Par
Marine Deffrennes
- Publié le 8 septembre 2011
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Médias online : la censure pour limiter les commentaires racistes ?
TF : Trois grands journaux suédois prévoient de limiter l’accès aux forums de discussion de leur site Internet, et de censurer a priori les commentaires sur les articles, à cause du trop grand nombre de propos racistes relevés. Est-ce également un sujet d’inquiétude en France ?
P. S. : Évidemment. Je me suis spécialisé dans le web parce que je trouve cet outil fabuleux, mais la LICRA constate une évolution extrêmement négative de la présence de la haine sur Internet. Les réseaux sociaux ont contribué à cette pente dangereuse, et cette tendance se vérifie largement au niveau international. Aujourd’hui vous n’avez plus besoin d’aller chercher un site ou un autre, l’info vient à vous, et il n’y a plus de limites dans le partage et l’échange de commentaires racistes, homophobes ou antisémites.
TF : Se pose le problème de la modération des commentaires sur les articles en ligne. Elle se fait en général a posteriori. Comment les médias en ligne peuvent-ils faire face aux dérapages ?
P. S. : En effet le filtrage a posteriori implique la responsabilité éditoriale du média, et exige une réactivité immédiate. On ne peut pas laisser des horreurs une demi-journée entière en dessous d’un article, et cela nécessite une certaine gestion de la part du média. Mais je pense que les acteurs de l’Internet ont une responsabilité sociale, celle de préserver l’environnement virtuel, ce sera d’ailleurs le sujet de la conférence annuelle de l’INACH (International Network Against Cyberhate), les 10 et 11 octobre prochains. Pour ce qui est des solutions, la piste légale est la plus attendue et la plus fastidieuse, mais nous avons besoin d’une coordination entre les pays pour qu’il ne soit pas possible d’héberger un site n’importe où pour échapper à la loi…
TF : Faut-il penser à des solutions de filtrage avant publication comme le propose « Expressen » en Suède où les internautes devront s’identifier via Facebook avant de poster un commentaire sur un article ?
P. S. : En effet le gros problème c’est l’anonymat, qui crée une zone d’impunité dangereuse. Tout ce qui permet de lever cet anonymat peut faire diminuer le nombre de commentaires racistes. Mais les internautes ne devraient pas être obligés d’être inscrits sur Facebook pour commenter un article… Peut-être que la carte d’identité numérique annoncée par le gouvernement pourra apporter une réponse au problème de l’anonymat.
TF : Le web 2.0, participatif et ouvert par définition, a été accusé suite à la tuerie en Norvège, de favoriser les débordements racistes, xénophobes ou antisémites. Qu’en pensez-vous ?
P. S. : Cela ne fait aucun doute, Internet favorise la propagation de ces idées, tout comme les voitures causent des accidents sur les routes, mais le vrai responsable reste le conducteur. Il y a un lien de cause à effet évident entre ce que l’on trouve d’haineux sur Internet et la mise en œuvre d’actes racistes par des individus. Je ne suis pas choqué par la « censure » des forums ou des commentaires. A-t-on le droit de tout dire et de tout écrire ? Je ne le crois pas. Tout comme une radio congédie un animateur qui tient des propos racistes, le rédacteur en chef d’un site Internet d’information décide de ce qu’il veut voir sur sa page, en fonction de sa responsabilité citoyenne. Ce qu’il faut surtout intégrer, c’est que le racisme, l’homophobie et l’antisémitisme ne sont pas des opinions, mais des délits.
Crédit photo : Photodisc
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Fort interessant cette interviw. Trouver une solution pour "limiter" l´anonymat devient imperatif.
Je n'aime pas la censure , je préfère débattre mais parfois les débordements sont nauséabonds et l'anonymat autorise trop de lâchetés de la part d'individus médiocres.
Il n'existe pas d'anonymat sur Internet. Mon pseudo "ANONYME" n'est qu'un anonymat pour l'internaute de base, car n'importe quel enquêteur pourrait obtenir mon identité avec une commission rogatoire. Mais peut-être que c'est justement cet anonymat en dehors du contexte judiciaire qui gêne tant la Licra ? Quel est le but ? Censurer massivement Internet en dehors des clous de la Justice ? Les souhaits de la Licra ne semblent pas être de très bonne augure pour le futur de la liberté d'expression.
Je doute que ce commentaire passe... La LICRA a raison sur les conséquences possibles de l'anonymat, mais est biaisé par ses impératifs et donc n'imagine pas les dégats d'une suppression voulue... Internet, c'est le pseudonymat car l'anonymat demande un peu d'effort (l'IP trahit). Cet équilibre précaire a des points négatifs mais aussi positifs. Imaginez si commenter exigeait son nom/prénom ou la carte d'identité comme l'interviewé semble vouloir, cela depuis longtemps dans de multiples pays pour être efficace... Comment le "printemps arabe" aurait-il pû avoir lieu ? Comment mobiliser ou dire des gens génantes pour certains sans trop de risques si votre nom apparaît au moindre commentaire ? C'est vrai qu'il faut lutter contre le racisme, mais pas à n'importe quel prix. Ici, la LICRA veut obliger à l'auto-censure et au politiquement correct permanent. A choisir, je préfere le système actuel qui est le moins pire. Car la volonté de ne pas offenser amènera forcément à un système qui sera même jalousé des dictatures... Car l'auto-censure de part les risques, causera la fin EN PRATIQUE de la Liberté d'Expression. Vous aurez le droit de parler mais seulement de ce qu'on est bien disposé à entendre... Je concluerai donc sur une phrase de Alain Finkielkraut, dont on reprochera des choses mais dont cette phrase de sa part semble pleine de lucidité quand on lit des interviews de ce genre : L'anti-racisme est devenu le communisme du XXIème siècle.
ouepssss, cette idée me fait penser à ça : BIG BROTHER IS WATCHING YOU ! si ça vous tente tant mieux...mais moi pas vraiment car c'est juste synonyme d'une dictature de la pensée...
Ça fait peur de voir des officines comme la Licra fliquer des citoyens uniquement parce qu'ils ne partagent pas la doxa officielle. Car sous prétexte d'antiracisme, c'est bien la dictature de la pensée qu'on veut imposer, par exemple interdire la critique de l'islam.
Nous sommes fliqué et tracé partout mais aussi pour tout, alors c'est pas possible de disparaitre trop longtemps.
D'un autre coté, si les gens déversent leurs racismes sur internet, ça évite qu'ils dans la réalité...
Il est sur que de nos jours il faut se méfier de tout ce que l'on dit ou tout ce que l'on écrit sur internet, allez tous fiché mais c'est pour notre bien pffff
Certains sont tellement malins et malades qu'ils arrivent à déjouer tous les pièges informatiques pour arriver à enquiquiner le reste du monde.Le racisme est partout , mais parfois on entend des propos jugés de racistes qui n'ont pas lieu d'arriver à des plaintes, il faut un peu arrêter ça.
Oui les réseaux sociaux favorisent ces faits et ces commentaires à tendance raciste ne doivent pas être postés! On voit ce que cela à pu donner dans un pays comme la Norvège!
C'est plus facile de se lacher via le net mais gare au retour de baton
C'est vrai que certains ne pensent pas qu'avec ecrtaine sdéclarations ils peuvent être poursuivis même si c'est sur internet, alors mainteannt c'est une preuve pour pouvoir porter plainte contre les choses malveillantes écrite sur vous.