Coworking : les travailleurs nomades sont chouchoutés

Coworking : les travailleurs nomades sont chouchoutés
Coworking : les travailleurs nomades sont chouchoutés
Le succès est toujours au rendez-vous pour le statut d'indépendant : on compte 360 000 nouvelles auto-entreprises créées en 2010. Pour ces travailleurs sans bureau fixe, l’offre de coworking s’étend et propose de plus en plus de services additionnels. Evénementiel, mises en réseau ou encore géolocalisation : le coworking est définitivement plus qu'un mode de travail.


Au-delà du service bureau, une nouvelle façon de travailler
Pour François-Emmanuel Lamellière, co-fondateur des ateliers Lawomatic, « le coworking ouvre le pas vers une nouvelle façon de travailler ». Cette pratique séduit de plus en plus de freelances, d’indépendants ou de jeunes entreprises.  « Il y a un point fondamental qui distingue la notion de coworking des bureaux partagés, insiste Nathanaël Sorin-Richez, responsable de la Cantine, espace de coworking. C’est la mutualisation et la communauté de travail ». Ainsi selon lui, on ne parle pas uniquement de locaux mais bien d’une « communauté qui s’incarne dans un espace ». La notion de coworking recouvre ainsi celle d’un réseau de travailleurs encourageant l’échange et l’ouverture. « Les coworkers partagent des discussions, des services, des conseils », observe François-Emmanuel Lamellière.

Développer les synergies
A la Ruche, espace de  coworking parisien, les événements se multiplient pour développer les synergies entrepreneuriales. Ainsi toutes les trois semaines la « Toolbox » réunit une dizaine d’entrepreneurs autour d’un sujet pratique comme les réseaux sociaux ou la communication. Lors des événements « Hold-up », une entreprise organise une fois par mois un brainstorming sur une problématique précise, l’occasion d’une réflexion commune qui réunit à chaque fois entre 10 et 20 personnes de la communauté. « De nombreux services additionnels voient le jour », explique quant à lui Antoine Van Den Broek, cofondateur de la Mutinerie, espace qui rouvrira ses portes début 2012. « Outre les nombreux événements de formation organisés par les espaces de coworking, on compte des événements ludiques ou commerciaux, pour le lancement d’un produit par exemple ». De même à la Cantine le volet événementiel prend une place de plus en plus importante.

Géolocaliser son espace de travail
Parmi les services associés qui ont vu le jour, on trouve la géolocalisation. Ainsi le site neo-nomade.com répertorie l’ensemble des « tiers lieux » et des espaces de coworking. Ses fondateurs proposent aux internautes à la recherche d’un lieu de travail alternatif une liste géolocalisée des espaces de travail flexibles. « Cela va du café wifi au centre d’affaires et aux espaces de coworking », précise Baptiste Broughton, cofondateur. « Le site propose également une application qui permet à tout travailleur indépendant de localiser l’espace de travail le plus proche de chez lui ». Autre site qui suit la même démarche : coworkinginitiatives.com.

Travail et famille : la microcrèche s’associe au coworking
A Marseille, Alessandra Morandi est en train de développer un coworking-crèche, avec le soutien de l’association AVEC (Association pour la Valorisation des Espaces Collaboratifs). L’idée ? Associer une micro-crèche, un mode d’accueil collaboratif destiné aux enfants âgés de 0 à 3 ans, à un espace de travail flexible. Le projet, soutenu par des financements publics, devrait voir le jour en 2012. « Associer une microcrèche créé un tout, estime Antoine Broughton. Cela limite encore le besoin de mobilité des travailleurs indépendants».

Paroles de coworkers
« Nous travaillions de chez nous avant de rejoindre les ateliers Lawomatic », explique Laurence de Tricaud, cofondatrice de la jeune marque de vêtements pour femme Mademoiselle Sarong. « Cela nous a permis de bénéficier d'un bureau où tout est fourni sans nous occuper des aspects logistiques ». L'entrepreneuse se réjouit par ailleurs d'avoir un lieu de travail lui permettant de présenter ses collections à ses clients et de recevoir ses fournisseurs.
Chez Feuilleton, nouvelle revue, Adrien Bosc explique que ce qui l’a séduit est la simplicité du système. « En montant notre société nous avions besoin d’aller vite et le coworking nous a évité de perdre du temps. C’est un espace idéal pour monter une boîte », souligne le jeune entrepreneur qui a pris ses quartiers aux ateliers Lawomatic. Pour moi les avantages majeurs sont la mutualisation de l’ensemble des coûts et le fait de pouvoir partager les expériences et compétences ».
A la Ruche, Caroline Renoux, directrice associée de Birdeo, met également en avant le côté pratique du coworking. « Nous ne nous engageons pas avec un bail, indique-t-elle, ce qui nous offre plus de flexibilité ». A-t-elle l’impression de vivre une expérience de travail différente ? « C’est un bien grand mot », tempère-t-elle. « Le coworking nous apporte beaucoup en termes de business et d’apprentissage, mais cela n’a pas non plus révolutionné notre façon de travailler». Reste qu’elle reconnaît que ce mode de travail porte des « valeurs fortes en matière d’entrepreneuriat et de valeurs sociales ».

Crédit photo : Digital Vision

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