Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 22 juin 2010
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Avez-vous trouvé votre rythme de travail ?
Le travail non-stop, au bureau comme à la maison
« Je suis tout le temps sous pression à cause de mon travail. Le stress m’empêche de dormir la nuit, je ne sais plus quoi faire pour m’en extraire ».
Mélanie, comptable, n’est pas la seule à vivre cette situation. Près d’un Français sur trois se dit de plus en plus stressé au travail selon une enquête menée par l'institut TNS-Sofres pour le groupe Apave en octobre 2009.
En cause : une cadence de travail difficile à soutenir, des objectifs inatteignables, une hiérarchie pas toujours conciliante. Pour Laurence Einfalt, fondatrice de l’agence Jara, spécialisée en organisation professionnelle : « le problème majeur qui se pose aujourd’hui, est que les salariés ont trop de travail à faire par rapport au temps dont ils disposent. Ce culte de l’urgence génère du stress et un grand sentiment d’insatisfaction.»
Résultat, ils sont de plus en plus nombreux à prolonger la journée de travail à la maison. C’est ce que Nicole Turbé-Suetens, experte auprès de la Commission européenne et fondatrice de Distance expert, appelle le « télétravail gris » : « il s’agit d’une évolution des pratiques de travail, d’un glissement au fil du temps sans que cela soit organisé et officialisé », explique-t-elle. « Le problème d’un tel phénomène non contractualisé est que l’on ne peut rien mesurer et il est impossible de prévenir les abus. »
Le succès des smartphones (Blackberry, Iphone…) en témoigne : on emporte son travail partout avec soi, et on devient « workaholic » (accro au boulot). Adieu les coupures et l’esprit léger.
Mais le télétravail, si toutefois il est officialisé, permet quand même de mieux s’organiser pendant la journée, de gérer son temps comme on le souhaite, et de s’acquitter de certains devoirs familiaux incontournables. Très populaire aux Etats-Unis, ce mode de travail a-t-il gagné la France ?
Le télétravail, une alternative pour travailler mieux ?
Bien que cette pratique connaisse un regain d’intérêt ces dernières années en France, le télétravail concerne encore très peu de salariés : 7% seulement, alors qu’il dépasse les 20% dans les pays scandinaves. Comment expliquer un tel écart ? Les réticences sont tenaces dans notre pays, où « on évalue encore le travail en fonction de la présence », d’après Gérard Vallet, Président de l’association pour le développement du télétravail (A.N.D.T.).
Pourtant cette technique présente de nombreux avantages. Ainsi, Magalie, directeur financier en charge des contrats dans une société éditrice de logiciels informatiques a déjà expérimenté le télétravail. « Cela m’est arrivé plusieurs fois de bosser de la maison. Je suis totalement pour, car c’est un gain de temps considérable», constate la jeune femme, qui rentre rarement avant 19h30 le soir. Gain de temps pour le salarié, mais aussi gain de productivité pour l’entreprise. « Les interruptions durant notre travail représentent 15 à 20% du temps, souligne G. Vallet. « Or, lorsque vous êtes en télétravail, vous n’êtes plus dérangé et vous gagnez ce temps. ». Cela dit, il faut trouver un juste équilibre afin de ne pas couper les liens sociaux avec l’entreprise. « Les études ont montré que le rythme idéal était de 2 à 3 jours de télétravail et le reste sur le lieu de travail parmi les collègues », affirme Nicole Turbé Suetens. Cependant, le télétravail n’est pas compatible avec toutes les activités professionnelles et il est indispensable de bien l'organiser
Face à l’impossibilité d’alléger leurs journées de travail, certains salariés, en grand majorité des femmes, font le choix du temps partiel. Fausse bonne idée ?
Temps partiel : choisi ou subi ?
Plus de 80% des salariés à temps partiel sont des femmes. Comment l’expliquer ? Pour certaines, il s’agit d’un vrai choix de vie : elles préfèrent travailler moins, le plus souvent 4 jours sur 5, pour dégager du temps pour elles et leurs familles. La plupart d’entre elles sont mamans. Mais d’autres en profitent aussi pour s’épanouir dans d’autres activités. « J'ai gagné en qualité de vie, je suis moins stressée, moins fatiguée, constate Céline, 33 ans, consultante. Grâce à cette journée de libre en pleine semaine, je me suis organisée des activités rien que pour moi ».
Pourtant, se mettre en 4/5ème n’a pas que des avantages. La baisse de salaire est importante (20% de moins !), même si elle peut être en partie compensée par l’Allocation Parentale d’Education (APE). Mais la charge de travail, et donc de stress, ne diminue pas forcément en conséquence. « La nature de mes missions n'a toujours pas changé et les deadlines sont les mêmes », poursuit Céline.
Autre bémol, la semaine de 4 jours n’est pas toujours bien vue, à commencer par les salariés restés à temps plein. Céline doit ainsi faire face aux remarques de ses collègues qui ne comprennent pas son choix. Une éventuelle promotion peut aussi vite passer sous le nez. Les temps partiels ont donc des conséquences sur les carrières, sur les salaires, et aussi par répercussion sur les retraites des femmes.
En outre, de nombreuses femmes travaillant à temps partiel expliquent que si elles avaient accès à des modes de gardes moins onéreux pour leurs enfants, elles travailleraient avec plaisir à temps plein.
