Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 10 février 2010
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« Avatar » s’invite en entreprise
Un serious game, pourquoi ?
Le terme est à la mode certes, mais la définition n’est pas toujours très claire. Qu’est-ce qu’un serious game ? « C’est une application qui utilise les technologies et le savoir-faire du jeu vidéo pour atteindre des objectifs pédagogiques », nous répond Stéphane de Buttet, fondateur de Simlinx, société spécialisée dans les serious games. En s’appuyant sur des jeux vidéo, les entreprises organisent des sessions de formation, de sensibilisation pour leurs salariés. « L’idée est d’intégrer l’apprentissage dans un monde interactif », ajoute notre interlocuteur. Ces jeux reposent sur des scénarios virtuels où les salariés évoluent dans leur univers professionnel et sont confrontés aux problématiques du quotidien. On trouve aussi bien des formations en management, en vente, que des sensibilisations aux risques de certains métiers ou encore aux questions environnementales.
Axa France est présent sur le créneau des serious games depuis 2007. L’entreprise a mis en place un serious game lié à l’entretien annuel d’évaluation, à destination des managers. En 2008, elle a développé un module sur le comportement de vente par techniques d’achat.
Le serious gaming s’avère aussi un puissant outil dans le recrutement. L’Oréal surfe sur la vague des serious games depuis déjà quelques années. Le géant des cosmétiques a lancé dernièrement un nouveau jeu pédagogique Reveal. Il a vocation à sensibiliser aux métiers de L’oréal, à recruter de nouveaux profils en instaurant une présélection.
Est-ce que ça marche ?
L’utilisation de ces techniques est-elle efficace ? Le jeu vidéo s’adapte-t-il à une approche pédagogique ? Beaucoup d’entreprises cherchent à mesurer l’impact des serious games. Pourtant « l’efficacité de ces outils reste difficile à mesurer », observe Christophe Campanaud, responsable formation Axa France dans la région Sud-Est. Pour ce qui est des serious games liés aux techniques commerciales, « il est plus facile d’évaluer les résultats, et nous nous appuyons aussi sur des critères objectifs », continue Christophe Campanaud.
Pour autant, du côté des collaborateurs, les réactions sont très positives. « Le jeu vidéo rend les sessions de formation ludiques, motivantes. Généralement, les salariés sont enthousiastes, les retours sont bons », raconte Stéphane de Buttet. Pour l’entreprise aussi, cette méthode présente de sérieux atouts. Elle lui permet de réduire ses coûts de formations, de gagner en productivité et de valoriser son image. Au placard donc les journées de formations interminables et les sessions d’e-learning ennuyeuses : place à l’immersion dans le monde virtuel.
Des limites évidentes
Un serious game doit être strictement encadré et répondre à des objectifs de formation bien précis. « Si on se lance à l’aveuglette, sans connaitre les conséquences de l’utilisation de telles technologies, sans avoir préparé le terrain, on peut facilement échouer. », explique Stéphane de Buttet. La préparation d’un serious game est à ce titre fondamental et périlleuse. Certaines règles sont à respecter comme l’aspect ludique, la qualité du programme, la créativité, l’ajustement avec le public cible.
« Si vous proposez ce type d’outil, il est impératif de bien préparer les personnes qui vont l’utiliser. Un serious game est tenu de s’intégrer dans une communication globale pour que sa réussite soit assurée », observe Stéphane de Buttet. Car le principe du jeu vidéo pour former peut déstabiliser bien des collaborateurs dans une entreprise. Autre limite incontestable de l’outil, le prix faramineux. Développer un serious game coûte cher, de 40 000 à 300 000 euros suivant la complexité et les technologies utilisées. Plus le jeu est élaboré, plus son prix sera élevé. Cependant, les agences proposent aussi des produits généralistes pouvant répondre aux besoins d’entreprises très diverses. En bref, avoir recours à un serious game impose beaucoup de préparation et de suivi, les erreurs pouvant coûter très chers.
