Par   -  Publié le 19 juillet 2012
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Slasheurs : un nouveau mode d'emploi

Slasheurs : un nouveau mode d'emploi

© Hemera
Ils cumulent les emplois par choix ou par besoin, ou même souvent les deux. Ce sont des slasheurs, des travailleurs multitâches dont on n’a pas fini d’entendre parler. Décryptage entre deux jobs.


A 27 ans, Anaïs est community manager/styliste/attachée de presse/pigiste/mannequin. C’est une slasheuse, du nom de la marque de ponctuation, le slash, cette barre oblique signifiant l’accumulation. Et comme elle, de plus en plus d’actifs sont multitâches, par choix, par besoin ou les deux. Entrée sur le marché du travail en 2009, Anaïs a toujours eu plusieurs jobs : « Sauf peut-être quand j’étais étudiante et que je bossais comme vendeuse aux Galeries Lafayette ! Ensuite, j’ai trouvé un premier boulot mais à temps partiel, puis un autre. Je prenais tout ce qui arrivait. Je voulais laisser toutes les portes ouvertes et ne pas avoir à choisir entre l’écriture et le stylisme, surtout. » Et si Anaïs est devenue ultra-active par contrainte au départ, elle se demande à présent si elle pourrait encore « tout lâcher » : « aujourd’hui, je peux faire ce qui me plaît, je suis polyvalente ! ».

Un effet de génération

Car la multiactivité n’est pas toujours le résultat d’une difficulté économique. En réalité, selon le sociologue Serge Guérin, il existerait deux catégories de slasheurs : « La première, très diplômée, multiplie les jobs pour assouvir une passion. L’autre, pour cumuler des revenus et tisser du lien social. » Et pour ce spécialiste du travail des seniors, cette situation n’est pas propre à une tranche d’âge : « Cumuler les tâches, ça existe depuis un siècle ! Ce qui est nouveau, c’est que ce phénomène touche une nouvelle catégorie de personnes plus diplômées. Une catégorie qui jusque-là avait un parcours très normé. » Pour le sociologue, il existerait en fait un effet de génération : « Face à la crise, même les plus diplômés deviennent précaires et multiplient les statuts. Ils sont donc à la fois dans une quête de sens et de revenus. » Une situation que connaît très bien Anaïs : « Je viens tout juste d’accepter un CDI de community manager, parce que c’était à mi-temps, pour pouvoir continuer mes activités par ailleurs et parce qu'après un an en freelance avec des revenus irréguliers, j'ai eu envie d'avoir une paie ! »

Maïssa, 28 ans, a, elle, suivi le parcours inverse. Si elle a commencé sa vie professionnelle par un CDI à la sortie de l’école, elle s’en est vite éloignée. « Au début, c’était une petite entreprise où il fallait tout faire, et puis quand la maison s’est agrandie, je n’occupais plus que le poste d’attachée de presse. C’était moins intéressant. » Elle a alors tout quitté pour partir en Inde, d’où elle a ramené quelques vêtements. Elle a d’abord vendu ses sélections, avant de devenir elle-même créatrice. Passionnée de musique, elle se produit aussi comme DJette, et démarrera à la rentrée un « job alimentaire » pour financer tous ses projets. « Finalement ce n’est pas si différent, tout est lié !, assure-t-elle. Je rencontre souvent les mêmes personnes et, au contraire, mes activités se complètent ! »

Des travailleurs heureux

Mais du côté des entreprises, on en pense quoi ? Slasheur rime-t-il avec employeur ? « Aujourd’hui, le côté multitâches peut être valorisé dans une entreprise, ce qui n’était pas du tout le cas avant où elle aurait plutôt été considérée comme une pratique dilettante », explique Serge Guérin. « Il y a une évolution culturelle : la multiplication des identités professionnelles. C’est un phénomène très nouveau rendu possible par la technologie et contraint aussi par une réalité : la crise. » Ainsi, en multipliant les activités, les slasheurs créeraient leur propres sécurité sociale et seraient moins vulnérables face au chômage. Et en plus ils seraient plus heureux, assure le sociologue : « Ils ne peuvent pas connaître le burn out parce qu’ils fonctionnent à l’envie ! » Alors, demain, tous slasheurs ? « Les deux modèles continueront à cohabiter, tout le monde ne s’épanouit pas en cumulant les emplois ! Mais, on peut être slasheur un temps, une période, et puis on peut aussi devenir poly actifs dans sa vie privée… »

