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Alix Foriel
- Publié le 11 janvier 2010
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La dépendance: un défi pour notre société
La dépendance nous concerne tous.
© Mauritius/ Photononstop
Aujourd’hui déjà, une personne sur 4 est concernée par la dépendance, pour elle ou pour l’un de ses proches.
La dépendance touche les personnes âgées, qui perdent leur autonomie, à différents degrés. Ainsi, on parle de dépendance lourde quand une personne ne peut plus effectuer seule les gestes de la vie quotidienne. Elle a alors besoin d’une assistance permanente si elle reste à domicile.
Pourtant, si la population est amenée à vieillir plus longtemps, elle est aussi en meilleure santé. Ainsi, selon Pierre-Yves Geoffard, économiste et professeur à l’Ecole Normale Supérieure, « une personne de 80 ans en 2010 n’a rien à voir avec une personne de 80 ans en 1950. »
D’où une grande difficulté pour évaluer les coûts futurs de prise en charge des personnes dépendantes. Il faut distinguer trois postes principaux de dépenses : les soins médicaux, les coûts liés à l’hébergement (que la personne reste à domicile, s’il faut l’aménager, ou qu’elle s’installe dans un établissement spécialisé), et enfin l’aide quotidienne dont ont besoin les personnes dépendantes. Ces tâches sont effectuées par les « aidants, » des proches qui se dévouent. Les trois quarts du temps ce sont d’ailleurs des femmes.
Or, ces tâches, parce qu’elles sont effectuées par des proches, ne sont justement pas évaluées financièrement. « Il y a donc un besoin de structurer l’offre de soins, et qui ne passe pas uniquement par la bonne volonté des familles, » selon P.-Y. Geoffard.
Pourquoi ne nous sentons-nous pas vraiment concernés ?
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Annie de Vivie, la fondatrice d’Agevillage, site d’information et de formation autour de la perte d’autonomie, est formelle : « Deux tabous nous empêchent d’avancer : le vieillissement pathologique et la mort. » Ce qui fait qu’en général, les personnes ne se posent pas la question assez tôt.
A. de Vivie préconise d’organiser un « conseil de famille » pour prévoir les dix années à venir. En plus des questions liées à la vie spirituelle, la vie sociale, et l’état de santé, il faut s’interroger sur le lieu où la personne vivra, et avec quel argent elle le fera. « Quand on n’en parle pas, le jour où ça arrive, c’est beaucoup plus difficile à gérer, » ajoute-t-elle.
C’est même toute la société qui doit s’interroger et changer ses modes de fonctionnement. « Pour la première fois, 4 générations vont cohabiter, il faut donc inventer une nouvelle façon de vivre ensemble. »
La prise de conscience progresse, tout de même. Pour preuve, le baromètre de la dépendance réalisé fin 2008 pour France Info et Orcip. Il révèle que plus d’1 français sur 2 a déjà été confronté à la dépendance d’un proche. Deux français sur 3 se disent conscients qu’ils doivent se prémunir financièrement contre ce risque, mais ils sont la même proportion à ne pas connaître le montant dépensé par une personne dépendante.
Les dispositifs financiers existants sont insuffisants
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« Le système actuel n’est pas satisfaisant en terme de couverture financière et il n’est pas à la hauteur des enjeux, » affirme P.Y. Geoffard, économiste.
En moyenne, une personne dépendante lourde nécessiterait 3000 euros de dépenses par mois. Aujourd’hui, seule la moitié de ce montant est prise en charge par les revenus de la retraite et des allocations. L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) rapporte en moyenne 500 euros par mois aux personnes qui en bénéficient (plus d’un million de personnes).
L’APA coûte trop cher à l’Etat
Créée en 2002 pour soulager financièrement les personnes dépendantes qui demeurent à domicile (ou chez un proche), l’APA est un plan élaboré par une équipe médicale. Cette dernière évalue l’état de santé de la personne, et détermine par exemple si elle a besoin de l’intervention d’un professionnel à domicile, quelques heures ou plus, ou encore si elle a besoin d’un équipement particulier chez elle. Enfin, l’APA est soumise à des conditions de ressources.
L’APA coûte trop cher à l’Etat. Ce sont les départements qui la prennent en charge : résultat d’ici quelques années une quinzaine d’entre eux sont menacés de dépôt de bilan. Tout aussi alarmant : d’après les projections réalisées par l’assureur Axa, les dépenses d’APA devraient atteindre 15 milliards d’euros par an à l’horizon 2040, si rien n’est fait pour changer le système actuel. Des dépenses impossibles à assumer pour les finances publiques qui subissent déjà un lourd déficit.
Les contrats de prévoyance, une solution privée
Pour ceux et celles qui le souhaitent, il est possible de se prémunir contre le risque financier de la perte d’autonomie auprès de trois organismes : sociétés d’assurance, mutuelles, et institutions de prévoyance.
Aujourd’hui, près de 3 millions de personnes sont assurées contre le risque de dépendance. Les rentes peuvent être versées soit en liquide soit sous forme de services. « Pour moins d’un euro par jour, une personne de 50 ans peut obtenir une couverture de 1000 euros par mois pour une dépendance lourde, » nous indique Lucie Taleyson, responsable des risques vie au sein du Group Risk Management du Groupe AXA. Mais en moyenne, les rentes souscrites sont de l'ordre de 500 euros par mois, ce qui n’est bien sûr pas suffisant pour couvrir tous les frais liés à la dépendance. En plus, il faut commencer à cotiser le plus tôt possible , « à 40 ans , c’est déjà bien, » précise Lucie Taleyson.
