L'expatriation au féminin : promesses et défis d'une nouvelle vie

Par Candice Satara-Bartko
Publié le 1 septembre 2011

L'expatriation au féminin : promesses et défis d'une nouvelle vie

L'expatriation au féminin : promesses et défis d'une nouvelle vie

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Jeunes, actives, diplômées, les femmes n’hésitent plus à se lancer dans l’incroyable aventure de l’expatriation. Mais que ce soit pour suivre leur conjoint ou pour prendre un nouveau poste, le départ pour l’étranger suscite à la fois un formidable enthousiasme et aussi de nombreuses attentes. Adelaïde Russell, psychologue et auteure de nombreux ouvrages sur le sujet, répond à nos questions.

 

Terrafemina : Quel est le profil des femmes qui s’expatrient ?

Adelaïde Russell : Ce sont en général des femmes actives qui ont des profils très diplômées. Elles sont à la fois investies dans leur travail et dans leur vie familiale et font ce choix de se réorienter délibérément. Les collaboratrices qui partent à l’étranger pour prendre un poste sont encore peu nombreuses comparé aux femmes qui suivent leur conjoint. Ce qui les motive ? Des raisons personnelles : l’envie de changer de vie, le renouveau dans le couple, un meilleur niveau de vie… Elles pensent toutes beaucoup à leurs enfants dans cette aventure.

 

TF : Vivent-elles différemment des hommes l’expatriation ?

A.R : Une femme qui prend un poste à l’étranger va s’investir beaucoup dans son travail. Mais elle va aussi s’impliquer naturellement dans la vie familiale. Elle sera très soucieuse de la situation de son conjoint et l’aidera à trouver sa place au mieux dans ce nouvel environnement. Pour les hommes c’est un peu différent. Le cadre expatrié aura plus tendance à confier la sphère affective à sa famille, à sa femme plus particulièrement.

 

TF : Est-ce plus difficile pour l’un des deux ?

A.R : Chacun a un positionnement à prendre, le collaborateur homme ou femme comme le conjoint suiveur. Les niveaux de stress et de difficulté sont communs aux deux personnes. Simplement, celui qui travaille retrouve avec son nouveau poste un cadre, alors que le conjoint à la maison va devoir, lui, tout recréer. Chacun passe forcément par une crise identitaire. La femme qui suit son mari et met entre parenthèse sa vie professionnelle reste très préoccupée par cet aspect. Elle peut culpabiliser de ne plus travailler, ressentir un vide énorme, tout en étant angoissée de devoir s’occuper de sa famille. Il y a aussi le poids des préjugés sociaux, qui fait qu’un homme sera peut-être moins satisfait d’un investissement dans sa vie privée (même s’il est provisoire) et qu’il éprouvera le besoin de retravailler immédiatement. Ce n’est pas facile de trouver le juste équilibre. Mais l’expatriation est aussi l’occasion de resserrer les liens et de trouver des ressources au niveau de la famille. L’entente du couple compte énormément dans la réussite du projet.

TF : Une bonne préparation est donc indispensable ?

A.R : L’expatriation est une formidable aventure vécue en famille. Mais tout n’y est pas rose. Il ne faut pas sous-estimer la difficulté de certaines situations. Les divorces sont très nombreux, ils aboutissent à des retours anticipés, et c’est l’échec. Se préparer, prendre le temps de réfléchir aux projets à mettre en place permet d’éviter de gros moments de déprime. Le conjoint doit s’informer sur ce qu’il peut en retirer de positif. En envoyant un collaborateur à l’étranger, les entreprises ne touchent pas seulement à la sphère professionnelle, mais aussi la sphère privée. Même si elles mettent en place des formations pour les expatriés, elles n’ont pas encore vraiment saisi l’intérêt de la préparation. C’est de la prévention et cela ne se calcule pas. Or, ces outils sont très importants pour éviter de tomber dans les pièges. Il peut s’agir de formations interculturelles, linguistiques ou encore psychologiques. Ce dernier aspect est souvent négligé alors qu’il est essentiel. Toute expatriation soulève des questions personnelles liées à l’identité. De nombreuses formations font ce travail très bien aujourd’hui, l’idéal étant l’accompagnement personnalisé avec un coach. Après, vous pouvez avoir accès à beaucoup d’informations sur Internet. Des réseaux, des forums sont entièrement dédiés à l’expatriation, de même que des livres.

Adelaïde Russell est co-rédactrice de l’étude « Panorama de l’expatriation au féminin : conjoints, collaboratrices » avec Expat Communications. Elle est l’auteure de guides pratiques : « L’enfant expatrié : Accompagner son enfant à travers les changements liés à l’expatriation », l'Harmattan. « Conjoint expatrié, Réussissez votre séjour à l’étranger », l'Harmattan, février 2011.

 



Adelaïde Russell

Crédit photo : Creatas

 

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8 commentaires

country33 - 01/09/11 09:34
Ma soeur est marié aux avec un Américain et depuis 45 ans elle n'a fait que ça toute sa vie de s'expatrier, elle a parcouru plusieurs pays , mais c'est un état d'esprit aussi.
Fabienne331 - 05/09/11 12:44
Bonjour, je suis femme d'expatriée depuis 9 mois..nous avons quitté paris et vivons maintenant à Abu Dhabi ! C'est une formidable aventure qui a aussi ses effets pervers, l'und 'entre eux étant par exemple de comparer le pays d'origine à celui où l'on vit, et parfois, le gap peut être important ! (notamment dans le domaine de la santé, mon mari ayant contracté une maladie longue durée aux Emirats..) mais c'est une expérience unique pour les enfants qui apprennent dès leur plus jeune âge l'anglais à la maison, avec une nanny anglophone notamment. le métissage multiculturel à l'école joue aussi un rôle éducatif non négligeable.
amankelyna - 05/09/11 15:46
c est un combat presque il faut ce battre et pas lacher si c est que que vous voulez.
country33 - 05/09/11 15:57
Fabienne c'est certain que ton expérience est vraiment super car on comprend mieux aussi en te lisant comment c'est bon d'arriver à en tirer profit aussi.
angelabeille - 05/09/11 16:02
Je n'ai pas du tout cette motivation là, je suis bien en France, mais il est vrai que mon travail ne me permet pas non plus d'envisager ce genre de possibilité. Puis il y a mes enfants. Mais c'est il faut faire ce que l'on veut et ce battre. c'est bien.
angel95 - 20/12/11 11:48
Je serais pas fermer completement mais je doit avouer que je suis bien ici alors pas question en ce moment !
jeanne-flo - 19/02/12 12:42
Si l'occasion se présente , c'est une opportunité à ne pas rater , voyager est une chose , s'expatrier en est une autre . C'est merveilleux de pouvoir vivre dans un autre pays et réellement le connaître ...
country33 - 27/02/13 16:55
C'est vrai que lorsqu'on va à Rome on vit comme le sRomains sinon on s'ennuie vite et on a vite la nostalgie de nos attaches et de notre pays c'est mon frère qui me disait ça il fautr de suite essayer de vivre comme les habitants du pays d'accueil.

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