Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 11 novembre 2010
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Ciam : elle conjugue la finance au féminin !
Faire le grand saut
A ce moment-là, Anne-Sophie d’Andlau travaille dans un hedge fund où elle gère des fonds d’arbitrage de fusions acquisitions. Mais bien que son métier la passionne, elle éprouve le besoin d’avancer dans sa carrière. Surtout elle est persuadée d’avoir acquis suffisamment d’expérience pour pouvoir se lancer avec ses associées dans la gestion d’un fonds d’investissement. A elles trois, elles cumulent plus de 60 ans d’expérience dans la gestion et dans la banque, et connaissent le métier comme personne : « à un moment donné on a envie de faire les mêmes choses mais à sa propre sauce », résume-t-elles. Et puis à trois, c’est plus facile. Chacune est à la tête d’un département bien précis : Catherine Berjal est Directeur de la gestion, Frédérique Barnier, Secrétaire général, et Anne-Sophie d’Andlau, Directeur du Développement.
Un secteur très réglementé
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Lancé en septembre 2010, l’objectif du fonds dit de « Merger Arbitrage » est d’investir dans des sociétés cotées qui font l’objet d’une offre de rachat, entre l’annonce officielle et la finalisation de l’opération. « On s’adresse à des investisseurs dits qualifiés, le montant minimum d’investissement étant de 250,000 euros : ce sont des family offices, des banques privées, des institutionnels, des gens fortunés. », ajoute Anne-Sophie d’Andlau.
Mais lance-t-on un fonds d’investissement comme on monte une entreprise classique ? Rien n’est moins sûr, ce type d’activité est extrêmement réglementé. Pendant 1 an et demi, les associées travaillent sur toute la documentation juridique avec des avocats, ainsi que sur la création de la société de gestion et du fonds, deux entités distinctes. En décembre 2009, CIAM est agréé par le gendarme des marchés financiers : l’AMF.
Un démarrage difficile
Dans un premier temps les trois femmes investissent leurs propres deniers pour capitaliser la société de gestion. Puis c’est le moment de trouver des investisseurs à leur côté, puisqu’elles même investissent aussi dans le fonds. Le contexte économique n’étant pas particulièrement propice, elles se battent pour rassembler les actifs nécessaires au lancement du fonds. « Ce qui peut vraiment bloquer dans ce genre de projet, c’est que l’appétit pour le risque soit à zéro », note Anne-Sophie d’Andlau. Pourtant et paradoxalement, le fonds géré par CIAM n’est pas risqué, comparé au marché des actions et des obligations.
Une société viable
Depuis le lancement du fonds, les annonces de fusions-acquisitions reprennent et de belles opportunités d’investissement se profilent pour la jeune société. « On se positionne directement de façon très technique vis-à-vis de nos investisseurs, c’est aussi ça notre valeur ajoutée » affirme Anne-Sophie d’Andlau, qui se charge elle-même de démarcher les investisseurs. Un fonds encadré par trois femmes, cela a surpris plus d’un dans le milieu encore très masculin de la finance. Mais ce n’est pas la seule particularité de CIAM : les trois associées entendent aussi redonner un sens au capital en reversant une partie des commissions perçues par la société de gestion à des associations spécialisées dans l’enfance. « On avait toutes les trois envie d’envisager notre métier différemment avec cette dimension solidaire », conclut la chef d’entreprise.
Ses 3 conseils :
« Choisir le bon moment pour se lancer »
« Etre bien conscient que l’investissement en temps est considérable lorsqu’on créé son entreprise »
« Bien s’entourer : une équipe complémentaire où chaque personne peut apporter sa propre expertise »
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De plus en plus de femme nous montre que l'on peutr sauter le pas , mais il faut avoir un certain caractère et du courage .