Le « cinquième risque »
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L’enjeu, aujourd’hui, est de trouver un système de financement à la fois public et privé, pour assurer la solvabilité des personnes dépendantes.
« Avant, on évoquait une cinquième branche de la Sécurité Sociale, qui aurait donc été financée par les contributions sociales. Puis on l’a nommé le « cinquième risque » afin de faire une part plus grande à l’assurance privée, » constate l’économiste P.-Y. Geoffard.
Le problème, poursuit l’économiste, c’est que « soit on adopte un système public, et il va falloir le financer par des prélèvements obligatoires. Soit on adopte un système d’assurance privée mais pas obligatoire. Le danger vient alors des personnes qui choisiront de ne pas s’assurer car ils estiment que leur risque est faible, et cela pose un problème de justice sociale. »
Les assureurs, eux, militent pour améliorer la couverture des français, avec la création d’une « assurance dépendance universelle ». Leur métier, c’est d’assurer. En revanche, ce n’est pas la solidarité. Ils appellent donc de leurs vœux un partenariat public-privé.
Mais à ce sujet, le gouvernement souffle le chaud et le froid, et entretient le flou sur les modalités.
Pourtant, à la clé de cette réforme, il n’y a pas seulement la solvabilité des familles françaises face au risque de dépendance. « Il y a aussi 400 000 emplois dans le secteur des services à la personne qui pourraient être créés à l’horizon 2015, » explique Lucie Taleyson, experte de la question chez Axa.
L’Europe du Nord : exemple à suivre ?
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Les pays nordiques sont souvent cités en exemple quand il s’agit des aînés. Ainsi, la Suède est le pays du monde qui consacre la plus forte part de son Produit Intérieur Brut aux personnes âgées. Il faut dire que les plus de 65 ans y représentent 17% de la population totale ! L’objectif est de leur permettre de vivre le plus longtemps chez eux, et de mener une vie normale et autonome. Ainsi près de 95% des suédois de plus de 65 ans vivent chez eux. Ce sont les communes qui se chargent d’adapter leurs logements, sans condition de ressources. De même, les résidences spécialement adaptées au seniors se multiplient.
En Suède, les trois quarts des dépenses de santé sont financées par les impôts. Il faut dire que ces derniers y sont particulièrement élevés ! Pas sûr que les français accepteraient un taux similaire de prélèvements obligatoires…
Conclusion
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« Si le secteur de la prise en charge de la dépendance n’arrive pas à se structurer, cela pourrait conduire de nombreuses femmes (la majorité des aidants) à se retirer du marché de travail, ce qui serait une situation catastrophique, » estime l’économiste Pierre-Yves Geoffard. Dans le cas inverse, « on a la possibilité de créer un secteur fortement créateur d’emplois, et notamment pour les femmes ».
C’est donc le moment ou jamais de se saisir du problème ! Le président Nicolas Sarkozy l’avait promis pendant sa campagne. Depuis la crise est passée par là, et toujours aucune annonce. Très récemment néanmoins, la secrétaire d’Etat en charge des aînés Nora Berra a indiqué que le débat sur un projet de loi concernant la perte d’autonomie aurait lieu au deuxième semestre 2010.
Mais en 2010 aussi, devrait avoir lieu le débat sur les retraites. Difficile de mener les deux en même temps, alors lequel l’emportera ?

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C'est un sujet très intéressant, mais c'est difficile d'imaginer le coût que représente une personne dépendante. 3000 € pour une dépendance lourde, c'est très cher. Même avec 1000 à 1500 € d'aides de l'Etat et des départements, ça représente une charge énorme pour la famille. Tout ça ne donne vraiment pas envie de vieillir !
c'est vria rien à voir avec 1950 les gens agés aujourdhui sont bien plus autonomes que ne l'étaient nos grands parents!
tu as raison alexandra le cout est trés important pour la prise en charge des personnes agées!
Il y à là, un gisement énorme d'emplois, il faut parfois des mois avant de pouvoir mettre en place, un soutien de quelques heures par semaine à domicile. Faute de personnel disponible
oui tu as raison domi il y a baucoup d'emploi mais souvent les personnes agés ont de petites retraites et ne peuvent pas s'offrir de tels services!
le cout est difficilement pris en charge car les retraites ne sont pas trés élevées hgeureusement que certaines personnes à petit revenu peuvent avoir quelques aides financières!
Il s'agit d'un choix politique: la prise en charge de la dépendance par la solidarité nationale (donc par l'impôt) ou par des assurances privées. Tout dépend de quelle société nous rêvons, solidaire ou égoïste.
Le défi de l'avenir.
La famille est mise à contribution pour pallier à ces services là et demande de gros sacrifices de leur part!
il y a quelques année ,, 60 environ, les familles vivaient entre elles , les vieux les moins vieux et les jeunes , chacun s occupait de l autre , la demographire yant change , les familles sont eclatees , il faut bien que quelqu un prenne en charge les personnes ,, l etat se substitu aux familles ,,,,
Pourquoi maintenant la prise en charge de la dépendance ne se ferait elle pas par des assurances privées car la solidarité nationale c'est bien beau mais il y a tellement déjà de personnes à aider que certains seronty lésés.