Reconnaissance au travail : mon travail est-il valorisé ?

Par Candice Satara-Bartko
Publié le 5 octobre 2010

Vous sentez-vous reconnue dans votre travail ?

Vous sentez-vous reconnue dans votre travail ?

Sonia, 29 ans chef de projet : Je suis en formation en ce moment, ce qui prouve que mes supérieurs ont confiance en moi. Dans mon boulot, on travaille pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois sur une opération et lorsque l'animation se passe bien, on est souvent félicité par nos supérieurs.

Marion, 32 ans, chargée de communication : Je ne me sens pas forcément valorisée par ma hiérarchie mais je suis contente de moi et du travail que je fournis, c’est le plus important. Au sein de l’équipe je sens que j’ai ma place. Je pense qu’on me respecte mais aussi que le moindre faux pas peut être difficile à surmonter ! Il faut toujours être efficace et performant, et la seule chose agaçante c’est lorsque mes supérieurs ne se rendent pas compte de tous les efforts, du travail et de l’énergie fournis. Il peut parfois manquer un « merci », ou « j’ai aimé » « tu fais du super boulot », cela aiderait dans les jours où on est débordé.

Valérie, 44 ans assistante de direction : actuellement non, mais je l’ai été dans le passé. Pour ce qui concerne mes réelles capacités, j’estime que je suis sous-employée. J’ai organisé des évènements en France et à l’étranger, géré des budgets importants de fonctionnement d’équipe. Je ne fais rien de tout cela actuellement. Mais  je me motive toute seule en me disant que je suis géniale, je connais mes valeurs (l’avantage de l’âge).

Le fait d’être estimée, est-ce que cela vous booste pour être plus performante ?

Le fait d’être estimée, est-ce que cela vous booste pour être plus performante ?

Valérie : Bien sur que d’être reconnue te booste. C’est essentiel pour avancer et « grandir ». Un petit : « bravo, ce que vous avez fait est génial » vaut presque autant de satisfaction qu’une augmentation.

Sonia : Il y a un lien entre la reconnaissance que l'on nous porte et notre investissement dans notre travail. Le fait d'être considérée me motive pour continuer à m'investir et à m'améliorer. Certaines entreprises montrent du doigt les points faibles pour une meilleure rentabilité/efficacité de leurs équipes. Ce n’est pas la bonne solution à mon avis.

Marion : je ne pourrais pas rester dans un travail qui ne reconnaît pas la valeur de ce que je fais. Etre fier de soi cela passe aussi par le regard des autres. Je pense être bien lotie par rapport à ce que je peux entendre. Beaucoup de mes amies ont fait des dépressions à cause du comportement de leurs supérieurs : elles acceptaient de travailler jusque 20h le soir et de manger un sandwich à midi devant leur écran, mais elles ne supportaient plus l’atmosphère pesante, la pression et le manque d’encouragements. Quand on reste 11 heures d’affilée pour un job qui paye tout juste les factures, on a forcément besoin de compensations humaines.

L’avis de l’experte : 3 questions à Christèle Pierre

L’avis de l’experte : 3 questions à Christèle Pierre

Terrafemina : En lisant ces témoignages, on observe que la question de la reconnaissance préoccupe les salariés. Qu’avez-vous constaté au cours des entretiens que vous avez menés ?

Christelle Pierre : On s’est rendu compte tout d’abord que ce n’était pas un sujet simple, qu’il suscitait des polémiques et des questionnements. La question revient beaucoup dans les entreprises sous forme de plainte : les salariés nous disent qu’ils ne se sentent pas reconnus, qu’on leur en demande toujours plus, et qu’en retour ils n’ont ni considération, ni estime.

On s’est aperçu aussi que les demandes de reconnaissance n’étaient pas tant sur le salaire,  mais sur des choses en fait assez simples et légitimes : être considéré, avoir un chef à l’écoute de ses préoccupations, pouvoir faire des propositions. Ce sont des demandes qui ne sont pas inatteignables, elles relèvent de la confiance, du respect et de l’estime : trois éléments fondamentaux qu’on recherche dans un travail et dans la vie courante. Aussi, en général, il y a un événement   déclencheur. Soit il y a eu un changement dans l’entreprise (nouveau patron) et  certains ne s’y retrouvent plus, soit on leur  demande de faire de nouvelles choses ou bien il y a eu des restructurations et on ne retrouve plus sa place.  

TF : Pourtant une entreprise a tout intérêt à reconnaître ses employés…

C.P. : Quand on dit reconnaissance, souvent les employeurs entendent salaire.  Et ainsi ils se sentent bloqués car ils n’ont pas la possibilité de  faire des augmentations.  Or ce n’est pas toujours le cas. Le problème, c’est que l’on a tous des attentes différentes et légitimes en matière de reconnaissance. Lorsque vous gérez une grande entreprise, il est très difficile de  pouvoir répondre à tous, il faut trouver des compromis  acceptables. Les employeurs, même s’ils sont conscients du problème, ont aussi parfois peur d’ouvrir la boite de Pandore des revendications. Ou alors ils ne prennent pas les bonnes mesures. Par exemple, lorsque pour obtenir l’implication de leurs salariés, des entreprises mettent en œuvre des dispositifs d’évaluation qui lient performance et promotion, l’effet inverse peut se produire.

