Par
Marine Deffrennes
- Publié le 11 octobre 2011
9
2
Médias et réseaux sociaux : « La Télé sociale existe déjà »
Terrafemina : D’après les résultats de notre observatoire, les sites Internet des grands médias comme lemonde.fr ou lefigaro.fr sont très bien perçus par les internautes, autant sur les critères de rapidité d’accès à l’information que sur la qualité de cette information. Comment analyser ce succès numérique des grands quotidiens nationaux ?
Brigitte Poncharal : Il est très intéressant en effet de constater que ces marques sont parvenues à s’installer sur le web, y compris sur le critère de l’expertise –puisque 29% des sondés (et 47% des 18-24 ans) estiment qu’ils préfèrent consulter les sites des grands médias pour disposer de l’analyse de spécialistes de l’information, plutôt que la télévision ou les journaux papier. Il semble donc que l’on préfère par exemple lemonde.fr au journal Le Monde sur son support originel. Finalement ces marques connues rassurent sur Internet et ont devancé leur support d’origine. Il faut croire que c’est la masse importante d’information disponible qui fait revenir les lecteurs vers des valeurs sûres, des marques repères. On recherche une hiérarchisation et une organisation, c’est pourquoi ces sites ont également plus de succès que les portails d’actualité type MSN, Google, ou Orange.
TF : Face à la forte consommation d’information en ligne, les médias traditionnels semblent quelque peu dépassés : sur le critère de la rapidité et de l’interactivité, la télévision, la radio et les journaux papiers sont très peu cités par les sondés. Quelle redistribution des rôles le journalisme online a-t-il imposé dans le paysage médiatique ?
B. P. : Je ne pense pas qu’il faille cantonner chaque média dans un rôle précis : finalement tous les journalistes travaillent pour une marque qui se déploie sur plusieurs supports (TV & Internet ou papier & Internet). Chaque support possède sa temporalité et son environnement, mais tout reste connecté. Internet n’est pas limité à une actualité brute en temps réel, la contextualisation et la mise en perspective sont possibles. Néanmoins la télévision semble avoir perdu un peu de son aura, elle n’est plus la référence incontournable, mais on sait qu'elle reste très prisée des plus de 50 ans, qui apprécient l’éditorialisation et la mise en scène de l'actualité.
TF : D’après notre sondage, 53% des Français possèdent un profil Facebook, 8% sont inscrits sur Twitter, et la moitié d’entre eux préfèrent partager l’information sur ces réseaux plutôt que sur les sites d’information. La prochaine révolution de l’information aura-t-elle lieu sur les réseaux sociaux ?
B. P. : Je remarque que les réseaux sociaux se sont imposés auprès du grand public comme lieux de partage de l’information, mais pas encore comme sources d’information à part entière – 55% des internautes estiment que Facebook et Twitter ne sont pas vraiment utiles pour diversifier leurs sources d’information ou obtenir des informations plus rapidement, ndlr. Pourtant, les réseaux sociaux, et notamment Twitter, sont exploités par les journalistes pour trouver des sources d’information, notamment auprès… du grand public. La question de la vérification de l’info n’est pas nouvelle, il y a simplement plus de sources plus difficilement vérifiables. Twitter a été le lieu de révélation et de suivi en temps réel de beaucoup d’informations ces dernières années, de l’avion amerri dans l’Hudson à l’arrestation de DSK.
TF : Comment les médias peuvent-ils s’adapter à cette audience active ?
B. P. : Les médias traditionnels ont tout intérêt à rester en contact avec une audience qui passe plus de temps sur les réseaux sociaux que devant la télévision. Mais la tendance est déjà à la consommation simultanée d’écrans : les live-tweets d’émission – on commente le programme en direct sur Twitter- créent un effet communautaire qui va s’accentuer encore avec la télévision connectée, on peut parler de télévision sociale. La BBC par exemple, inscrit à l’écran le mot-clé Twitter –hashtag- associé au programme TV diffusé, pour aiguiller les tweetos...
TF : L’actualité médiatique très riche de cette année – Printemps arabe, Tsunami au Japon, Affaire DSK-, a fait naître de nombreuses collusions entre les médias et les réseaux sociaux. Comment va évoluer l’offre d’information sous l’influence des réseaux sociaux ?
B. P. : Le web 2.0 a renversé le pouvoir de transmission de l’information et mis fin à la verticalité, les individus ont désormais la capacité de s’exprimer et de toucher un grand nombre de personnes dans le monde. Les usages évoluent et la baisse du coût des technologies contribue à accélérer les choses. Les jeunes d’aujourd’hui seront équipés demain d’une télévision connectée, déjà les émissions prennent en en compte les tweets en temps réel. Les journalistes utiliseront à plein les outils plus performants offerts par le web, on assiste en ce moment à l’essor du data-journalisme, ou l’art de rendre une information accessible et ludique en conjuguant le travail du journaliste, d’un développeur et d’un statisticien. Il s’agit de mettre au point des images et des infographies interactives qui racontent l’info autrement. Le rôle des médias numériques consiste plus que jamais à enrichir l’information chaude et fournir aux internautes les contenus et les services pour faire le tri dans le flux d’information.
LES RESULTATS DE L’OBSERVATOIRE SUR LES MEDIAS ET LES RESEAUX SOCIAUX
Les résultats complets de l'Observatoire Orange-Terrafemina sur les médias et les réseaux sociaux
L’étude qualitative par l’Institut Treize articles WebLab
VOIR AUSSI
Du 20 heures à Twitter : Les réseaux sociaux bousculent l’info
Médias et réseaux sociaux : « l'ère des codiffuseurs d'info »
Médias et réseaux sociaux : « Twitter va se démocratiser »
Avec notre partenaire
|
France Télécom OrangeOrange, marque du groupe France Télécom Opérateurs de télécommunications
|


-






C'est vrai que le JT a de moins en moins de succès par rapport à internet...
Avec internet ce qui est bien c'est que l'on peut consulter les informations quand on le veut, tandis que pour la télévision c'est autre chose il faut se pointer à 13 h ou 20 h et encore il existe des chaines d'infos en continu
le journal télévisé est tellement aseptisé qu'il ne reflète qu'une certaine interprétation de l'actualité
Bon c'est certain que de nous bassiner avec des futilités quand à côté de ça des personnes meurent à côté de nous sans que personne ne soit ému de ça, c'est vrai que j'ai envie de hurler certaines choses parfois tellement c'est écoeurant.
Ils nous disent à la télévision ce qu'ils veulent bien nous dire le reste ils le gardent bien au chaud !
J'aime aussi les journalistes de la radio, ils ont parfois des petites infos vraies et insolites que l'on entend pas à la télé
les journeaux télévisé ne sont fait que de supposition , on nous bassine avec des peut etre , sans savoir reellement le pourquoi du comment des " affaires " puisque chaque reportage journalistique devient une " affaire " aux yeux des journalistes ,,,,
Nous sommes libres de nous informer à toute heure avec internet et d'interpréter les infos comme bon nous semble!
aujourd'hui on se document différemment, le matin on regarde internet et les gros titres des informations sans passer par la case tv