Ce rythme de travail subi et non choisi est un des combats de Brigitte Grésy, auteure d’un rapport sur l’égalité professionnelle : « le temps partiel est un temps menteur. Bien souvent les femmes qui choisissent d’être à 80%, au moins temporairement, font en réalité du 100%, estime l’Inspectrice générale aux affaires sociales. Dans les 4 jours où elles sont présentes, elles travaillent 35 heures ou même plus pour les cadres et remplissent leurs objectifs, tellement elles se sentent coupables de quitter l’organisation 1 jour par semaine. Et d’autant plus qu’on leur fait vraiment sentir qu’elles sont à temps partiel. »
Conséquence, il n’est pas rare que certaines femmes souhaitent reprendre un temps plein, et revenir à des rythmes de travail plus classiques.
L’avenir, c’est la liberté de travailler
La moralisation du temps partiel fait partie des priorités de Brigitte Grésy. Dans son rapport sur l’égalité professionnelle, elle propose un certain nombre de mesures pour freiner son développement : la réduction des temps partiels très courts en favorisant le cumul d’activités pour permettre à des personnes à temps partiel de compléter leur revenu ; la formation et l’information des salariés sur ce qu’entraine le temps partiel ; des procédures de surcotisations pour les employeurs qui recrutent des personnes en temps partiels.
Dans sa croisade contre ce temps partiel subi, l’Inspectrice générale aux Affaires Sociales revendique en fin de compte un temps de travail plus juste et libre.
Et ce n’est pas le sociologue du CNRS, Jean Viard, spécialisé dans l’étude des temps de travail et des loisirs qui dira le contraire. « L’enjeu aujourd’hui, c’est le pouvoir sur son emploi ! », affirme-t-il, l’avenir, c’est le temps choisi : pouvoir décider à quel moment je préfère travailler, être libre de choisir ces moments de solitude. »
Tous les nouveaux métiers (technologies, marketing), mais aussi les professions libérales et les entrepreneurs, ont adopté des rythmes de travail plus souples. Le télétravail, le temps partiel choisi, les RTT illustrent aussi ce phénomène de souplesse du temps de travail. Et même si les blocages sont encore nombreux, peu à peu les verrous sautent.
EN SAVOIR PLUS :
Comment travaille-t-on en Europe ?
Travail à temps partiel ! tous vos droits

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moi je suis plutot du matin, donc je préfère commencer à 8h00 et finir à 16h30. Cela me permet de récuperer les enfants de bonne heure à l'école. Le midi, je ne prends qu'une demi-heure, trois quart d'heure, je déjeune sur place, c'est suffisant
je préférais travaillé du matin, comme parfois dans mon ancien métier dans la vente et la gestion de rayon. cela permet d'avoir plus de temps pour passer les commandes, organiser le rayon etc sans etre interrompu toute les 5min. Pour mon nouveau taff, seulement 25h/semaine et je suis d'après midi (12h-19h) avec 3 jours de repos par semaine (dont deux consécutifs: mercredi, jeudi) je ne suis pas à plaindre! enfin à voir, je commence lundi!
moi aussi je préfèrerais travailler le matin pour pouvoir m'occuper de mes enfants en fin d'aprés-midi.
Encore une fois, un article très complet sur un sujet complexe, bravo ! Sur le sujet de l'aménagement des horaires, je suis très partagée: Je trouve que la pression actuelle au travail est insupportable actuellement (le taux de productivité en France est le plus élevé d'Europe, ce n'est pas pour rien !). Favoriser l'aménagement du travail pour ceux qui le désirent me semble normal - à condition qu'ils aient toutes les données en main pour le choisir (Je vois beaucoup de femmes ayant travaillé à temps partiel et connaissant de grosses difficultés pour leur retraite). D'autre part, le temps partiel est souvent imposé, non choisi (en particulier pour les femmes). Enfin, le travail à domicile peut être bénéfique mais aussi source d'un stress supplémentaire et d'heures de travail non payées, attention. Bref, tout dépend des conditions, il faudrait vraiment une mise à plat de ces problèmes, avec la participation de tous les partenaires sociaux.
Je voudrais ajouter que le travail à temps partiel est parfois source de situations kafkaïennes: j'ai dû gérer une année une école où plusieurs collègues étaient à temps partiel, à des jours de la semaine différents. Entre les titulaires et les remplaçants, c'était une gageure d de savoir qui était là quel jour, de faire passer les infos indispensables à tout le monde et de fixer une réunion de concertation où tous pouvaient être présents (avec comme détail que l'administration considérait que je ne gérais pas plus de classes que d'habitude, bien que l'effectif du personnel ait doublé, et que mon indemnité de direction n'a pas varié d'un iota...).
si je le pouvais je souhaiterais travailler à mi-temps ce serait vraiment l'ideal pour mixer au mieux vie professionnelle et vie familiale
La bonne solution pour moi, travailler à la maison.
oui moi je l 'ai trouver je suis mère au foyer , je suis très bien organiser ce qui me laisse le temps de venir sur ce site
Comme une majorité de femmes, je suis du matin. Pas de problème pour moi, je peux commencer ma journée à 7 heures. Ces créneaux sont très confortables car on n'est pas dérangée par le téléphone et forcément on est plus productive.
aujourd'hui j'ai un contrat 20 heures qui me contente bien car je peux m'occuper de mes trois enfants (mon mari n'est pas souvent présent) mais ce n'est pas un choix, c'est ce que j'ai trouvé