Un avenir propice
L'utilisation des techniques du jeu vidéo pour la formation des salariés gagne de plus en plus de terrain. « C’est un marché en forte croissance, les coûts vont forcement diminuer et donc attirer de nouvelles entreprises ». Surtout que certains modules de formation pouvant être utilisés par un grand nombre d’entreprise et moyennant peu d’adaptation, sont développés. De là à imaginer la fin des formations plus classiques, sûrement pas : « nous sommes sur des logiques de complémentarité des formats d’apprentissage », nous dit Christophe Campanaud, responsable formation Axa France Sud Est.
Reste que le serious game est devenu tendance jusque dans les rangs du gouvernement. En mai dernier, Nathalie Kosciusko-Morizet secrétaire d'Etat à la prospective et au développement de l'économie numérique a annoncé que 30 millions d'euros seront investis auprès d'éditeurs français de ces logiciels d'apprentissage. Elle prévoit de commander des jeux sérieux pour les secteurs de la santé, de l'éducation, de la défense…
3 question à Damian Nolan , directeur commercial de l’Agence Daesign .
Terrafemina : Vous avez remporté le prix du meilleur serious game de l’année, à l’occasion de la serious game expo qui s’est déroulée en décembre dernier à Lyon. Quel était ce projet ?
Damian Nolan : Nous avons monté un serious game avec Renault Academy. Il s’adresse aux commerciaux et repose sur de la technique de vente. Très simplement, Il s’agit d’une mise en situation commerciale virtuelle. L’utilisateur pilote son avatar et essaye de vendre son produit. En face de lui un client potentiel va réagir en conséquence. Dans ce jeu, nous avons créé un grand nombre de situations différentes, l’avatar client à un niveau d’intelligence artificielle très élevé, ce qui permet un vrai entrainement.
TF : Quelles ont été les réactions ?
DN : Le jeu est traduit en 4 langues, il est en phase de déploiement mondial. Nous avons peu de recul, mais les retours sont déjà très positifs. . Ce qui plait, c’est l’aspect mise en pratique, analyse et bilan personnalisé à la fin du jeu. Il y une vrai attente, les gens se retrouvent plus dans ces jeux interactifs que dans les formations traditionnelles.
TF : Quelles sont les tendances du secteur ?
DN : Tous les outils qui permettent des mises en situation, des simulations vont continuer de se développer. Nous allons renforcer la partie, « coaching virtuelle », qui relève de l’évaluation de pratiques. Les tendances, c’est aussi l’intégration d’outils communautaires, sociaux dans les serious game avec le développement de jeux multi joueurs où plusieurs personnes évoluent dans le même espace virtuel.

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c'est pas mal comme mode de travail ! ça motivera les jeunes
C'est vraiment novateur et motivant comme méthode je trouve.
Le principe du jeu vidéo adapté aux situations professionnelles est, paraît-il, l’avenir de la formation ! Avec le jeu, on introduit la notion de plaisir.Par exemple :•« Hair», jeu de simulation chargé de retenir l’attention des apprentis coiffeurs du 3ème millénaire. Non, il ne s’agit pas de faire un casting pour une comédie musicale ! Cette "modélisation virtuelle du business d’un salon de coiffure" permet aux élèves et aux collaborateurs en poste de travailler leurs compétences professionnelles dans cinq domaines clés de leur métier : relation client, consultation, fidélisation, prise de rendez-vous, santé, sécurité. Cela évitera peut-être à la cliente de ressortir du salon avec une choucroute blond verdâtre sur la tête parce qu’une apprentie s’est gourée dans les couleurs !
C'est intéressant. Mais il est vrai que ça ne remplace pas une situation réelle
C'est une nouvelle méthode qui a l'air très sympa pour l'apprentissage, c'est à développer je pense.
je trouve sa super interessant