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Par   -  Publié le 8 juillet 2011
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Reprendre l'entreprise de ses parents, une bonne option ?

La transmission d’entreprise familiale est un véritable enjeu de société à l’heure actuelle. D’ici 2013, 450 000 entreprises vont changer de mains pour cause de départ à la retraite de leurs dirigeants. Et parmi elles, 60 % sont des entreprises familiales… Avec courage et détermination, Adeline de Barry et Hugues Sonnet ont relevé le défi. Témoignages.

« J'ai un attachement infini au Château de Saint-Martin », Adeline de Barry

« J'ai un attachement infini au Château de Saint-Martin », Adeline de Barry

Adeline de Barry a repris avec succès le domaine « Château de Saint-Martin », un CRU CLASSE dans la même famille depuis 1740, toujours transmis par les femmes à une exception près, son grand-père.

« Au décès brutal de mon père en 1976, ma mère a dû reprendre la gestion du domaine tout en élevant ses trois filles. Cette période n’a pas été simple pour elle. Malgré ses efforts, l’affaire n’a pas fonctionné correctement. Un jour, on nous a clairement dit que l’entreprise allait très mal et que si elle n’était pas redressée dans les six mois, nous mettions la clé sous la porte. Ça a été le déclic. J’ai fermé ma société d’attaché de presse qui était plutôt florissante et j’ai rejoint Saint-Martin pour m’occuper de la partie commerciale. »

Une histoire de famille
« J’ai une relation très forte avec Saint-Martin. Quand je n’y suis pas pendant longtemps, j’ai besoin d’y retourner car je me sens en manque.  Je n’ai pas hésité quand il a été question d’aider ma mère. Je me sentais une responsabilité vis-à-vis du domaine qui est dans ma famille depuis plusieurs siècles. On est en quelque sorte le maillon d’une chaîne et on ne veut surtout pas la briser. Il y a une pression inconsciente qui pèse et on se doit d’être à la hauteur.
Les premières années, je n’ai repris que la partie commerciale. Ma mère a continué de s’occuper de la production agricole. Evidemment nous avons eu quelques conflits. Nous n’avions pas forcément les mêmes méthodes de travail, ma mère se sentait un peu dépossédée. Les relations familiales sont compliquées dans ce genre de contexte. Avec mes deux sœurs qui ne s’occupent pas du domaine, mais veulent tout de même avoir un droit de regard, les relations sont encore parfois tendues. En plus, l’enjeu était de taille. L’entreprise était au bord de la faillite. Nous avons dû mettre les bouchées doubles pour redresser l’affaire. Heureusement, pendant toutes ces années, j’ai pu compter sur le soutien de l’homme de ma vie. »

Ses conseils
« Aujourd’hui je suis heureuse que mon travail soit reconnu. Mais d’autres personnes méritent tout autant que moi ces récompenses. Mes trois conseils à des futurs chefs d’entreprise : agir avec passion, ne pas se décourager et se remettre en question régulièrement, et enfin garder sa personnalité.
J’espère qu’un ou plusieurs de mes enfants reprendront Saint-Martin. Mais je ne veux pas les influencer, c’est important qu’ils puissent choisir leur vie. Ce qui est sûr, c’est que j’essayerai d’organiser ma succession dès que possible. Je veux que les choses soient claires avant, c’est le plus grand service que je puisse rendre à mes enfants. »

Le site du Château de Saint-Martin

Adeline de Barry a repris avec succès le domaine « Château de Saint-Martin », un CRU CLASSE dans la même famille depuis 1740, toujours transmis par les femmes à une exception près, son grand-père.
« Au décès brutal de mon père en 1976, ma mère a dû reprendre la gestion du domaine tout en élevant ses trois filles. Cette période n’a pas été simple pour elle. Malgré ses efforts, l’affaire n’a pas fonctionné correctement. Un jour, on nous a clairement dit que l’entreprise allait très mal et que si elle n’était pas redressée dans les six mois, nous mettions la clé sous la porte. Ça a été le déclic. J’ai fermé ma société d’attaché de presse qui était plutôt florissante et j’ai rejoint Saint-Martin pour m’occuper de la partie commerciale. »
Une histoire de famille
« J’ai une relation très forte avec Saint-Martin. Quand je n’y suis pas pendant longtemps, j’ai besoin d’y retourner car je me sens en manque.  Je n’ai pas hésité quand il a été question d’aider ma mère. Je me sentais une responsabilité vis-à-vis du domaine qui est dans ma famille depuis plusieurs siècles. On est en quelque sorte le maillon d’une chaîne et on ne veut surtout pas la briser. Il y a une pression inconsciente qui pèse et on se doit d’être à la hauteur. »
« Les premières années, je n’ai repris que la partie commerciale. Ma mère a continué de s’occuper de la production agricole. Evidemment nous avons eu quelques conflits. Nous n’avions pas forcément les mêmes méthodes de travail, ma mère se sentait un peu dépossédée. Les relations familiales sont compliquées dans ce genre de contexte. Avec mes deux sœurs qui ne s’occupent pas du domaine, mais veulent tout de même avoir un droit de regard, les relations sont encore parfois tendues. En plus, l’enjeu était de taille. L’entreprise était au bord de la faillite http://www.terrafemina.com/emploi-a-carrieres/carriere/outils/97-re-creer.html. Nous avons dû mettre les bouchées doubles pour redresser l’affaire. Heureusement, pendant toutes ces années, j’ai pu compter sur le soutien de l’homme de ma vie. »

