Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 6 juin 2011
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Nos Quartiers ont des Talents : le monde du travail à la portée des jeunes diplômés
L’égalité des chances n’est pas une illusion
Carole Tran Van Lieu et Elagnon Ahouansou-Karla auraient pu ne jamais se rencontrer. La première travaille dans les hautes sphères de la Finance, dans une de ces tours de La Défense, symbole de la réussite du monde des affaires. Charismatique, mais tout autant humaine, elle partage son temps entre les fonds immobiliers et les projets d'investissement. L’autre, fraîchement diplômée d’un Master 2 en Gestion Finance et d’un MBA en Gestion de patrimoine, est à la recherche d’un emploi stable, un CDI bien sûr. Etudiante modèle et ambitieuse, elle postule à de nombreuses offres d’emploi, dans un contexte économique qui reste difficile. Mais lorsqu’on a grandi en banlieue, avec un nom d’origine étrangère, le chemin pour décrocher un job est toujours plus long. A force de conviction et d’entretiens, elle trouve un emploi à la sortie de ses études en 2008. La satisfaction est de courte durée. Avec la crise, son employeur doit réduire ses effectifs. Elle est contrainte de démissionner peu de temps après. Par chance, elle intègre une autre entreprise neuf mois plus tard. Mais aussitôt le courant passe mal. Démoralisée, elle décide de frapper à la porte de Nos Quartiers ont des Talents. Lancée en novembre 2005, l'initiative vise à accompagner vers l'emploi les jeunes diplômés issus prioritairement des quartiers populaires.
Elagnon Ahouansou-Karla, 26 ans : « Carole m’a redonné confiance en moi »
« Mon dernier CDI a ruiné mon moral. J’ai dû quitter l’entreprise au bout d’un an à la suite de problèmes relationnels avec mon supérieur. Cette période a été très difficile, je devais tout recommencer depuis le début, passer des entretiens, retrouver un emploi… J’étais consciente que le fait d’habiter en banlieue et que mon nom soit d’origine étrangère était un handicap. J’avais pu remarquer qu’en envoyant mon CV sans photo et en changeant mon nom, les entreprises étaient bien plus nombreuses à m’appeler. J’ai commencé à passer des entretiens, sans succès, les recruteurs percevaient mon mal-être. Je me suis dit qu’il était temps que je me fasse aider.
Je me suis inscrite sur le site de Nos Quartiers ont des Talents. On m’a aussitôt attribué une marraine qui travaillait dans le domaine d’activité que je souhaitais intégrer : l’analyse et la gestion des risques en banque. J’ai rencontré Carole très rapidement. Au premier rendez-vous, on a fait connaissance, je lui ai raconté mon parcours en détail. Elle paraissait très à l’écoute et m’inspirait une réelle confiance. Dès le second rendez-vous, on a fixé des objectifs. Nous avons entièrement revu mon CV, puis elle m’a fait passer des entretiens de recrutement pour m’entraîner. Toutes les deux semaines, nous nous retrouvions pendant 1h30 dans son bureau à la Défense. Carole est quelqu’un de très humain. Elle aussi se confiait à moi, me racontait ses expériences. J’ai trouvé un emploi en juillet 2010. C’était inespéré, après 9 mois de recherche intensive. La première personne que j’ai appelée fut mon père, et Carole juste après. Aujourd’hui, je sais que sans elle, j’aurais pu chercher du travail pendant encore longtemps. »
Carole Tran Van Lieu : « J’ai envie d’aider les jeunes femmes »
« Tout a commencé par une présentation du dispositif Nos Quartiers ont des Talents dans mon entreprise. J’ai trouvé l’idée géniale. Ce n’est pas facile pour un jeune diplômée de rentrer dans le monde du travail, NQT permet de créer des passerelles entre ceux qui cherchent un emploi et les entreprises. Et si moi, à mon échelle, je peux donner un petit coup de pouce à un jeune, alors je fonce.
Je me suis inscrite sur le site et peu de temps après, ils m’ont proposé une filleule, Elagnon. J’étais impatiente de la rencontrer. Lors du premier rendez-vous, je lui ai demandé ce qu’elle attendait de l’expérience. Elle a placé la barre très haut : elle voulait trouver un travail. J’ai été frappée par sa volonté et sa détermination tout en remarquant qu’elle se trouvait dans une très grande détresse psychologique. Nous avons d’abord revu son CV pendant deux bonnes séances. On a ensuite simulé des entretiens où elle était la candidate puis l’employeur. A chaque fois, je lui donnais mon retour. A force de s’entraîner, elle dédramatisait son histoire et j’ai très rapidement vu ses progrès. Nous avons fêté ensembles son contrat.
Je pense que pour devenir marraine ou parrain, il faut avoir le goût des autres. C’est un petit geste citoyen, qui ne nécessite pas de compétences particulières, simplement l’envie d’aider. Je me suis engagée avec mon œil de professionnel et de femme, pour lui donner un aperçu de la vie professionnelle. Cette rencontre avec Elagnon m’a fait prendre conscience que la solidarité et l’entraide prenaient une part de plus en plus importante dans ma vie. J’arrive à un moment de ma carrière où je me dis qu’il y a aussi l’humain qui compte. J’ai deux filleuls actuellement, des jeunes filles aussi. Ce n’est peut-être pas un hasard. »
Le site de Nos Quartiers ont des Talents
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C'est vrai qu'on voit de plus en plus de jeunes diplomés qui n'ont pas de travail et en plus dans les quartiers ça doit etre très difficile. Moi je suis au chomage et j'ai été mis en garde plusieurs fois contre les discriminations, nottament de ne pas mettre de photos sur un cv ou d'informations qui pourrait etre utilisé pour discrimination comme avoir un enfant et etre celibataire..... c'est dingue d'en arriver la
Je trouve que ce système de parrainage ne peut être que bénéfique , c'est une très bonne démarche et cela aidera très certainement ces jeunes en recherche de travail.
Ca éxiste cette formule dans certaines branche et c'est drolment bien , plutôt que ces jeunes là reste au bord de la route.
Il faut changer le système en profondeur pour créer des emplois pour tous , la discrimination n'y survivrait pas,
Il va falloir conjuguer que ces gens là sont maintennat en France et qu'ils ont droit à avoir du travail, certe il y a la crise mais à diplome égal , travail égal.
C’est une belle initiative, il semble que venir d’un quartier sensible serait un frein (malgré les diplomes) pour trouver du travail
Il y a des petites actions de personnes qui restent dans l'ombre et qui oeuvrent pour aider les gens en difficultés, c'est génial.