Par
Véronique Forge
- Publié le 20 avril 2010
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L’expatriation vue par une experte londonienne
L’expatriation vue par une experte londonienne
Florence Gomez vient d’être nommée Présidente des Chambres de commerce étrangères en Grande Bretagne qui regroupent 44 pays allant du Japon à l’Europe en passant par le Moyen-Orient et les Etats-Unis.
Terrafemina : Qu’est-ce qui vous a motivée à partir il y a 20 ans en Chine ?
Florence Gomez : En fait, cette question en amène une autre, pourquoi ai-je décidé d’étudier le chinois au départ ? Et bien, c’est un hasard absolu. Juste après les événements du printemps de Pékin en 1989, j’ai dû faire un cauchemar cette nuit-là, en tout cas je me suis réveillée en me disant « j’ai envie de faire du chinois ». Après, tout s’est enchaîné car apprendre le chinois sans aller passer quelques temps dans le pays, c’est absolument un non-sens. J’ai donc obtenu une bourse d’études de 2 ans. Finalement, je suis restée 15 ans. Je suis arrivée à Pékin en 1992 pour étudier à l’université puis j’ai décidé de rester.
L’expatriation vue par une experte Londonienne
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TF : En Chine, vous avez eu une carrière éclectique : ouverture d’un bar à Pékin en 1995, prof d’anglais au Lycée français de Pékin, PDG d’une maison d’édition en joint venture, avant de présider en 2001, la Chambre de commerce française à Pékin. Je ne parle pas de vos activités artistiques, metteur en scène et musicienne. Vous aviez envie de vivre plusieurs vies, de sortir du cadre, c’est aussi ce que permet l’expatriation parfois ?
F.G. : Certainement, mais cela dépend où l’on s’expatrie. L’expatriation dans un pays comme la Chine, où tout est très différent de la France est sûrement plus compliqué qu’une expatriation au Royaume-Uni, plus proche de nous. Chez les expatriés on rencontre toutes sortes de gens qui sont plus différents les uns des autres. Il y a des liens qui se créent extrêmement rapidement car finalement on est tous plus où moins dans la même galère. A l’époque en 1992, on était encore assez peu nombreux en Chine et surtout très peu à être trilingues français-chinois-anglais, ce qui offrait de vraies opportunités.
TF : Quelles sont les qualités requises pour réussir une expatriation ?
F.G. : Déjà, il y a plusieurs catégories d’expatriés. Il y a ceux qui parlent la langue dans laquelle ils s’expatrient. En Chine quand on parle la langue, cela ouvre énormément de portes, et moi personnellement, c’est ce que j’aime : échanger, communiquer, comprendre. D’un autre côté, il y a des expatriés qui ne font absolument pas l’effort d’apprendre la langue ou même de connaître quelques mots ; ils ne se mélangent pas du tout et recréent leur microcosme franco-français. Pour moi, une expatriation réussie, c’est avoir envie d’aller vers l’autre.
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TF : Quels sont vos conseils pour réussir une expatriation ? Vous avez évoqué la langue, un intérêt pour la culture, une envie de s’intégrer mais pouvez-vous nous donner quelques éléments pratiques ?
F.G. : Avant même d’arriver dans le pays, il faut préparer son expatriation. Il faut toujours demander un voyage de repérage parce qu’il faut se rendre compte si on va savoir s’intégrer ou pas. Il faut aussi que sa famille s’y sente bien. Il y a donc toute une préparation qui peut prendre du temps. Cela dépend des pays aussi : il est plus facile de s’expatrier en Espagne ou en Allemagne qu’en Inde ou en Afrique. Il faut donc prendre un maximum de renseignements, échanger avec des gens qui ont vécu là bas, utiliser les réseaux qui sont à disposition comme le réseau des chambre de commerce à l’étranger, le réseau des ambassades à l’étranger, les consulats ou encore le réseau des conseillers au Commerce Extérieur de la France. Il faut évidemment se renseigner pour savoir s’il existe un Lycée français. Enfin, tout ce qui concerne la Santé est très important aussi. Sachez que les grands groupes proposent des aides à l’expatriation.
TF : Vous êtes en poste depuis 2 ans et demi en Grande-Bretagne où vous dirigez la Chambre de commerce française. Après 15 ans en Chine, cela a du être difficile ?
F.G. : Cela a été un vrai choc culturel. J’ai été frappée par le changement de rythme car tout est plus rapide là-bas. Il m’a aussi fallu plus de temps pour m’intégrer car même si, à un poste comme le mien on a rapidement la possibilité de se faire un réseau professionnel, cela rapproche finalement d’être très loin de son pays d’origine.
Mes livres de chevet :
Hua Linshan, Les annees rouges (ed Seuil) Victor Segalen, Oeuvres completes (Robert Laffont) Fabienne Verdier, La passagere du silence ( ed Livre de Poche) Simon Leys, Essai sur la Chine (disponible sur Amazon)
ALLER PLUS LOIN :
La gastronomie, le bon filon pour s'intégrer
Les femmes s'expatrient de plus en plus

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mon mari, s'il le désirerait, pourrait demander une mutation à l'étranger. Je pense que je serais à la fois excité et decontenancée. Est ce réellement facile de s'integrer ? Et il y a aussi le problème des enfants à gérer. Tous ceux qui sont revenus d'une "campagne" de trois ans sont revenus en France enchantés et ne demandent qu'à repartir
Le désir d'apprendre la langue a poussé cette femme à vivre en Chine, c'est incroyable!