Ses conseils
« Aujourd’hui je suis heureuse que mon travail soit reconnu. Mais d’autres personnes méritent tout autant que moi ces récompenses. Mes trois conseils à des futurs chefs d’entreprise http://www.terrafemina.com/emploi-a-carrieres/guides-metiers/outils/140-sylvie-perineau-52-ans-chef-dentreprise.html : agir avec passion, ne pas se décourager et se remettre en question régulièrement, et enfin garder sa personnalité.
J’espère qu’un ou plusieurs de mes enfants reprendront Saint-Martin. Mais je ne veux pas les influencer, c’est important qu’ils puissent choisir leur vie. Ce qui est sûr, c’est que j’essayerai d’organiser ma succession dès que possible. Je veux que les choses soient claires avant, c’est le plus grand service que je puisse rendre à mes enfants. »

« Nous sommes désormais une entreprise 100% familiale », Hugues Sonnet

« Nous sommes désormais une entreprise 100% familiale », Hugues Sonnet

Depuis 35 ans, la maison Sonnet conçoit des présentoirs pour les vitrines. Hugues et son frère jumeau Franck ont repris l’entreprise familiale  il y a 15 ans et poursuivi activement son développement en France et à l’étranger.

« A la base, je viens du monde de la publicité. Mais j’ai toujours évolué dans l’entreprise de mes parents qui est spécialisée dans la conception de présentoirs pour les vitrines des bijouteries. J’ai repris l’affaire il y a dix ans avec mon frère et ma sœur. Au fond je crois avoir toujours été persuadé que je succéderai à mon père. Nos parents se sont énormément investis dans leur entreprise. Chez nous il n’y avait pas de frontière, nous avons grandi entre les présentoirs et les matières, les odeurs et les moulages, il y avait quelque chose qui nous fascinait petits. Mon père fait figure de précurseur dans ce milieu. Nous avons été les premiers à utiliser l’aimantation des présentoirs dans les vitrines, à créer une gamme complète de présentoirs en plastique injecté. Au fil du temps, la production de mon père est devenue industrielle, il fallait augmenter la diffusion. L’entreprise avait besoin de renforts. »

Apprendre le métier
« Je suis le premier à l’avoir rejoint. Je suis d’abord devenu salarié de l’entreprise avec mon frère jumeau. Nous avons développé la société à l’international et décroché des contrats très intéressants. Mon père m’a appris le métier. Il m’a montré comment on concevait des formes et comment aller les vendre aux clients. Lorsqu’il a pris sa retraite en 2005, nous sommes devenus co-gérants avec mon frère. Je pense que lorsqu’il y a une transmission d’entreprise, il faut mieux que cela se fasse progressivement. Nous avons pu apprendre le métier petit à petit. »

La famille, un pilier
« Nous pouvons tout nous dire sans craindre de nous froisser. En cas de conflits, nous passons vite à autre chose. Nous n’avons pas le choix, aujourd’hui ma sœur et mon beau-frère travaillent avec nous. C’est une entreprise 100% familiale : il n’y a pas de place pour les non-dits. Etre plusieurs est une force. Pour autant cela reste difficile d’hériter quelque chose de ses parents. Il y a une pression supplémentaire, nous n’avons pas le droit à l’erreur. Mon père est quelqu’un qui ne fait pas beaucoup de compliments. Pour lui, c’est naturel de bien travailler. »

Le site d’Alain Sonnet

>>> Lire aussi : La reprise d’entreprise familiale : 3 questions à Eric Cempura, juriste

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3 commentaires

angelabeille - 08/07/11 15:17
Cela pourrait etre une bonne option effectivement, si la société est assez saine.
dakota76 - 08/07/11 15:40
J'admire ces personnes qui quittent leur travail pour venir redresser l'entreprise familiale, c'est très courageux de leur part et très risqué.
country33 - 03/08/11 18:56
Malheureusement ils n'y réussisse,t pas toujours etr c'est un drame pour tout le monde.

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   - Il y a 34 s
   Ernestine  a commenté « Pappbrille : les lunettes en carton de Cantemir Gheorghiu » - Il y a 1 min

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