Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 3 juin 2010
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Les mots sont-ils sexistes ?
Pourquoi un « dictionnaire iconoclaste du féminin » ?
Terrafemina : Pourquoi avez-vous décidé d’écrire « Le dictionnaire iconoclaste du féminin », l’humour est-il une bonne manière de démonter les clichés ?
Annie Batlle : l’idée du dictionnaire iconoclaste du féminin vient de notre éditeur Bourin. Il a pensé à nous pour l’écrire, car nous avions chacune des engagements en faveur de l’égalité hommes femmes ainsi qu’une certaine légitimité à le traiter : notre expérience du monde professionnel et du journalisme.
Quelle chance de pouvoir être iconoclaste surtout quand il s’agit d’en finir avec les clichés sur les femmes ! Cet exercice nous a offert une grande liberté de ton et l’occasion de couvrir plusieurs domaines (histoire, religion, politique, économie, société...) en relation avec les rapports H/F. Pourquoi l’humour ? Parce qu’il est subversif. C’est une forme de recul et de décalage, une lecture inattendue de la réalité qui amène à se poser des questions salutaires. Mieux vaut provoquer des rires pour faire passer des messages sur ces questions sensibles. Avec ses 200 mots, expressions et citations, le dictionnaire iconoclaste révèle « qui parle » depuis le début des âges et quel est le sexe du langage.
Notre langage serait donc sexué avec un masculin ultra dominant…
TF : Notre langage serait donc sexué avec un masculin ultra dominant…
A.B. : Oui. Le langage reflète une constante universelle, celle de la domination masculine. Pourquoi, depuis que nous avons un seul dieu, dans toutes les religions c’est toujours un homme ? (« Monotheisme ») comme les prophètes d’ailleurs.) Pourquoi une Déclaration universelle des droits de l’homme qui bafoue les droits des femmes ? (« Universalisme»). Le genre masculin est générique, il l’emporte sur le féminin, le rend invisible : un seul garçon dans un groupe de 10 filles et on dit « ils se sont promenés ». Quant au féminin des mots il est très souvent dévalorisant : gars /garce ; homme public/femme publique; entraineur/entraineuse etc..» (« Féminins)
Quel est l’impact de ces mots qui structurent encore notre inconscient ?
TF : Justement, quel est l’impact de ces mots qui structurent encore notre inconscient et font du mal aux femmes sans avoir l’air ?
A.B : L’essentiel de ce que nous savons, nous l’apprenons par les mots. Le langage est un résumé de culture. Ces mots, ces expressions, que nous utilisons spontanément, parce qu’on nous les a appris ont une histoire et racontent une histoire. Ils sont à la fois un formidable concentré d’apprentissage, un instrument de transmission accéléré, et en même temps un frein à l’évolution de la société. IL est beaucoup plus facile de faire entrer dans un cerveau des idées et des mots nouveaux que d’en faire sortir les anciens. Donc on répète à l’envi depuis des siècles des termes qui correspondent à des systèmes de représentation archaïques.
L’expression « sexe faible » toujours en usage, alors que les femmes ont une durée de vie beaucoup plus longue que les hommes, Que penser de « fée du logis », et de « femme d’intérieur » ? Pourquoi un homme ambitieux est-il encensé et une femme ambitieuse est-elle critiquable ? (cf Ambition) Pourquoi traiter un homme de « femmelette » ou de « gonzesse », est une insulte (cf. Féminins). Et dire d’une femme « qu’elle en a » est il un compliment ? Ces lieux communs bloquent les évolutions vers l’égalité des femmes avec les hommes car ils légitiment toutes les positions conservatrices. On entend encore que les femmes ne peuvent pas faire tel ou tel type de travail, qu’elles sont tenues chercher leurs enfants à l’école (« l’Heure des mamans »), et que l’école est « maternelle » bien sûr. Nous avons voulu dans ce dictionnaire iconoclaste, mettre à nu tous ces faux amis des femmes et montrer combien ils étaient archaïques aujourd’hui.
Comment le langage évolue-t-il actuellement
TF : Comment le langage évolue-t-il actuellement, moins de clichés ou au contraire?
A.B. : Malheureusement je ne suis pas sûre que le langage évolue dans le bon sens. Dans les psalmodies de certains raps (Liberté d’expression), il y a une brutalité insupportable envers les femmes (en gros toutes des putes). Le mot baiser, qui à l’origine était un mot tendre, est devenu un symbole de pénétration et de viol pur et dur. Nous somme frappées par une évolution vers plus de sexualisation des mots et par la violence de cette sexualisation. A l’évidence le langage continue d’être sexiste. En témoigne aussi les réticences pour féminiser les titres professionnels des femmes. Même de nombreuses femmes s’y opposent de peur de se dévaloriser. Or Directeurs, docteurs, professeurs camouflent la présence et le talent des femmes. Mais il y a heureusement des évolutions, de plus en plus de femmes à des postes importants se font appeler Madame la ministre, Madame la directrice sans crainte d’être prises pour la femme du ministre ou du directeur !! Plus il y en aura, moins les capacités des femmes à occuper toutes les fonctions seront discutées.
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un article interessant a decouvrir et tres complet bravo
d'accord mais il faut bien choisir un genre! et on ne peut pas laisser choisir le genre des mots, car on n'y comprendrait plus rien. Il faut une convention et cette convention c'est la coutume. Et la coutume c'est le masculin: moi ça ne me dérange pas
bousculer l'image, l'hypocrisie par le langage, c'est très bien mais les clichés existeront toujours là , malheureusement
Malheureusement... On mange du bœuf, mais c'est la vache qui est folle. Une femme médecin n'a pas d'appellation ... mis à part, "femme médecin"?? Et que dire du mot cheffe est un néologisme.. !
Il faut du temps pour qu'un mot nouveau soit adopté;le langage n'est pas prêt d'évoluer; cela me semble difficile à cause des conventions,des traditions linguistiques et des clichés. Ce n'est pas demain que l'on modifiera les grammaires en instaurant la domination du féminin sur le masculin.Le langage est certes sexiste, mais malgré cela, j'ai du mal à accepter certains mots féminisés; je ne les trouve pas harmonieux à l'oreille; les habitudes sont tenaces!
Je ne pense pas que le fait de changer le langage améliore cette situation, les habitudes restent ancrées!
tous les mots sont beaux ,, il me semble qu un français lambda utilise 5000 mots dans le langage courrant , hors , notre potentiel serait de 170000 mots ,, alors , avant d en ajouter , commençons par découvrir et apprécier ceux qui sont a notre portée ,, le langage peut il permettre aux femmes d être femmes ,, je pense que les actes seraient plus appropriés ,,,, féminiser les mots ne changera pas ni l art , ni la manière de vivre ,,,,, .