NKM, Internet aux internautes
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Nathalie Kosciusko Morizet occupe le poste de Secrétaire d’Etat chargée auprès du Premier Ministre de la prospective et du développement de l’économie numérique. Maire de Longjumeau depuis 2008, elle est aussi très impliquée dans les problématiques de développement durable. Elle a reçu l’équipe de Terrafemina dans son bureau parisien le 2 juillet 2010.
TF : Vous vous battez pour le droit à l’oubli numérique, comment pouvez-vous faire pression sur les entités surpuissantes qui dominent le Web comme Google, Facebook ou Youtube, afin que la vie privée, et les droits de chacun soient respectés sur le web ?
Aujourd’hui la méthode c’est de mobiliser les internautes. C’est vrai que du point de vue juridique, Google et Facebook sont basés aux Etats-Unis, mais leur richesse ce sont les internautes, et pas seulement les internautes américains, mais les internautes du monde entier qui utilisent leurs services, et ils sont très sensibles à leur image. Or, les utilisateurs sont de plus en plus concernés par la question de la gestion des données personnelles, et par la question du droit à l’oubli. Ils sont prêts à se mobiliser, ils l’ont montré récemment avec le Quit Facebook Day, qui n’a pas eu forcément un succès énorme, mais qui, symboliquement, était quelque chose de fort.
Ils se mobilisent aussi sur des projets de réseaux sociaux mutualistes, alternatifs à un réseau social qui utilise les données privées à des fins commerciales. En bref, ils montrent qu’on ne peut pas faire n’importe quoi avec les données privées et qu’ils seront vigilants. D’ailleurs il y a un effet retour très clair sur Facebook qui a annoncé la mise en place d’un dashboard de gestion des données personnelles. Pour le moment cela se passe ainsi dans une prise de consciente croissante, un peu polémique, entre les utilisateurs et les prestataires de l’internet.
J’essaie aussi de travailler cette prise de conscience en France dans un tour de table de tous ceux qui sont concernées par la gestion des données personnelles, l’idée c’est d’arriver à un projet de charte sur le droit à l’oubli, qui serait un début d’engagement de la part des prestataires. Je pense qu’à terme nous aurons besoin d’avoir des accords internationaux, qui pourront être des accords volontaires, en utilisant la pression des internautes, mais nous aurons besoin de règles un peu homogènes.
TF : Première tweeteuse du Gouvernement, pensez-vous que les politiques doivent absolument utiliser les réseaux sociaux pour communiquer ?
Internet ne remplace pas la démocratie représentative, mais c’est indéniablement un plus. C’est ce que j’ai dit aux parlementaires dans les « ateliers de l’élu 2.0 », des sessions de formation à l’attention des députés et sénateurs que j’ai organisées.
Il y a des gens qui ne viennent plus dans une permanence parlementaire et qui sont sur Internet, il y en a qui ne seraient jamais venus dans une permanence parlementaires et qui sont sur Internet. Et s’ils n’y viennent pas ce n’est pas par manque d’intérêt pour le politique, mais parce que leur vie est organisée autrement, ils n’y pensent pas, mais ils attendent leurs parlementaires et politiques sur Internet. Il y a beaucoup d’intérêt pour la politique sur le web. C’est aux élus d’en prendre acte et de rejoindre ce monde.
Et ils le font assez bien : on a eu un très gros succès avec ces ateliers, 180 parlementaires en tout, beaucoup de comptes facebook ou twitter qui ont été créés et des pratiques qui se développent. Des pratiques qui restent encore à tester, à stabiliser, chacun y va un peu à sa manière, il n’y a pas d’académisme particulier en la matière, mais c’est normal c’est quelque chose d’émergent.
TF : Vous avez contribué au développement d’applications d’intérêt général pour les téléphones mobiles. A qui s’adressent-elles et comment peuvent-elles faciliter la vie des citoyens ?
