Blogueuses orientales : la liberté à tout prix
Les espoirs féminins du Web contre la censure en Tunisie
La violence se déchaîne à l'encontre des femmes dans ce pays où elles ne sont pourtant pas autant opprimées qu'en Egypte. Hana Trabelsi, journaliste et blogueuse tunisienne, a été agressée verbalement et sexuellement puis dépouillée de ses effets personnels en pleine rue à Tunis pour avoir couvert les évènements politiques en février dernier.
Lina Ben Mhenni a toujours critiqué le régime de l'ancien président déchu Zine El Abidine Ben Ali et ses dérives sur son blog "A Tunisian Girl". A 27 ans, la blogueuse, assistante universitaire linguistique, espère beaucoup du futur. "Sous Ben Ali, sites internet, blogs, comptes Facebook ou Twitter étaient censurés. Aujourd'hui, on y a accès mais les e-mails privés des activistes et défenseurs des droits de l'homme sont toujours surveillés", explique la jeune femme. Lina a subi cette censure d'expression : agressée à deux reprises, des voleurs sont aussi rentrés par effraction chez ses parents, volant ordinateur, disque dur et appareil photo. "Pour demain, je souhaite un internet libre et accessible pour tout le monde, mais il faut aussi que la liberté d'internet et de l'accès à l'information soient signalés par un article dans la Constitution" espère la jeune blogueuse. Depuis la révolution de jasmin en janvier dernier, "quand je marche dans la rue, je me sens plus libre car ce que j'écris sur mon blog ne me met plus en danger" assure Lina fièrement.
Aujourd'hui, Bruxelles souligne le rôle crucial des femmes en Tunisie, qui s'imposent comme des actrices essentielles dans les manifestations, défiant tabous et stéréotypes.
Photo : Lina Ben Mhenni
Défendre les droits des femmes en Egypte
La blogueuse, journaliste et écrivain égyptienne, Marwa Rakwa, a créé son premier blog, anonyme, en 2006. Deux ans plus tard, elle publie des vidéos de ses discours, articles et livres sur un blog à son nom. "J'ai créé mes blogs dans le seul but d'être entendue et de dénoncer haut et fort les violations des Droits de l'Homme et en particulier ceux des femmes, pour les encourager à se battre" décrit-elle. "Je ne veux pas qu’on sympathise avec ces pauvres femmes oppressées mais qu’on leur donner de la force et du courage" explique la blogueuse égyptienne. "Les femmes sont fortes et belles. Personne n'a le droit de censurer quelque écrit que ce soit, ni de violer nos droits fondamentaux : quand je tiens ce genre de propos sur mon blog, je risque gros" précise Marwa. Cette habitante de la Ville du 6 octobre en périphérie du Caire, subit régulièrement harcèlement et attaques personnelles. Mais Marwa est assez forte aujourd'hui pour s'en défendre, surtout qu'un heureux évènement s'apprête à changer sa vie à 37 ans. La révolution du Nil, mouvement populaire qui a chassé l'ancien président Hosni Moubarak le 11 février dernier, est porteuse d'espoir pour la liberté du peuple. Mais après avoir occupé la place Tahrir, les femmes sont exclues de la rédaction de la nouvelle Constitution. Preuve en est que des efforts restent à faire pour que les femmes aient le même statut que les hommes en Egypte.
Photo : Marwa Rakwa
Iran, Syrie: Les portes de la prison ouvertes à toutes
Contrairement à l'Egypte et à la Tunisie, pays sous surveillance après les révolutions du Nil et de jasmin selon Reporters Sans Frontières, l'Iran et la Syrie font partie des ennemis du net. Ces pays n’hésitent pas à pratiquer le bas débit, le filtrage des publications et des interpellations intimidantes. Les femmes postant des billets sur leur site peuvent être arrêtées pour n'importe quel motif mais risquent surtout de très lourdes peines. En Iran, Shiva Nazar Ahari est emprisonnée depuis 2 ans et risque la peine de mort pour rassemblement en vue de commettre un crime de propagande contre le régime iranien et rébellion contre Dieu. Parvin Ardalan, journaliste sur le site "l'Ecole Féministe" et co-fondatrice du centre culturel pour les femmes à Téhéran, a purgé une peine de 3 ans de prison pour s'être exprimée sur Internet à propos des droits de la femme, avant de fuir en Suède. Elle bénéficie d'une bourse et d'un logement dont l'adresse est tenue secrète. En 2010, elle a reçu le 1er prix du net citoyen remis par RSF pour le site "l'Ecole féministe", censuré pas moins de 22 fois.
Certes, la condition des femmes iraniennes a légèrement évolué depuis quelques années, puisqu'elles ont désormais accès à l'éducation. Mais la classe féminine réclame encore aujourd'hui un changement profond des lois discriminatoires régissant le pays, notamment à travers à la "campagne pour un million de signatures" qui malheureusement est souvent déstabilisée par des censures ou des interpellations de membres. Lancée après une manifestation féminine dans les rues de Téhéran, cette pétition a pour objet d'obtenir la modification de la Constitution iranienne en faveur du droit des femmes.
Une jeune syrienne de 20 ans, Tal Al Mallouhi, est emprisonnée depuis deux ans sans inculpation après avoir subi un interrogatoire et la perquisition de son domicile. Tal publiait des poèmes et des articles sur son blog évoquant les restrictions de la liberté d’expression en Syrie, mais aussi le sort des Palestiniens de Gaza. Egalement accusée d’avoir travaillé avec la CIA, la jeune étudiante a été condamnée à 5 ans de prison ferme le 14 février dernier et risque la torture pour intelligence avec un pays étranger.
Aujourd'hui dans le monde, 119 net-citoyens sont emprisonnés pour s'être exprimés sur la Toile, selon RSF.
Géraldine Bachmann
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merci pr cet article; important de savoir que des femmes prennent des risques dans leur pays; on peut aussi se féliciter de la force d'internet qui nous permet de les connaitre et leur rendre hommage.
Merci pour cet excellent article, et bravo à ses femmes qui prennent des risques
Quelles femmes courageuses et quel temps encore dur à vivre, dans cet XIX siecle:-(
C'est formidable et courageux de ces femmes , c'est démoralisant d'encore devoir trouver ça extraordinaire.
Les femmes sont redoutables
Bonjour, nous sommes des lycéens français, de première ES. Nous réalisons actuellement un TPE (projet), portant pour thème la femme dans les révolutions arabes. Nous aimerions entrer en contact avec vous, afin que vous nous apportiez votre avis concernant la place de la femme actuellement dans les pays arabes, tel que la tunisie par exemple. Ou bien même nous renvoyer vers d'autres personnes qui pourront eventuellement le faire, cela serait très aimable et pourrait réellement nous aider. Cordialement. Me contacter via cette adresse electronique: dine730@hotmail.fr
Je suis fière de leur énergie, de leur hardiesse. Est-ce que ce n'est pas significatif de voir une telle levée de bouclier lorsque les femmes veulent vivre selon leurs propres désirs ? Qu'est-ce qui peut expliquer que les hommes ne peuvent supporter que nous soyions libres, nous les femmes ?
elles sont un espoir de vie meilleure pour toutes ces femmes, elles se battent mais pourraient le payer de leur vie
je dis bravo a ses femmes et quelles puissent continuer leur combat!!!
cela nous semble tellement loin ! chez nous chaques femmes a le droit de se servir d 'internet et de s 'exprimer, voir ces femmes se battrent pour ces mêmes droits c 'est dingue .