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Par   -  Publié le 7 novembre 2011
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Antoine Guggenheim : Un nouvel humanisme pour le 21ème siècle ?

Que signifie être humaniste aujourd’hui ? Dans l’ère ultra-technologique et financiarisée où nous vivons, peut-on replacer l’homme au centre du débat sans tomber dans la démagogie ? Terrafemina s’associe à La Revue des Deux Mondes pour ouvrir la réflexion dans un entretien avec Antoine Guggenheim, prêtre et directeur du pôle Recherche du Collège des Bernardins à Paris.  
Antoine Guggenheim : Un nouvel humanisme pour le 21ème siècle ?


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Entretien avec Antoine GUGGENHEIM, directeur du pôle recherche du Collège des Bernardins, dernier ouvrage paru : « Pour un nouvel humanisme. Essai sur la philosophie de Jean-Paul II », Editions Parole et silence.

 

Terrafemina : Vous appelez à l’élaboration d’un « nouvel humanisme ». Qu’en est-il de « l’ancien » ?

Antoine Guggenheim : Il s’agit de prendre position par rapport à l’humanisme né dans l’Antiquité, à Rome et en Grèce, avec les philosophes de la personne et du droit romain et la prise en compte de l’universel. Tout homme était censé être intéressant, pour les Stoïciens. Ensuite le christianisme et le judaïsme ont apporté le sens de la personne singulière et de son destin. Puis lors de la grande rupture de la Renaissance et après les guerres de religion, on a voulu proposer une base non religieuse à l’humanisme. C’est de cela dont il s’agit dans le nouvel humanisme : un humanisme qui n’est ni athée, ni religieux, mais qui s’offre à tous comme une piste pour aujourd’hui.

TF : Faut-il rafraîchir cette notion pour qu’elle soit pertinente à notre époque ?

A. G. : Il y a aujourd’hui des forces qui sont pour la personne humaine, quelle que soit leur origine religieuse philosophique ou de civilisation, et d’autres qui sont pour le primat de la technique, pour le primat de tous les choix de l’individu contre toute raison humaine. Il y a un vrai besoin de rafraîchir et de clarifier le débat. L’humanisme permet justement la rencontre de civilisations qui ne se sont approchées que sur le bord, comme la civilisation chinoise et la civilisation européenne sont surtout étrangères l’une à l’autre, ce sont deux altérités presque sans relation si ce n’est Marco Polo et Matteo Ricci. Au 19e siècle, les Européens sont venus occuper la Chine, et maintenant la Chine se développe. Mais il y a une vraie rencontre, or nos bases de pensée, les réponses aux questions sur l’homme, sur l’Etat, sur la liberté, sont entièrement différentes.
Dans nos sociétés, il y a des enjeux humanistes très forts. L’émancipation féminine est un humanisme. L’humanisme est même presque un féminisme. Que devient l’humanité lorsque dans le travail comme dans la vie familiale, les rôles sont répartis de manière plus équitable, innovante. On n’a jamais fait ça. Nos modèles anciens ne sont plus adaptables, ils seraient même rétrogrades aujourd’hui. L’humanisme a quelque chose à dire à propos de ces enjeux.

TF : Que peut apporter le point de vue humaniste aux grands débats de société ?

A. G. : En économie, on sait que la crise actuelle vient d’une nouvelle manière de concevoir le rapport entre les équipes de management responsables, les actionnaires qui apportent le capital, et tous les collaborateurs, les clients et sous-traitants. On a mis davantage l’accent sur le rendement financier, en espérant qu’on pourrait développer davantage l’activité – l’intention n’était pas mauvaise : permettre à des gens d’emprunter pour s’acheter une maison, même à 30, 40 ou 50 ans. Bref, on a changé le rapport entre le pouvoir des actionnaires et l’ensemble des autres acteurs. Il y a là une sorte de négation de l’humanisme, les collaborateurs dans une entreprise ne deviennent plus que des pions chargés de remplir les caisses, mais ils sont aussi des consommateurs et des emprunteurs. C’est un serpent qui se mord la queue, où l’on est forcé de fonctionner uniquement au service de l’argent. Il y a là un vrai problème qu’on peut traiter de manière plus humaniste.
En bioéthique, la connaissance du génome humain va poser des questions humaines, en effet la détermination du code génétique de chacun va devenir possible à brève échéance. On a déjà commencé pour certaines personnes très riches. Une fois qu’on aura déterminé que telle personne peut présenter telle maladie, tel facteur à risque de violence, tel facteur de manque de fidélité affective… Que va-t-il se passer ? Comment une meilleure connaissance de la nature humaine ne va-t-elle pas déboucher sur un pouvoir de l’homme sur l’homme intolérable ?