Crédit photo : Hemera

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16 commentaires

alexandrine - 19/07/12 16:03
Je pense que c'est une excellente chose que de cumuler plusieurs jobs différents quand on le choisit, cela fait un plus sur un cv quand on est polyvalente. On cumule du coup l'expérience.
fleurs06 - 19/07/12 20:12
Et bien, personnellement, je pense que sa permet d'avoir tout simplement plusieurs expérience en même temps, d'apprendre plus, et surtout plus rapidement !
Fleurdesmontagn - 20/07/12 06:38
Quand on n'arrive pas à trouver un bon travail, on a tendance à en faire plusieurs pour pouvoir subvenir à ses besoins! La vie est chère, de nos jours, alors vaut mieux devenir slasheurs!
ladymam - 20/07/12 07:12
c 'est très bien si l 'on arrive à suivre , il faut être jeune et ne pas avoir une grande famille à s 'occuper derrière.
Laii - 20/07/12 09:34
C'est un rythme soutenu mais pouvoir faire tous ce qui nous fait envie, j'adore !
dudette - 21/07/12 09:53
c'est bien de cumuler plusieurs emplois, cela fait de l'expérience, mais il faut que ce soit un choix et non pas une obligation et que le nombre d'heures travaillées par semaine ne soit pas non plus surréaliste
country33 - 10/08/12 09:32
C'est génial de trouver des travailleurs multitâches car maintenant peu de personnes n esont pas capables de faire autre chose que leur boulot.Ca ouvre davantages d'horizons.
tania78370 - 10/08/12 21:42
Ils ont bien de la chance, pour ma part si je trouvait ne serait-ce qu'un emploi je serait satisfaite! Et puis cela ouvre plus d'horizon quand on est multi-tâches même si la cadence est soutenu, pour certains c'est une obligation aux vues des prix de la vie courante, le seul bémol c'est quand on à une famille inévitablement on est moins présent!
sandrine6405 - 12/08/12 21:06
De nos jours, on ne peut plus faire les difficiles et on prend le job qui se présente à nous, quitte à cumuler les temps partiels... le tout est d'avoir un salaire à la fin du mois
Mummy In Town - 18/10/12 12:02
Reste plus qu'à appeler les chômeurs les "deleters" :-)
VertdeGrisaille - 22/10/12 11:54
Je ne suis pas encore certaine que les employeurs soient si ouverts que cela aux travailleurs à compétences multiples. Il y a à peine 2 ans, j'étais sur le marché de l'emploi et on me reprochait ma plurivalence. Pourquoi? Parce que, pour les employeurs, on représente le risque de quitter le job pour une autre envie, une autre passion.
Elodie_berlin - 08/11/12 16:19
Chouette, je viens de découvrir que je suis une slasheuse ! Ca peut être aussi une solution pour les jeunes qui se retrouvent confrontés au chômage dès la sortie de leurs études, savoir qu'il n y a pas qu'une voie dans le monde du travail. Je relaie cet article sur mon blog ! http://www.jeune-diplome-au-chomage.fr
country33 - 12/01/13 08:12
C'est pénible d es'organiser quand on a plusieurs emplois mais c'est le lot d'un tas de monde qui veut aussi s'en sortir. Je connais des gens qui font quelques heures en emploi service à la personne et compensent avec des travaux de vignes.
sandrine6405 - 13/01/13 08:51
Tout à fait, à l'heure actuelle, on ne peut pas attendre de trouver un job qui corresponde exactement à notre profil, il faut saisir les opportunités.
fleurs06 - 13/01/13 22:04
C'est sur que de cumuler deux emplois, il faut quand même savoir gérer, déjà qu'un ce n'est pas simple, mais bon cela apporte pleins de choses, de nouvelles rencontres, de l'argent.
country33 - 15/04/13 13:24
C'est pas toujours évident car les horaires avec aussi le strajets ça "bouffe" un peu les heures de travail payés dans certaines corporations.

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