Coupe du monde de football féminin : rencontre avec Sandrine Brétigny

Coupe du monde de football féminin : rencontre avec Sandrine Brétigny
Coupe du monde de football féminin : rencontre avec Sandrine Brétigny
Dans quelques heures, l’Equipe de France féminine de football disputera le deuxième match de son Mondial face au Canada. Alors que la rencontre ne sera diffusée que sur la chaîne câblée Eurosport, l’attaquante Sandrine Brétigny, qui évolue au même poste à l’Olympique Lyonnais, décrypte la relation précaire entre le sport féminin et les médias.
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Terrafemina : Que pensez-vous de la couverture du sport féminin dans les médias ?

Sandrine Brétigny : Il y a une amélioration certaine. Par exemple, le 11 juin dernier, à l’occasion de la première journée de notre stage de préparation pour le Mondial, la Fédération française de football a organisé « un duel », ici, à Clairefontaine avec des journalistes sportifs et des personnalités. Nous devions les défier dans divers ateliers techniques : tennis ballon, dribbles, tirs au but ou coups francs. Ils ont massivement répondu présents. Ils étaient une cinquantaine à avoir fait le déplacement, preuve que nous commençons à attirer leur attention.

TF. : Ce sursaut d’intérêt peut-il être durable ou est-ce un simple effet de calendrier ?

S. B. : La victoire de Lyon en Champions’ League féminine n’est certainement pas étrangère à cet engouement soudain. En effet, à Lyon notamment, notre sacre a été fêté pendant trois ou quatre jours, tous les journaux en ont fait leur Une. Et c’est tant mieux car ce titre incite les médias à suivre notre parcours tout au long de la Coupe du Monde en Allemagne. Il y a un réel engouement, nos matchs sont annoncés un peu partout. Mais nous n’avons pas le droit à l’erreur si nous souhaitons que cette médiatisation perdure après le championnat.

TF. : En 2009, plusieurs de vos co-équipières ont posé nues dans le cadre d’une campagne de la Fédération française de football. Que pensez-vous de cette initiative ?

S. B. : Il s’agissait d’un gros coup de pub dont le slogan était « Faut-il en arriver là pour que vous veniez nous voir jouer ? ». Je n’ai pas pris part à cette opération car je trouve dommage qu’il ait fallu en arriver là pour attirer l’attention, et ce malgré nos bons résultats. Aucun sportif ne devrait se retrouver dans ces extrêmes.

TF. : Pourtant, comme vos co-équipières, aimeriez-vous être davantage médiatisée ?

S. B. : Bien sûr. Que le football féminin soit plus reconnu serait très bénéfique pour nous toutes. Mais cette reconnaissance est avant tout liée à nos résultats. La médiatisation consécutive au sacre de Lyon en est la preuve.

TF. : Ne faudrait-il pas alors, retransmettre vos matchs sur les chaînes publiques plutôt que sur la TNT ?

S. B. : Là aussi, les choses évoluent. En effet, une partie des matchs de la Coupe du Monde sera retransmise sur Direct 8 et/ ou Eurosport.
C’est un progrès certain d’autant que depuis le passage au tout-numérique, tout le monde reçoit Direct 8. Or, il y a quelques mois, les rencontres féminines n’étaient diffusées que sur Eurosport, une chaîne payante et regardée par une petite partie de la population. Il y a des avancées. Nous sommes sur la bonne voie.

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