TF : Quelle place donner à la femme et à la différence des sexes dans ce nouvel humanisme ?

A. G. : L’humanisme regarde l’être humain dans toutes ses dimensions. La nature nous fait naître homme ou femme. L’humanisme est attentif à la nature mais aussi au sens de cela et à l’histoire de la personne. Dans cette histoire il y a des évènements qui m’aident à devenir mieux femme mieux homme, et des évènements qui me gênent. Il y aussi des chocs voire des problèmes psychiques, ou des choix personnels, qui font que je désire devenir transsexuel ou vivre une vie homosexuelle. L’humanisme aide à poser ces questions-là, ni en termes purement biologiques et chimiques, ni en termes de pure liberté individuelle, mais en voyant leur dimension sociale. Le dialogue avec les humanistes peut permettre de ne pas faire peser ces questions uniquement sur les épaules de l’individu, il faut pouvoir réfléchir et les éclairer, car nous n’avons pas de solution à l’avance. Il faut chercher.

TF : Qui sont les grands humanistes d’aujourd’hui ?

A. G. : On peut poser la question autrement : Qui serait antihumaniste aujourd’hui ? Je pense les hommes et les femmes de pur pouvoir, pouvoir culturel, politique, militaire, ou financier. Ils pensent que par la violence de leurs capacités personnelles ou par des systèmes abstraits et impersonnels, ils vont développer une humanité heureuse.

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12 commentaires

angelabeille - 08/11/11 13:30
Je ne sais pas si c'est un nouvel humaniste, mais j'ai vraiment du mal a suivre son raisonnement... désolée.
sandrine6405 - 08/11/11 22:07
En effet, cet interview est un peu compliqué pour moi, il a un point de vue très particulier sur le sujet !
ysabella - 09/11/11 08:50
Personnellement j'abonde dans le sens de ce "nouvel humanisme" et les points de vue établis par A.Guggenheim sont intéressants et essentiels dans une époque où la société se trouve en totale mutation. Cette idée de "nouvel humanisme " proposé comme "ni athée, ni religieux, mais qui s’offre à tous comme une piste pour aujourd’hui" me convient particulièrement. Je serais curieuse de lire le livre d'A.Guggenheim ("Pour un nouvel humanisme. Essai sur la philosophie de Jean-Paul II") car ce qui me dérange quelque peu est son appartenance à l'église catholique: en tant que prêtre quelle distance peut-il réellement arriver à prendre quant aux questions primordiales posées au sujet desquelles l'église adopte un comportement autistique?
country33 - 14/11/11 00:25
Je pense que tout ceci est un peu en contradiction entre les dires et les affirmations.
Alteaaitana - 14/11/11 10:52
point de vue trés spécial....
fidjikelyna - 17/11/11 15:54
un nouvel humaniste, mais j'ai vraiment beaucoupdu mal a suivre son raisonnement et ne suis pas prête à le suivre
naty44190 - 19/11/11 22:33
chacun son opinion sur ce coup la !!!
ysabella - 19/11/11 23:59
Ce serait bien de développer les commentaires...ou de ne rien écrire. Je ne vois pas l'intérêt de dire que chacun a son opinion ou que l'on n'en a pas soi-même!!
angel95 - 23/11/11 13:26
Pas tout compris a ce qu'il disait mais pour le peu que j'ai compris je ne suis pas son nouvel humanisme.
franmic64 - 02/01/12 22:16
Mon Dieu : comment faire simple quand on peut faire compliqué...
Batavia - 23/01/12 09:11
Interessant! Belle définition de l'humanisme. Je suis tentée par le livre qui semble apporter une réflexion approfondie sur toutes ces questions de "vivre ensemble"
angelabeille - Il y a 3 sem
olalala les commentaires sont aussi étrange que je ne suis toujours pas attirée par ce livre ! quelqu'un l'a lu pour m'en donner une idée 'humaine' ?

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