Je considère que ma mission est de réduire les fractures numériques. Bien entendu il y a la fracture territoriale et avec le grand emprunt nous voulons développer le très haut débit partout. Mais il y a aussi la fracture générationnelle – faire en sorte que les personnes âgées soient aussi sur Internet et en bénéficient-, et la fracture sociale – faire en sorte que tout le monde puisse avoir accès aux équipements et au réseau. Tout cela se fait par des usages. Créer, développer, et mettre en valeur des usages qui concourent au lien et à la cohésion sociale, je crois que cela fait partie de mes missions.
J’ai développé à cet effet un portail de labellisation d’applications d’intérêt général : proximamobile.fr. Il compte presque 70 applications actuellement. Un certain nombre ont été accompagnées dans leur financement avec le volet numérique du plan de relance, d’autres sont justes labellisés. Le label indique que ces applications sont gratuites, et qu’elles concourent à l’intérêt général. Elles visent des publics qu’on essaie d’attirer sur Internet ou qui pourraient en bénéficier : je pense à l’accès pour les personnes handicapées : il y a beaucoup d’applications sous forme de « Wiki », d’échange entre personnes handicapées sur l’accessibilité. Il y a une application sur la langue des signes. Je pense à la culture : Culture clic ou l’application Musée du Louvre, l’une des applications les plus téléchargées de Proxima mobile, avec notamment plus de 60% des téléchargements qui viennent des Etats-Unis ! Je pense à des applications utiles pour la vie quotidienne et pour le développement durable, par exemple Comuto, une très belle application de covoiturage. Je pense aussi à des applications santé : il existe une application pour comprendre la posologie sur les boîtes de médicaments.
L’idée c’est de montrer qu’Internet n’est pas seulement un outil ludique, il sert aussi l’intérêt général. Il y a aussi sur Proxima mobile un forum entre les développeurs pour qu’ils se donnent des idées d’applications d’intérêt général à mettre en œuvre.
TF : Est-ce qu’Internet et les applications pour mobiles vous aident à mieux jongler entre votre vie de maman et votre mission de Secrétaire d’Etat ? Avez-vous des sites ou applications favorites ?
Pour faire ce boulot, il faut être praticien. Il n’y pas d’académisme dans ce domaine, tous les jours on trouve de nouvelles choses. J’utilise Internet pour faire les courses car je n’ai pas beaucoup de temps, j’utilise aussi les applications éducatives pour mon fils de 5 ans, sur les smartphones je regarde aussi l’info. Et puis j’ai des applications un peu chouchou comme les applications musicales : sur smartphone il y a des accordeurs électroniques qui valent de 30 à 50 euros dans le commerce, disponibles en ligne à partir de 3,99 Euros, et de très bonne qualité !
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Marine Deffrennes
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Marine Deffrennes a le goût des mots. Après une hypokhâgne et une khâgne classique à Lille, elle clôt ses études littéraires sur un DEA de lettres. Après une expérience au sein de la rédaction d’un autre site féminin, elle rejoint l’équipe Terrafemina.com en 2009 où elle s’occupe des rubriques Culture & Société, et Vie privée. Elle assume la fonction de responsable éditoriale depuis avril 2012, tout en continuant à exercer sa mission de journaliste.

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J'aime l'idée des applications utiles ! il y en a tellement qui ne servent à rien et sui sont complètement idiotes qu'on oublie presque que cela eut nous faciliter la vie ...
merci pour cette vidéo! bon complément au tchat :)
C'est vrai que certaines servent à rien du tout, alors que d'autres sont vraiment pas mal du tout, et peuvent nous servir au quotidien !
C'est bien tout ça , mais il faudrait uniquement de l'utile et comme on dit c'est plus agréable .
Je ne sais pas ce que nkm est devenu, mais à l'époque elle ne valait pas grand chose dans ses idées!
Voilà le plus intéressant c'est de voir se développer le très haut débit partout, car quand on voit ccertains coins comment ça rame il serait temps d'y remédier.