TF : Quelles sont donc les solutions pour répondre à ces difficultés ?

C.P. : On peut agir, à condition de bien regarder ce qui fonctionne. Une entreprise tourne parce qu’il y a de la performance et donc de la reconnaissance. Il faut trouver où sont les dysfonctionnements, regarder où on se trouve au niveau de la performance et ensuite retravailler la question de la reconnaissance.  A partir de là, on peut établir  un plan d’action concerté.

Souvent, il faut agir au niveau du sens du travail. On s’aperçoit que les personnes ont perdu leurs repères : où en est l’entreprise ? Quelle est  ma place ? Cela peut être aussi redéfinir des fonctions et préciser les exigences que l’on a vis-à-vis des salariés. Il n’y a rien  de pire que de ne pas être responsabilisé sur quelque chose.  Anticiper aussi les situations difficiles, en faisant un état des lieux  puis en élaborant des pistes d’actions.

Christèle Pierre est l'auteure du livre La reconnaissance au travail publié  par l'Anact

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15 commentaires

omaha - 05/10/10 08:28
c'est une des questions fondamentales. Un salarié qui se sent valorisé travaillera d'autant plus. EN tout cas c'est ce que je pense
radounette - 05/10/10 13:41
en disant toujours oui à mon patron j ai appris à ne plus me respecter travailler du matin au soir ,les week end ,les vacances et puis vous donnez la main il vous arrache le bras,faut pas croise aujourd hui dans le milieu du travail il n y a aucune reconnaissance
nams - 05/10/10 16:06
Voilà un article qui fait plaisir à lire ! J'espère que Jérôme Kerviel le lira ;)
Begum - 07/10/10 23:44
Est-ce une impression ou ces témoignages laissent penser que nos employeurs font preuve de moins de reconnaissance au fur et à mesure que l'on vieilli ? ;o)) A moins que nous ayons plutôt tendance en vieillissant de ne plus nous satisfaire des tapes sur l'épaule...
country33 - 11/10/10 22:56
Je plains sérieusement les gens qui travaille aujourd'hui dans ce monde particulier ...
mya941 - 08/01/11 16:56
C'est très important de se sentir reconnu au travail. On y passe quand même huit heures par jour. Le problème c'est que les managers ne sont pas assez bien formés, ils ne savent pas reconnaître le travail de leur subordonnées et pourtant se sont ces petites mains qui font le gros du boulot. C'est un gros soucis que l'on rencontre dans la fonction publique. Dans le privé, les primes au moins récompensent.
missmolko - 06/06/11 08:53
J'ai quitté mon travail ou j'avais aucune reconnaissance et ou on était constamment rabaisser!!!!
country33 - 07/06/11 21:22
Le monde du travail est puire que la mer et l'océan les requins vous guettent.
country33 - 30/01/12 18:53
Il ne fait pas bon être faible maintenant car dans ce monde du travail et vu la crise actuelel il y a intérêt à se battre pour ressortir vaincoeur de tout ça
jeanne-flo - 07/02/12 23:54
Oui , il règne un drôle d'état d'esprit dans les entreprises , pourtant il me semble que la confiance et la valorisation sont les moteurs de la performance au travail . Quelles sont les raisons qui font que l'on veuille impérativement tenir les employés dans une ambiance pesante , il est évident que l'implication dans l'entreprise , la connaissance du fonctionnement permet de faire évoluer la conscience professionnelle ...
jeanne-flo - 07/02/12 23:59
Tiens , le sujet me passionne je vais en rajouter un peu , les gens sont souvent très fier de leur travail , ils se rendent compte de l'importance de leurs actions , il serait assez judicieux que tout le monde le reconnaisse par conséquent , donner de bons outils de base pour que les personnes puissent produire de la qualité , mais je pense que je prêche dans le désert ...
omaha - 04/12/12 12:28
c'est difficile d'être valorisée dans les grandes entreprises , par contre dans les entreprises familiales c'est peut être plus facile
country33 - 29/03/13 06:11
Tout va mal et c'est certain que les employés sont plus dans une ambiance pesante que détendue , il faut surtout aller toujours plus vite pour produire moins cher
Fleurdesmontagn - 29/03/13 06:19
La reconnaissance au travail est une affaire qui demande beaucoup de patience! Les employés ne sont pas tous jugés, estimés et valorisés! Leur travail non plus!
omaha - 26/08/13 08:09
je crois que tout depend du patron que l'on a et comment il percooit le monde du travail, si il prend soin de ses salariés il a tout bon

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