Opter pour des études scientifiques : un choix "rentable" pour les femmes ?

Opter pour des études scientifiques : un choix "rentable" pour les femmes ?
Opter pour des études scientifiques : un choix "rentable" pour les femmes ?
On imagine les femmes peu représentées dans les métiers du secteur dit scientifique. Pourtant,  elles sont nombreuses, et le secteur florissant. Opter pour cette filière serait-il ainsi un choix « rentable » ? L’étude MutationnElles 2014, à laquelle Terrafemina s’est associée, répond à cette question.
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Aujourd’hui, la moitié des diplômés en sciences et technologies sont des femmes. Or, ce secteur est l’un des plus épargnés par le chômage, avec un taux inférieur à 5% contre 14,6% en Europe tous secteurs confondus. Ces chiffres pourraient ainsi donner à penser que les femmes tirent elles aussi, et de manière égale, profit de la belle santé de ce secteur perçu comme masculin. Et pourtant, les chiffres de l’étude MutationnElles 2014 modèrent l’hâtive conclusion.

En effet, si l’on imagine que les femmes, de plus en plus intéressées par cette filière (+11% de filles optant pour une option scientifique en seconde), finissent toutes ingénieures ou chercheuses, il n’en est rien. Concentrées dans un nombre limité de métiers en général moins valorisés, avec des régimes de travail moins favorables, les femmes restent bien souvent campées à des fonctions communément admises comme « féminines ». Ainsi les trouve-t-on le plus souvent dans les métiers de la santé, et plus généralement du service. La tertiarisation du marché de l’emploi ces dernières années aura entraîné une forte augmentation du nombre de postes dans ces secteurs, offrant ainsi aux femmes ayant opté pour ces filières un accès privilégié au marché de l’emploi.

Les services absorbent, en effet, 60% des nouveaux actifs entrés dans les sciences et technologies entre 2008 et 2012, alors que la part de l’industrie manufacturière diminue (20% des RH en sciences et technologies contre 80% dans les services). Ainsi les femmes ont-elles bénéficié du fait qu’elles choisissent de s’orienter vers des activités à caractère « relationnel » s’inscrivant dans le secteur des services. Si tout semble donc idyllique au merveilleux pays des sciences, où tout le monde aurait a priori trouvé naturellement sa place, il n’en est pas vraiment ainsi si l’on regarde à la loupe, en particulier du côté des sciences dites « dures » ou encore aux sommets des différentes hiérarchies.

Moins de 20% de femmes ingénieures

Chez les ingénieurs, on trouve toujours moins de 20% de femmes, ce chiffre tendant à stagner depuis plusieurs années. Idem dans le numérique (27% de femmes seulement), pourtant porteur de bien des promesses pour les années à venir, mais dont 65% des besoins de recrutement d'ingénieurs et responsables informatiques ne sont pas satisfaits. En cause de l’insuccès de ces métiers, non pas les horaires de travail (puisque le télétravail, par exemple, semble y avoir été adopté) mais plutôt un manque de satisfaction de l'accompagnement de la parentalité, et surtout des services de proximité. Mais aussi une méconnaissance certaine du grand public à l’égard des possibilités offertes par de tels métiers. Car ne nous le cachons pas, aujourd’hui, aucun film, aucune série, aucun roman à succès ne fait la part belle à une développeuse ou une ingénieure.

Résultat, lorsque l’on compare la proportion de femmes par filière de spécialisation aux salaires espérés à leur sortie de l’école, on constate que celles-ci ont souvent opté pour les secteurs offrant les rémunérations les plus basses. D’ici à 2020, l’évolution du nombre de postes à pourvoir sera porté par un nombre élevé de départs de fin de carrière. Les secteurs du numérique, l’aéronautique et la pharmacie pourraient  ainsi générer la création de 200 000 emplois. Quant aux métiers qui devraient bénéficier de la plus forte création d’emploi entre 2010 et 2020, il s’agit des personnels d’étude et de recherche, des ingénieurs de l’informatique et des télécommunications, ainsi que des ingénieurs et cadres techniques de l’industrie.

Alors, l’option scientifique, rentable pour les femmes ? Oh que oui, et plus encore dans ces secteurs dans lesquels elles hésitent encore à aller, frileuses à l’idée de déranger ces messieurs dans leur petit pré carré ou encore de bousculer les idées reçues, et bien souvent transmises par l’école, la société ou leurs familles elles-mêmes

Votre fille est en plein choix de carrière ? Vous savez maintenant quoi faire. « Tu seras ingénieure, ma fille. »


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Revoir LCI matin du 8 septembre, et Mari-Noëlle Jégo-Laveissière, Vice-présidente exécutive Innovation, marketing et technologies d'Orange, au sujet de l'étude Mutationnelle 2014