Par
Marine Deffrennes
- Publié le 21 juin 2011
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Blurb.com : la success story d'Eileen Gittins
Démocratiser le livre photo
Tout est parti d’un cadeau que cette passionnée de photo voulait faire aux modèles de ses portraits. Eileen Gittins se met en quête d’un site Internet capable de lui imprimer un beau livre à partir de ses clichés, mais ne trouve pas son bonheur. Inabordable, « il fallait débourser 10.000 dollars pour avoir un album de qualité », raconte-t-elle, « j’ai eu l’idée de créer le site que je cherchais. »
Avec une équipe d’amis et d’experts, elle bûche pendant un an sur les coins de table des cafés pour inventer le livre photo à moins de 100 euros. Blurb.com voit le jour en 2004, porté par la performance du logiciel Booksmart : « Mon but était de changer la donne : quand on veut éditer un livre il faut s’engager sur des milliers d’exemplaires. Je voulais qu’un seul livre imprimé soit rentable et accessible. Pour cela, je me suis débarrassée de tous les coûts de l’édition traditionnelle. Nous avons créé un outil pour les personnes qui n’y connaissent rien à l’édition, pédagogique et facile. » Maintes fois imité et jamais égalé, Blurb se démarque en séduisant les pros : « La qualité faisait partie de l’ADN de cette société. Aucune offre existante ne m’a satisfaite : la couleur et la finition devaient être impeccables. C’est une stratégie payante, on mise sur le label professionnel pour se distinguer : si les connaisseurs apprécient mon produit, les amateurs aspirent à posséder la même qualité. » Pari réussi. Les pros représentent plus de 30% des utilisateurs, et les amateurs suivent. Agences de pub, photographes indépendants, et sociétés de toutes sortes choisissent Blurb pour éditer portfolios, books ou dossiers de presse en tirages limités, si bien que la plateforme fédère aujourd’hui une communauté de créatifs dynamique, et livre plus d’un million de livres par an dans 70 pays.
Web entrepreneuse et mentor à San Francisco
Il faut dire que la fringante californienne n’en est pas à son coup d’essai. À la fin des années 90, elle sent déjà où le vent va tourner et crée deux start up’, Personify et Verb, orientées vers le marketing intuitif et les moteurs de recherche. Forte d’une expérience de plusieurs années chez Kodak, elle peut réunir enfin deux univers et deux passions : la photographie et le numérique, la créativité et l’expérience, persuadée que cette jonction la servira à terme comme « un point fort pour être crédible ».
Et de la crédibilité, il en faut quand on est une femme. Pour Eileen, c’est à la fois un handicap et un atout : « Il y a si peu de femmes dans ce secteur qu’on est forcément visible, et c’est à double tranchant. Si vous faites du bon boulot, vous avez une très bonne réputation et tout le monde vous félicite, mais si vous commettez une erreur, on vous attend au tournant », dit-elle, fermement convaincue aussi qu’Internet représente une terre promise pour les femmes qui veulent créer leur entreprise. Elle déplore d’ailleurs le manque de vocations féminines dans les nouvelles technologies et la science aux États-Unis comme en Europe, et se targue d’avoir réussi à atteindre une parité presque parfaite dans sa société : « toute initiative sur le Web doit tâcher de comprendre les femmes, parce qu’elles consomment et représentent un potentiel énorme », explique-t-elle. Pour encourager les candidates, elle s’est lancée dans le mentoring, et croit au pouvoir des clubs et réseaux. Elle fait partie du Forum for Women Entrepreneurs (FWE) et du Churchill Club, qui regroupe des acteurs du business et des technologies de la Silicon Valley. Selon elle, « toute personne qui réussit doit rendre un peu de ce qu’elle reçoit, transmettre et aider les autres ».
PDG modèle en devenir
Nommée l'une des femmes les plus importantes dans le secteur des Technologies par le magazine Fast Company en 2009, elle est aussi reconnue pour son management moderne, basé sur l’humain, et respectueux de la diversité et des talents de chacun. En 2010, elle est consacrée Meilleur PDG des entreprises de moins de 100 millions de dollars de chiffre d'affaires par le San Francisco Business Times.
En 2011 elle part à la conquête de l’Europe avec le lancement des versions allemande, italienne et portugaise (le Blurb français a été inauguré en 2010). Pour la suite, elle ne se refusera rien : « Je suis ce qu’on appelle un serial CEO (Directeur général), il y a un côté addictif à créer une société, mon moment préféré c’est quand il n’y a rien et que tout reste à créer. »
Le site Blurb.com
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Bel article , merci de nous l'avoir fait partagé. C4est super en plus d'avoir une femme à l'honneur.
J'adore l'idée qu'elle a eu des albums photos, j'en avais fait un dernièrement et le résultat est impeccable, elle a vraiment une belle carrière professionnelle cette femme et beaucoup d'idées.