Musique en ligne : "Tous les artistes ont besoin d’Internet"

Musique en ligne : "Tous les artistes ont besoin d’Internet"
Musique en ligne : "Tous les artistes ont besoin d’Internet"
Dans cette photo : Katy Perry
Katy Perry, Miley Cyrus, Justin Bieber… Toutes ces jeunes stars nées et fabriquées sous le règne d'Internet ont quelque chose de plus que les autres : des fans hyper connectés. L'Observatoire Orange-Terrafemina dévoile le profil de ces mauvais payeurs mais excellents promoteurs des artistes sur leur page Facebook ou leur fil Twitter. Décryptage de nos études avec Anthony Belliot, spécialiste du marketing digital chez Mercury.
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Terrafemina : D’après notre étude*, le marché de la musique en ligne payante reste très faible en comparaison de la demande d’écoute gratuite. Seuls un quart des internautes interrogés achète des chansons en ligne, ils sont à peine plus nombreux (32%) à écouter de la musique sur les sites de téléchargement comme iTunes. Ces usages vont-ils progresser selon vous ?

Anthony Belliot : En effet, ces chiffres prouvent que les usages évoluent pour permettre une consommation très libre, qu'elle soit payante ou gratuite pour le consommateur final : quand je veux, où je veux et ce que je veux. La notion de playlist est devenue très importante, ce n’est pas seulement une évolution de la consommation mais de toute l’industrie. Pour parer à cette désaffection de l’achat de musique, les distributeurs conçoivent de plus en plus de nouveaux produits, comme le Blue-Ray audio, qui s’adresse aux mélomanes attachés à une qualité de son irréprochable. 

Tf : Les sites les plus plébiscités pour l’écoute de musique sont YouTube et Dailymotion. Gratuits et très accessibles, ils concurrencent les plateformes d’écoute en streaming et les sites de téléchargement payant. Quelle est la stratégie d’une maison de disque comme Universal pour composer avec l’écoute gratuite ?

A.B. : Les distributeurs cherchent à s’ajuster. Des accords se concluent avec les plateformes de vidéos : en mettant à disposition nos contenus, nous pouvons monétiser les vues. L’alternative qu’il nous reste est de ne pas mettre tout le contenu à disposition, le clip d’un single phare sert alors de teasing pour l’ensemble de l’album. Les vues sur YouTube ou Dailymotion facilitent le partage de la musique, cela nous permet de viraliser beaucoup plus efficacement, il y a donc aussi une mécanique vertueuse d’Internet pour les artistes. La preuve, quand un artiste réalise des records d’écoute via YouTube, on le retrouve au top des ventes sur iTunes… Ce fut le cas de Stromae dernièrement.

>> Guignols de l'info : François Hollande chante du Stromae <<

Tf : Le clip vidéo en ligne est-il devenu incontournable pour faire émerger les artistes ?

A.B. : Oui, aujourd’hui un artiste qui ne présenterait aucune vidéo sur Internet aurait des difficultés. La création de contenu et d’images est un passage obligé, car les auditeurs ne sont plus seulement pendus aux radios, il faut être présent tout le temps.

Tf : Comment gère-t-on la présence en ligne d’un artiste ?

A.B. : Chez Mercury nous avons testé différentes formules. Nous savons maintenant qu’il est préférable qu’un artiste gère lui-même sa page Facebook ou son compte Twitter, sinon ça ne prend pas. Mais la stratégie ne peut être la même pour tous. Certains peinent à s’y mettre, on imagine alors d’autres opérations comme des applications, des jeux-concours, où il n’est pas forcé de prendre la parole personnellement. D’autres artistes comme Jenifer nous facilitent le travail, elle publie une photo par jour sur sa page Facebook, ses fans ne peuvent pas l’oublier !

Tf : Quid des artistes déjà installés depuis longtemps ? Ont-ils besoin de la Toile eux aussi pour survivre ?

A.B. : Ceux-là ont en effet un public moins jeune, et sont moins attendus sur Internet, néanmoins je pense que tous les artistes ont besoin du web. Quand un chanteur est en pleine promo sur les télé-crochets et les radios, le second écran joue à plein régime. L’internaute devant sa télé va taper son nom pour trouver plus d’informations, ou le dernier clip. Il faut pouvoir diffuser l’actualité de l’artiste, son projet du moment, pour que son image soit lisible.

>>Quand le people se met à tweeter<<

Tf : Pour la majorité des internautes interrogés, la découverte de nouveaux titres et artistes continue de se faire via la radio ou la télévision, mais 41% affirment partager de la musique via les réseaux sociaux. Facebook a développé son application musicale avec Spotify, Twitter a lancé une interface « Music », croyez-vous au pouvoir de recommandation de la musique en ligne ?

A.B. : Il s’agit clairement d’un axe en progression. En Suède, Universal Music a lancé « Digster », un site de recommandation de playlists. L’internaute peut se connecter avec ses comptes Facebook, Deezer ou Spotify et exporter ses playlists pour les faire découvrir à ses amis. Même les artistes commencent à jouer ce rôle de prescripteurs, nous avons tenté l’expérience avec Stromae récemment, qui a dévoilé ses coups de cœurs musicaux à ses fans, en marge de la sortie de son propre album. Les gens aiment savoir ce que nos artistes écoutent, et cela permet d’accompagner ce changement d’usage vers le partage de playlists. Grâce à ce type de recommandation, des artistes ont même émergé. Il suffit qu’un précurseur, reconnu pour ses playlists et son avant-gardisme ajoute un jeune musicien à sa liste de titres, et celui-ci se retrouve lancé.  

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Découvrez tous les résultats de l'Observatoire Orange-Terrafemina

*D’après une étude réalisée pour l’Observatoire Orange-Terrafemina par l’institut Polling Vox et l’agence Treize articles. Étude quantitative réalisée auprès d’un échantillon de 1038 personnes représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 15 à 45 ans, interrogées en ligne du 19 au 23 août 2013. Étude qualitative Social Panel réalisée auprès d’une vingtaine de femmes très connectées issues de la communauté Terrafemina, âgées de 18 à 60 ans.


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