qu’un sujet aussi fédérateur se retrouve au centre des bavardages en ligne : plus d’un tiers des internautes français a ainsi déjà commenté un programme sur Internet, une pratique qui relève de ce qu’on appelle désormais la Social TV, application cadette de la télévision connectée.

Qu’est-ce que la Social TV ?

Les experts répondront unanimement que l’expression est un acronyme, la télévision serait sociale par essence, en tant que média destiné à rassembler la famille des années 70 autour de l’évènement qu’est l’émission de télé. Il n’empêche, les vertus collégiales du petit écran ont pris un sacré coup de vieux depuis que chacun peut disposer d’une télé dans sa chambre ou d’un iPad connecté. La social TV serait donc d’abord un ensemble d’usages capable de « recréer une logique de rassemblement après une période marquée par le développement rapide du multi-écran », selon les mots de Stéphanie Hospital, directrice exécutive Orange Digital. Précisément, selon la définition de Philippe Bailly, fondateur du cabinet NPA Conseil et expert en nouveaux médias, « la social TV recouvre toute l’activité qui se développe autour des programmes de télévision. La conversation spontanée dans un premier temps, puis un ensemble d’activités organisées par les diffuseurs et producteurs : publication de contenus bonus, jeux interactifs, échanges avec les comédiens ou animateurs, etc. »


Un truc de djeun’s ?

Il faut bien avouer qu’une majorité des internautes français interrogés dans le cadre de l’Observatoire Orange-Terrafemina (63%) n’a jamais eu l’idée d’aller publier des commentaires sur Internet à propos de ses goûts cathodiques. Et dans les 37% restants, 21% ne l’ont fait que rarement. En revanche si l’on regarde du côté des moins de 18 ans, les trois quarts sont déjà des adeptes de social TV, tandis que les 18-24 ans se montrent globalement séduits avec 59% de pratiquants. La social TV se limite donc encore à des usages de niche pour la population générale, mais pour les digital natives, c’est l’explosion, comme le constate Fabienne Fourquet, directrice des nouveaux contenus de Canal + : « Ces générations nées au moment du bouleversement de l’offre digitale ont déjà intégré que chaque téléspectateur peut devenir un producteur et un diffuseur potentiel, ils ont pris l’habitude d’être engagés et de créer. » Résultat : le record historique de l’émission social friendly est encore détenu par la cérémonie des NRJ Music Awards diffusée en direct le 29 janvier 2013 avec plus de 1,4 millions de tweets émis en une soirée.

Facebook et les autres : un écosystème à deux vitesses

Si Twitter tire globalement son épingle du jeu sur quelques programmes à fort potentiel viral, comme les télé-crochets (The Voice, Nouvelle Star, Star Academy) et les émissions politiques (Des paroles et des actes, Mots croisés), il semble que le roi Facebook ait encore grappillé une grosse proportion de ce public hyperactif. Parmi les internautes adeptes de commentaires en ligne, plus de la moitié (52%) ont choisi Facebook pour s’exprimer, 17% l’ont fait sur des blogs ou des forums, 13% sur les sites des chaînes ou des programmes de télévision (M6.fr, Francetvinfo.fr, secretstory.fr, pekin-express.m6.fr,etc.), et 11% sur Twitter. « Facebook est le réseau social le plus installé, il y a donc un effet de masse automatique, commente Thibaut Celier, directeur média chez Novedia group. Il constate de fait une accélération de la maîtrise du réseau social par les chaînes et les producteurs. Néanmoins, selon lui, la concentration des échanges sur Facebook reste limitée et permet surtout « d’alimenter l’avant et l’après du programme ».

Twitter : le support idéal du Live

À chaque réseau son heure et sa fonction, seul l’internaute décide et il n’aime pas qu’on lui force la main. Un panel de lectrices de la communauté de Terrafemina.com a été testé pour ses usages en matière de social TV par l’agence Treize articles. Il en ressort des données très précises sur le chemin parcouru par ces hyper connectées exigeantes : les sites des programmes seront utiles avant ou après l’épisode, pour se mettre à jour ou rattraper (« catch up TV »). Quant à la richesse éditoriale de ces plateformes (pekinexpress.fr et secretstory.fr) elle est vécue comme brouillonne et trop encyclopédique : « c’est le fouillis », « il y a trop d’infos à regarder », regrettent-t-elles. Pour le direct, rien ne vaut Twitter (46% des utilisateurs actifs de Twitter préfèrent commenter en direct contre 24% pour la moyenne des internautes) qui offre un réel sentiment d’interactivité et de communion avec le reste des internautes. « Je pense que Twitter va s’imposer comme le média de la social TV, confirme Stéphanie Hospital, il est plus adapté et plus ouvert, et offre surtout la possibilité à l’utilisateur de voir ses tweets repris à la télévision. »

Simplicité, création et rentabilité : les chantiers de la social TV

C’est le défi majeur imposé aux diffuseurs : savoir engager leur audience dans une activité séduisante et porteuse d’une réelle valeur ajoutée. Pour Philippe Bailly, si l’on ne veut pas que la social TV se contente d’occuper le terrain du lol et du bashing de candidats de télé-réalité, il s’agira de « faire entrer le goût du public dans une expérience éditoriale riche, intéressante et simple ». De fait le challenge repose également sur les épaules des producteurs qui devront, sans se renier, apprendre à intégrer des dispositifs digitaux pertinents dès la conception des programmes. « Selon moi le facteur de succès d’un programme de social TV est de parvenir à lier l’écran aux réseaux, et que l’internaute ait l’impression d’être pris en compte », ajoute P. Bailly. Près de 40% des internautes estiment ainsi que les expériences de social TV peuvent contribuer à enrichir les reportages ou les documentaires. Un vœu pieu qui ouvre un champ considérable à la création audiovisuelle, à condition que le coût de ces innovations et développements soit amortie. Ce qui est loin d’être le cas à l’heure actuelle.

Découvrez notre infographie « La social TV vue par les internautes »


Voir tous les résultats de l’observatoire Orange-Terrafemina sur la social TV

*D’après une enquête CSA réalisée dans le cadre de l’Observatoire Orange-Terrafemina. Sondage effectué en ligne du 11 au 13 juin 2013 auprès de 1 059 internautes français âgés de 15 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge et catégorie socioprofessionnelle après stratification géographique par région de résidence.

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