Par
Marine Deffrennes
- Publié le 9 janvier 2012
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Gender studies : une discipline pour combattre le sexisme français ? Vidéo-débat
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La rencontre a eu lieu le 14 novembre 2011 à Paris, en présence des membres du réseau Terrafemina et la Revue des Deux Mondes.
Avec la participation de :
Françoise Milewski, économiste à l'OFCE (centre de recherche en économie de Sciences Po) ; coresponsable de PRESAGE (Programme de Recherche et d'Enseignement des Savoirs sur le Genre)
Françoise Picq, sociologue spécialiste de l’histoire du féminisme, et militante historique du MLF
Marin de Viry, écrivain et critique littéraire
Débat animé par Michel Crépu, directeur de la Revue des Deux Mondes
Compte-rendu du débat :
Que sont les Gender Studies ?
Françoise Picq rappelle que les gender studies sont entre autres le fruit de l’institutionnalisation des études féministes et des apports des mouvements féministes des années 1970. Les questionnements deviennent alors plus académiques, les démarches plus scientifiques. Les études féministes s’accompagnent d’une connotation militante et surtout sont centrées sur les femmes, tandis que les gender studies sont centrées sur les relations entre individus, et prennent en considération, entre autres, la transsexualité et l’homosexualité.
Il est très important de faire la distinction fondamentale entre sexe et genre. Le genre est aujourd’hui étudié dans une optique constructiviste, le genre n’étant pas nécessairement défini par le sexe naturel. Grâce aux études de genre, on passe de la compréhension de la différence homme-femme à celle de la différence féminin-masculin.
Quels seraient les enjeux des Gender Studies ?
Face à l’agitation et la confusion médiatique autour des gender studies et des polémiques dans lesquelles elles sont impliquées, il est important de noter que les gender studies sont un champ de recherche riche et large. Il y a un risque de confondre les combats féministes militants avec les réflexions théoriques soulevées par les gender studies. Les milieux médiatiques et académiques peinent encore à reconnaître que les gender studies ne relèvent pas du domaine de l’opinion, mais du domaine de la recherche.
Pour exemple, les questions suivantes sont discutées dans les gender studies :
• Comment se construisent socialement les rôles assignés de façon différente aux hommes et aux femmes ?
• Comment se fait la construction identitaire de l’individu ?
• Comment s’est construit un ordre sexué et un système de domination masculine au gré des évolutions historiques, culturelles et économique de l’Histoire ? L’essence même des gender studies implique donc que l’on est dans un champ de recherche pluridisciplinaire (importance des contextes culturel, social, économique…).
Les études de genre entrent à Sciences-Po
Marin de Viry s’étonne du fait qu’une telle discipline ait été rendue obligatoire dans une école comme Sciences-Po. Selon le critique littéraire de La Revue des Deux Mondes, il serait plus pertinent de mettre en place un enseignement transverse, où le volet féminin / masculin serait évoqué dans chaque cours. Un programme qui analyserait la construction et la déconstruction des cultures pour mieux les comprendre et envisager de les transformer.
Pour Françoise Milewski, l’enseignement des études de genre est très important pour tout étudiant de Sciences Po, cela lui donne de nouvelles clés de lecture du monde, et notamment du monde de l’Entreprise. Pour atteindre l’objectif d’une égalité homme-femme réelle plutôt que formelle, l’idée en enseignant les gender studies à Sciences Po est de former des étudiants critiques, des citoyens formés aux débats théoriques et politiques.
A l’heure où les rapports sociaux entre hommes et femmes sont en pleine transformation, et grâce à leur large champ d’application, les gender studies seraient une clé de lecture riche pour les managers de demain, et plus généralement pour les individus.
Quelques aspects qui sont étudiés dans les cours d’études de genre dispensés à Sciences Po :
• les inégalités sur le marché du travail (la place des femmes dans l’entreprise, l’insertion croissante des femmes dans un monde de l’Entreprise créé pour des hommes et par des hommes)
• la différence entre les modèles économiques de chaque pays, et l’impact de celui-ci sur les relations hommes femmes, sur la place des femmes dans la vie active.
VERBATIM :
Françoise Picq :
« Les questions qui étaient celles du féminisme ont été reprises par les gender studies pour être transformées par une démarche plus scientifique »
« Si on prend cet exemple du droit de la discrimination, c’est la question des femmes qui a été posée, et qui a été à l’origine du droit de la discrimination pour tout le monde (…). Les rapports entre les hommes et les femmes structurent l’humanité. A partir de la question des femmes, on arrive à poser la question de la discrimination indirecte, de l’origine des différences… »
Marin de Viry :
« Au fond c’est une démarche de critique d’une construction culturelle. Pourquoi ne pas la généraliser plutôt que de l’appliquer à la question homme-femme ? »
« Je crois qu’on peut penser qu’un véritable enseignement humaniste serait situé à un niveau plus haut, et ce niveau plus haut serait celui de la critique des constructions culturelles. »
« Ce que je constate chez mes étudiants qui ont entre 20 et 22 ans, c’est que la dissociation sexe et genre, chez eux, est parfaite, ils ont déjà intégré la base de cette dissociation (…). A aucun moment ils ne s’imaginent que le genre est déterminé pour des raisons biologiques par le sexe : ils considèrent que le découplage est parfait, le genre est donc une construction culturelle. Le « constructionnisme » est ultra majoritaire chez mes étudiants…»
Françoise Milewski :
« Le développement des enseignements et des recherches a été pendant toute une période plus développé aux Etats-Unis qu’il ne l’a été en France. »
« La manière dont on définit les gender studies ou les études de genre -car j’utilise alternativement l’un ou l’autre sans y mettre de contenu différent- c’est le fait de s’interroger sur ce concept qui permet de passer de la compréhension de la différence homme-femme à la différence masculin-féminin. Comment se construisent socialement des rôles assignés de façon différente aux hommes et aux femmes ? C’est la qu’est le fondement.»
« Il y a une tendance générale à naturaliser les différences de sexe. On n’a plus aujourd’hui le discours caricatural qu’on avait il y a quelques dizaines d’années sur le fait que le cerveau des filles et le cerveau des garçons est différent. Plus personne n’ose dire ça aujourd’hui. On a au contraire des recherches qui montrent la plasticité des cerveaux et donc le fait qu’il est déterminé aussi par le mode d’intégration. Mais qu’est-ce qu’on a en sens inverse et qui n’est pas très loin de ce genre de choses, c’est justement dans la culture managériale à laquelle vous faisiez référence, toute la logique à l’heure actuelle qui est massive que si il faut mettre des femmes à des postes de direction, c’est parce qu’elles sont meilleures que les hommes au sens où elles sont plus consensuelles, elles sont plus attentives à autrui, elles s’occupent plus des autres, elles sont meilleures et elles seront rentables pour l’entreprise. (…) Ce sont des différences construites socialement et pas des différences innées. Or on a toujours tendance, parce que c’est facile, à naturaliser les choses. »
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La France débat encore sur la différence homme/femme et en attendant nous prenons beaucoup de retard par rapport aux USA!
Pas étonnant on est toujours à la bourre quand c'est sérieux , mais pour le reste par contre, les scandales et les autres malversation on est les premiers.
le sexisme a toujours été et continuera à être en dépit de toutes les tentatives pour l'endiguer. de tous les débats, toutes les études...
J'ai pas très bien compris ce qu'elles ont voulu dire, ces thèses sont obscures.
oulà encore quelque chose qui est hélas pas pour moi, a mon grand regret, j'aurais aimé comprendre tout cela.