Par
Candice Satara-Bartko
- Publié le 6 mai 2010
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De la littérature au cinéma : le pari des Editions du Moteur
Un livre, une histoire courte...
Salim Bachi, Yasmina Khadra, David Foenkinos…, Emilie Frèche a offert à ces auteurs reconnus la possibilité d’écrire des histoires courtes, afin qu’elles soient adaptées au cinéma. Une idée originale qui n’est étrangère à son métier d’écrivain et de scénariste : « j’avais envie de créer un lien entre la littérature et le cinéma, d’offrir une véritable « banque d’histoires » au producteurs, metteurs en scène et scénaristes, pour leur donner envie de les adapter à l’écran », raconte–t-elle.
Chaque histoire fait l’objet d’un livre unique d’une cinquantaine de pages environs et d’au maximum dix euros « L’identité visuelle est très importante ajoute la jeune femme. Nous voulions rapprocher l’univers du cinéma et celui de la littérature jusque dans la maquette du livre ». Et le résultat est saisissant, on est bien loin de la nouvelle classique. Les photos Harcourt des auteurs se mêlent avec harmonie aux différentes couleurs, chacune associée à un genre cinématographique.
Les éditions du Moteur : la création
Avant de pouvoir admirer ses beaux livres sur les étals des librairies, Emilie Frèche a du monter son projet de toutes pièces. « J’ai racheté une petite boite de production car mon objectif était à la fois, d’éditer des livres et de coproduire les œuvres cinématographiques », explique-t-elle.
Sa priorité est d’abord de trouver les auteurs, ainsi qu’un distributeur, un enjeu économique essentiel pour une maison d’édition. C’est le diffuseur Interforum qui accepte de suivre ce projet audacieux. Du coté des auteurs, l’ambition des « Editions du Moteur », est de proposer dans leur catalogue, des écrivains reconnus par le public et la critique. « L’écriture de ces histoires, destinées à être adaptées au cinéma, est un exercice très difficile, précise Emile Frèche, il nous fallait de vraies plumes ». David Foenkinos est le premier à rejoindre cette aventure « heureuse et spontanée », d’autres suivront.
Pour financer sa maison d’édition, la jeune éditrice décide, après avoir essuyé plusieurs refus de banques, de s’adresser à des investisseurs privés. La raison ? Les dispositions de la Loi TEPA de 2007 permettent à un particulier d’investir dans des PME, en bénéficiant d’une réduction de son ISF de 75%. Avec cet argument de poids, Emilie Frèche ne tarde pas à trouver la perle rare.
Un lancement réussi
C’est parti ! En janvier 2010, elle lance deux premières histoires courtes : « Bernard » de David Foenkinos et « la Photographe » de Christophe Ferré. Dix en tout seront publiées au cours de cette année, avec des auteurs aux univers littéraires très éclectiques. « C’est fantastique de partir d’une idée artisanale lancée au détour d’un café, et d’arriver à quelque chose de très professionnel », s’exclame –t-elle. Avec ce projet, celle qui n’avait aucune expérience du monde de l’entreprise, s’est découverte une vocation : « j’ai adoré le système de l’entreprise, créateur de valeur et très enrichissant humainement. C’est un vrai boulot, il faut sans cesse se renouveler, rebondir, garder l’énergie du début ».
Pour l’instant l’accueil est très bon, les journalistes sont emballés et les libraires jouent le jeu. « On espère que ça va se concrétiser en terme de ventes ». En attendant, il est déjà question de porter à l’écran une des histoires courtes des « Editions du Moteur ». Et à la sortie du film, Emilie Frèche espère rééditer le livre, assorti d’un carnet de tournage. La boucle est bouclée.
EN SAVOIR PLUS :
Le site Les Editions du Moteur
Sur Emilie Frèche : retrouvez le dernier coup de coeur de notre chroniqueuse livre Muriel Beyer
Retrouvez notre dossier spécial : salon du livre 2010
Retrouvez tous les lundis nos portraits de créateurs dans le Parisien Economie
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c est vraiment dommage que je n ai pas le temps de lire je passe à cotés de pleins de choses